Petitpapa m'a mis de côté les articles du Monde - "série d'été" - qui traitent de "masculin / féminin", en six p'tits 'pisodes.
(Je les avais vus, de loin, juste parce qu'en effectuant ma tâche préférée au boulot : récupérer les quoditiens qui viennent d'arriver et les décorer avant de les mettre en rayon, j'avais fait
remarquer aux collègues que même au Monde, y pouvaient pas s'en empêcher, de mettre du cul (certes détourné) quand c'est l'été et que le soleil brille sur les fesses.)
Alors je prends le premier. "Il était une fois deux sexes."
Je rigole (hihi) parce que je pense à la discussion qu'on a eue avec Rayé l'autre soir : déconstruire le genre certes, mais en contre-coup on pétrifie le sexe, comme le dur, solide, inamovible,
naturel donné, inné qu'on peut pas toucher - et
Judith Butler qui dit : hé ! faut déconstruire le sexe aussi !
(Et Rayé m'avait dit : mais ouais mais toi quand tu expliques c'est vachement plus clair que l'autre, là, Eric Fassin... quand y parle on n'y comprend rien... Moi j'ai rigolé de fierté gênée -
éhé ; et j'me suis dit : et puis si ça se trouve j'explique en racontant n'importe quoi, je suis complètement à côté de ma plaque....)
Bon donc il était deux sexes, paraît.
Je lis le machin, et je constate deux tâches de graisse.
Une au début, et une à la fin.
"Cela aurait pu être plus simple. Ou plus compliqué. Nous aurions pu n'en avoir qu'un seul, qui se serait suffi à lui-même. Ou trois, ou quatre. Ou un nombre variant selon les saisons. En
mammifères que nous sommes, ce fut deux. Deux sexes. Féminin, masculin. L'un portant les enfants dans son ventre, l'autre lui donnant la semence sans laquelle rien ne pourrait germer."
Et voilà, comme au bon vieux temps, comme avant qu'on ne fasse cette folle découverte : l'existence de l'ovule !
Le monsieur met la graine, et la dame porte dans son ventre...
Comme toutes les représentations communes, comme dans tellement de BDS, films, albums pour enfants...
Le "bébé en germe", la "personne en puissance", c'est le spermatozoïde, qui va s'installer dans le ventre porteur, la terre nourricière...
Mmmmmmh, les représentations pré-scientifiques ont la corne dure - surtout quand elles s'arque-boutent sur des structures de pensée sexistes.
Et la fin de l'article est grandiose (de bêtise) :
" [blablabla] l'universalité de la domination masculine. Une universalité que seule l'invention de la contraception a permis de rompre, en rendant aux femmes la liberté de leur fécondité. Ouvrant
par là même, à l'un et à l'autre sexe, les chemins égalitaires de la séduction."
Je trouve ça hyper drôle ce truc de "l'invention de la contraception" comme remède miraculeux qui a permis, enfin ! et hop ! de briser cette foutue domination masculine universelle ! m'enfin !
hihihi
(comprendre : la domination masculine n'existe donc plus du tout, partout où la contraception a été découverte, et j'imagine bien évidemment d'abord en France (voir à ce sujet si l'on avait
encore le moindre doute
ici)) ; et puis bien sûr, c'est juste l'invention de la contraception hein (par des
scientifiques hommes en plus bien sûr) qui a fait tout le boulot hein ! exit le combat féministe de deux siècles ! (enfin deux siècles... des millénaires sans doute))
Puis bon, fallait finir sur une touche positive, et rassurer tous les lecteurs : si ya la séduction, alors là, ça va, on est sauvé...
Vive la connerie en boîte.
La semaine prochaine, la connerie en sachets.