blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

une tasse de thé ?

Bienvenue sur mon blog !




 
Mardi 22 septembre 2009
Je suis allée déjeuner en tête à tête avec l'un de mes collègues : Couettouille.
(Je l'appelle Couettouille pour trois raisons : 1. il a pour habitude d'attacher ses cheveux, longs et grisonnants, en une petite queue qu'il remonte le long de la nuque, parfois en un palmier au sommet de son crâne ; 2. Rayé l'appelerait sans doute comme ça, s'il le rencontrait (ou du moins ne manquerait pas d'attirer mon attention sur ce qu'il appelerait "sa petite couettouille") ; 3. il m'agace souvent par sa tendance à se croire au-dessus du lot, un tel surnom le remet en quelque sorte virtuellement à sa place de comme-les-autres.)

A l'heure du départ quotidien pour la cantine, je le trouve tout préparé dans le couloir - petit tour d'horizon sur le pallier : pas l'ombre d'un-e autre travailleur/euse affamé-e pour nous accompagner dans notre quête de la soupe... Je me dis - bon, Couettouille est bavard, je n'aurais pas (trop) à me soucier des blancs à combler (éternelle angoisse oxienne), allons-y.

(En d'autres circonstances, j'aurais renoncé à mon repas à la cantine : cela m'est souvent arrivé ; je me rends compte que je vais au devant d'un déjeuner en forme de corps-à-corps avec le silence, trous de conversations à combler aussi nombreux que les carottes bouillies dans mon assiette, je pipote : non non moi j'allais pas du tout à la cantine, en fait je vais juste acheter un sandwich là vite fait... et v'là le thon-mayonnaise comme prix de ma tranquillité.)

Nous voilà donc partis pour l'aller + le retour bib/cantine (15 minutes de marche solitaire à deux au bas mot), + tout le repas rien que lui, moi, et nos assiettes entre les deux (ça n'a l'air de rien, comme ça, mais pour une Ox névrosée de la relation humaine, c'est un plat - tout un plat, j'veux dire).

Et voilà que comme un hasard, au détour de mes phrases et de nos échanges, je mets la conversation sur un sujet palpitationnant : Couettouille fait de la méditation. Et il me raconte, donc, pendant tout le temps de son plat (long).

C'était rigolo, c'était tout un monde à découvrir, je trouvais ça passionnant ; j'étais un peu dans la situation de quelqu'un qui fait un entretien : faire parler, relancer, hop des p'tites questions de temps à autrespour orienter et faire repartir le machin... Faut dire qu'il ne se faisait pas prier pour parler, ça lui plaisait ; et puis je dois lui donner suffisamment l'image de quelqu'un de docile pour qu'il aime "m'expliquer", je crois...

Faut que je vous raconte un petit peu quel genre de personne est couettouille.
Le genre à la fois très chiant et intéressant, tout de même ; intéressant à double face : une face intéressant comme "objet à étudier" (mais ça, ça ne doit pas lui faire plaisir, parce que ça ne fait plaisir à personne d'être objectivé), et une face intéressant comme "sujet, qui raconte" ; malheureusement, son côté intéressant comme sujet est un peu escamoté, à mon sens, par sa tendance (déjà mentionnée) à se mettre en scène lui-même, se penser différent, voire supérieur.
Il en devient chiant, au sens le plus banal du terme : il sait. Il surplombe. (Le premier surnom que je lui ai donné, d'ailleurs, pour parler de lui à Rayé, c'était "monsieur je-sais-tout", "je t'explique le monde".)
Dommage, parce qu'il a plein de choses à raconter, je pense, qui valent la peine.

Revenons à notre Bodhisattva.

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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Dimanche 20 septembre 2009
Jeudi dernier assemblée générale de gens sur le temps de travail à visée syndicale-militante en vue d'adoucir les conditions du monde.
Moi, tant soit peu vautrée dans mon fauteuil toile de tente, je m'assourdis ma tête.
C'est que les gens se coupent la parole, se parlent dessus, haussent le ton - "les gens" : une poignée de messieursmesdames pendant que l'assemblée des autres assiste au cirque en levant les sourcils.

J'ai lu dans le métro cette phrase : "J'ai connu Monique Wittig au travers de groupes militants et son profond respect pour chaque individu, son profond mépris pour toute forme de pouvoir ont marqué à jamais ma conception du militantisme."
(Une phrase de Louise Turcotte, dans un petit texte intitulé "La révolution d'un point de vue", au début du recueil d'articles "La pensée straight" de Wittig.)
C'est peut-être pas vrai, mais ça fait rêver.

C'est fou comme le pouvoir de personnes sur les autres, ce jeu de prise de parole, tranchage, coupage, micro-humiliations, envahissement du champ, est partout.

(Bien sûr, il existe des techniques pour endiguer le pouvoir. L'inscription des tours de parole. Le minutage des prises de parole. La non-mixité, aussi, parfois.)
Par Ox - Publié dans : Politik en armes
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Lundi 31 août 2009
J'ai fini de lire Fruits Basket.
.......................
Je savais que ça devait arriver...
J'avais bien essayé de m'y préparer...
Psychologiquement parlant.
....................

Et pourtant...

Ces petits machins sautillants de bonshommes et bonnes femmes me manquent.
J'me sens toute creuse à l'intérieur.


(Un peu comme quelqu'un à qui on aurait enlevé sa thèse ?... okay j'arrête (la nana qui faisait des private joke à personne)).

Il semble de Natsuki avait prévu le syndrôme de manque post-immersion dans FB : après le 23e et dernier tome, pour éponger la sueur de sa compulsion, on peut agripper (compulsivement) le "fan book". Drôle de machin que ce petit bouquin.
Des diagrammes, des frises chronologiques, des pages et des pages de détails sur les personnages, bulles et citations à l'appui ; une interview (très chouette) de l'auteure, les résultats de sondages trop marrants auprès du lectorat japonais (répliques préférées, looks préférés, scènes romantiques préférées, meilleures scènes comiques, scènes touchantes préférées, couples préférés et enfin vote de popularité pour classer tous les personnages - ça m'amuse énormément) ; des tests de personnalités : "évaluez la part de Shiguré qui est en vous" etc.

J'aime beaucoup l'interview de Natsuki Takaya. Les questions sont pour une (grande) part posées par des lectrices et lecteurs ; ils interrogent Natsuki sur la vie des personnages comme si c'étaient de vraies personnes, avec un vrai passé, une vérité historique en quelque sorte - et les questions qu'ils posent sur l'auteure elle-même et sa vie sont à la fois concrètes et fantaisistes.
J'adore la façon dont Natsuki parle de son oeuvre, et de ses bonhommes.

"* Q 1 : Mis à part les douze maudits, les prénoms des autres personnages ont-ils une signification particulière ?
Non, ce que j'ai fait avec les prénoms des douze était exceptionnel. D'habitude, je choisis les prénoms de mes personnages au feeling, une fois leur caractère et leur physique définis. Parfois, pour contrebalancer le caractère très féminin de certains de mes personnages filles, je leur donne exprès un prénom masculin, comme c'est le cas pour Tohru. Il m'arrive aussi de revenir sur mon choix initial, c'est ce qui s'est passé avec Kakéru. Il ne s'appelait pas Manabe au départ puis, un soir, alors que je venais d'écrire un premier script dans la journée, je l'ai entendu crier dans ma tête : "la vraie casserole s'envole ! "  ;p - et voilà comment s'est décidé le nom de famille de Kakéru."

Petite note : "Le nom Manabe est composé de deux idéogrammes, "ma" qui signifie "véritable" et "nabe" qui veut dire "casserole, poêle".

Par Ox - Publié dans : Oxyculture
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Dimanche 30 août 2009
Ce matin dans la rue j'ai vu une petite souris. Brune. Trop mignonne. Ramassée en boule sur le trottoir, lorgnant un trou dans le mur, avec ses petites pattes avant relevées sous les moustaches, comme un écureuil.

J'attrape un deuxième article du Monde et je le glisse sous mes moustaches.
"Homo eroticus. Pourquoi un homme plaît à une femme et inversement ?"
Là, je ne sais trop quoi écrire. Mes moustaches se frisent, je ne suis d'accord avec rien ou presque de tout ce qui est écrit ici. Une grande fatigue m'envahit - mais c'est peut-être parce que je me suis couchée trop tard...
(Mes moustaches tombent.)

D'abord, ce truc de "que regardez-vous en premier chez un homme / une femme qui vous plaît" : dans ce grand retour au (retour ? en tout cas cette vogue du) naturel / biologique / "expliquons tout par l'animal", + "mettons les pieds dans le plat ahaha vous voulez pas l'admettre, hein ?", forcément, leur réponse obligatoire, c'est "les fesses", "les seins", et même "le sexe" (alors là regarder le sexe d'un mec (à travers son pantalon voulez dire ?... lorgner et évaluer la taille de la p'tite bosse ?) désolée mais ça m'est franchement jamais arrivé ni même passé par la tête).....
Bon.
Evidemment quand un homme me plaît (en général d'ailleurs ce n'est pas du premier abord, d'abord je le vois comme personne, puis pote, et un déclic se fait où je l'envisage aussi comme "corps", comme sexualisé on va dire) je regarde aussi ses fesses ; mais regarder d'abord son cul comme centre de l'attention là, là... ça me laisse pantoise.

(Cet article me fait l'effet de deux ados mâles de 14 ans en train de se vanner à coups de grands coups de coudes dans les côtes et rires gras.)

Et puis cet éternel parallèle, bizarre : au sexe de l'homme correspondent les seins de la femme. Toujours.
Elle a pas un sexe aussi la femme ?

Que dire de ce paragraphe - rien, rien ne me vient, j'ai juste envie de me pencher pour ramasser mes bras (mais pas trop bas parce que je suis fatiguée aujourd'hui...) :
"Gros seins, grand pénis : et si tout, ou presque, venait de là ? Car l'évolution, en accentuant d'une part la différence morphologique entre les deux genres, en dissociant d'autre part la fonction reproductrice et l'activité sexuelle, a fait bien plus que dresser notre espèce sur ses deux pattes arrière. Comme l'explique Pascal Picq, anthropologue au Collège de France, elle a ouvert la voie au sentiment amoureux. Et même à la culture."

Evidemment je n'ai pas lu ce Pascal Picq et je ne saurais jurer de rien - vu la manie névrotique des journalistes de passer à la petite moulinette électrique les pensées des gens, pour en faire de la bouillie non comestible.
Certainement, le Pascal dit des choses bien plus intelligentes, et plus subtiles ( ? ).
Je cherche son joli patronyme sur la toile d'araignée.

Le Pascal est, plus précisément, "paléoanthropologue". Par sa formation et son cursus universitaire il s'incrit plus dans les sciences dures que dans les sciences humaines et sociales (maîtrise de physique théorique, membre de la société de biomécanique, certificat de... oups ! "anthropologie physique"... ? mais c'est pas joli ça... ?)

Faut dire, dans cet article du monde, les arguments sont tellement pas des arguments, et le " " "raisonnement " " " tellement... pas un raisonnement.

EH, LES GENS,
il faut culturiser le zizi sexuel et non pas le naturaliser !
il ne faut pas faire du sexe le paradigme du naturel et de l'animal pour ensuite en faire découler tout le reste, et s'exclamer tout content : "tout vient de là ! tout est parti de la bite ! nous sommes des chimpanzés pleins d'hormones !"
(et d'abord les chimpanzés non plus ne sont pas du naturel brut... cf le gars Dominique Lestel par exemple, qui nage à contre-courant du torrent à bulles habituel : au lieu de nous comparer (humains) aux animaux pour s'écrier : "ah ! nous sommes des biologiques de la nature !" il éclaire les zones informées par la culture dans la vie des animaux - non le fossé entre l'humain et l'animal n'est pas si profond, mais pas dans le sens avec lequel on veut toujours nous assommer).
La sexualité n'est pas du donné naturel - tout le contraire -

Il est idiot de vouloir expliquer l'humain et le monde par la sexualité quand l'humain et le monde - enfin, la culture, quoi - informe la sexualité des gens - des différents gens ;

Cette "théorie" réduit toute sexualité à la sexualité hétérosexuelle (zappant l'homo mais aussi l'égosexuelle - je milite pour la reconnaissance de la solisexualité comme pays à part entière du continent.... ;p)
et cette manie de "tout" vouloir expliquer par la sexualité, elle devient quoi s'il n'y a pas de sexualité dans la vie des gens, en tout cas pas comme pensée là ? bé oui yen a plein des gens, yen a toujours eu dans l'histoire, qui n'ont pas de vie sexuelle pensée traditionnellement comme copulation régulière....

(Ca me fait penser à tout ce blabla sur l'irrrrrrrrrrrrrrrrrrrrréductible différence essentielle qui reste toujours entre les hommes et les femmes - quand on a argué et convaincu sur les qualités / caractères différenciés, il reste toujours /souvent cette petite noisette qui résiste : ah mais non mais faut pas allez trop loin tout de même, yaura toujours un vécu différent. Ca pourra jamais être pareil. Yaura toujours des choses que les femmes pourront vivre et pas les hommes et inversement. Et de viser : la grossesse (et tout son attirail d'enfantement), et  (parfois aussi) (le vécu dans) la copulation.
Comme si une nana qui n'avait pas d'enfant et pas de relation sexuelle n'était pas une femme, ne vivait pas comme femme !

Et qu'a-t-on gagné quand on a dit : "notre humanité vient du fonctionnement de nos organes sexuels" ? Qu'a-t-on expliqué au juste ? Ca peut juste paraître astucieux, malin, peut-être brillant  (???) - choquant ? audacieux ? - ça peut plaire ; mais n'est-ce pas seulement un effroyable réductionnisme ?
Tout juste bon à servir de blague astrapi.

Et Rayé de me dire : "t'énerve donc pô comme ça.... de toute façon, les explications du social qui puisent dans le biologique, c'est un puits sans fond de conneries, pensées dites et écrites..."

Et de reconnaître que c'est bien dommage, tout de même, que lorsqu'une journaliste d'un  GR - Grand Journal - veut écrire un article sur le sexe, elle ait ce réflexe de se tourner d'abord vers la théorie biologisante naturaliste....

Par Ox - Publié dans : Travail à penser.
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Mardi 25 août 2009
Petitpapa m'a mis de côté les articles du Monde - "série d'été" - qui traitent de "masculin / féminin", en six p'tits 'pisodes.
(Je les avais vus, de loin, juste parce qu'en effectuant ma tâche préférée au boulot : récupérer les quoditiens qui viennent d'arriver et les décorer avant de les mettre en rayon, j'avais fait remarquer aux collègues que même au Monde, y pouvaient pas s'en empêcher, de mettre du cul (certes détourné) quand c'est l'été et que le soleil brille sur les fesses.)

Alors je prends le premier. "Il était une fois deux sexes."
Je rigole (hihi) parce que je pense à la discussion qu'on a eue avec Rayé l'autre soir : déconstruire le genre certes, mais en contre-coup on pétrifie le sexe, comme le dur, solide, inamovible, naturel donné, inné qu'on peut pas toucher - et Judith Butler qui dit : hé ! faut déconstruire le sexe aussi !
(Et Rayé m'avait dit : mais ouais mais toi quand tu expliques c'est vachement plus clair que l'autre, là, Eric Fassin... quand y parle on n'y comprend rien... Moi j'ai rigolé de fierté gênée - éhé ; et j'me suis dit : et puis si ça se trouve j'explique en racontant n'importe quoi, je suis complètement à côté de ma plaque....)
Bon donc il était deux sexes, paraît.

Je lis le machin, et je constate deux tâches de graisse.
Une au début, et une à la fin.

"Cela aurait pu être plus simple. Ou plus compliqué. Nous aurions pu n'en avoir qu'un seul, qui se serait suffi à lui-même. Ou trois, ou quatre. Ou un nombre variant selon les saisons. En mammifères que nous sommes, ce fut deux. Deux sexes. Féminin, masculin. L'un portant les enfants dans son ventre, l'autre lui donnant la semence sans laquelle rien ne pourrait germer."

Et voilà, comme au bon vieux temps, comme avant qu'on ne fasse cette folle découverte : l'existence de l'ovule !
Le monsieur met la graine, et la dame porte dans son ventre...
Comme toutes les représentations communes, comme dans tellement de BDS, films, albums pour enfants...
Le "bébé en germe", la "personne en puissance", c'est le spermatozoïde, qui va s'installer dans le ventre porteur, la terre nourricière...
Mmmmmmh, les représentations pré-scientifiques ont la corne dure - surtout quand elles s'arque-boutent sur des structures de pensée sexistes.

Et la fin de l'article est grandiose (de bêtise) :
" [blablabla] l'universalité de la domination masculine. Une universalité que seule l'invention de la contraception a permis de rompre, en rendant aux femmes la liberté de leur fécondité. Ouvrant par là même, à l'un et à l'autre sexe, les chemins égalitaires de la séduction."

Je trouve ça hyper drôle ce truc de "l'invention de la contraception" comme remède miraculeux qui a permis, enfin ! et hop ! de briser cette foutue domination masculine universelle ! m'enfin ! hihihi
(comprendre : la domination masculine n'existe donc plus du tout, partout où la contraception a été découverte, et j'imagine bien évidemment d'abord en France (voir à ce sujet si l'on avait encore le moindre doute ici)) ; et puis bien sûr, c'est juste l'invention de la contraception hein (par des scientifiques hommes en plus bien sûr) qui a fait tout le boulot hein ! exit le combat féministe de deux siècles ! (enfin deux siècles... des millénaires sans doute))
Puis bon, fallait finir sur une touche positive, et rassurer tous les lecteurs : si ya la séduction, alors là, ça va, on est sauvé...

Vive la connerie en boîte.
La semaine prochaine, la connerie en sachets.
Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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Dimanche 23 août 2009
Je me suis posée cette question tout à l'heure, en relevant furtivement la tête entre deux pages englouties, dans le métro, comme une héroïnomane sous perf' avec mes tomes qui s'empilent au pied de mon lit...
Pourquoi j'aime autant ? pourquoi ça me fait cet effet-là ??

Parce que, c'est vrai, toute blague à part - c'est pas une oeuvre d'art ce machin. Est-ce seulement une bizarrerie ? Je ne sais pas. Ca me donne envie de chercher si des choses ont été écrites dessus - sur des sites, des blogs, dans la presse... Qui lit ça en France ? au Japon ? Suis-je vraiment une OVNI ?

J'ai bientôt 32 ans. Je suis une grande fille.

C'est vrai que parfois, c'est niais. C'est vrai aussi que les dessins répondent à toutes les idées que l'on se fait du niaiseux. C'est vrai que tous les personnages se ressemblent, et ressemblent à énormément d'autres personnages de mangas - tous ceux, peut-être, dessinés ainsi rapidement, selon les codes du manga, avec leurs grands yeux, cette expressivité figée. C'est vrai qu'ils se découpent fréquemment sur fonds de pétales de fleurs qui s'envolent, sur fonds de... Oui, c'est du "manga pour filles". C'est du manga pour teenagers.
Et oui, Tohru, l'héroïne (et mon héroïne) passe son temps à faire le ménage et la cuisine pour une bande de mecs. Et elle adore ça, en demande et en redemande, et se réalise pleinement au milieu de ses piles de linge et de ses casseroles. Alors, pourquoi je hurle pas ? pourquoi je scotche comme une méduse à ce machin, en papillonnant des cils ??

C'est quoi qui me plaît ? ça fait plus que me plaire en fait : ça me fait du bien.

Alors... Je pose ma perplexité sur la table et je l'ausculte - j'essaie de comprendre.

D'abord, ça me fait rire. Mais rire pour de vrai hein - pas sourire, et pas rire intérieurement : je glousse pour de vrai, toute seule, mon bouquin entre les mains (je crois pas que ça me soit jamais arrivé avec d'autres livres). J'adore les codes des mangas : les bonshommes qui hurlent, les ruptures dans le dessin - ces passages du réaliste au schématique -, les yeux en spirales, le côté outrancier, délirant - le monde qui ne se prend pas au sérieux, j'adore ça. (Faudrait que je scanne des petits exemples, là ; je vous ferai ça tout bientôt :~]  - vous allez adorer...)

Ensuite, l'effet "série" marche à plein boulon ( ? ) : les personnages, à force de peupler les pages, m'habitent : je les connais, c'est des potes à moi ; je veux connaître leur vie et les suivre partout. (Moi j'aime beaucoup Kyo et Shigure. Saki aussi, et Momiji bien sûr. Bref ;p).
Bon, mais ça, ça ne fonctionne pas sur moi avec tous les mangas (j'ai testé) : c'est que ceux-là sont (je trouve) de vrais personnages, ou au moins des personnages suffisamment originaux, et de là intéressants ; ça peut sembler surprenant, vu l'aspect du machin (les dessins, le public cible) - mais pour moi ce ne sont pas des clichés, des coquilles vides. Ils sont étranges, et assez forts.

Mais aussi, le coeur de ce qu'est Fruits Basket : ce côté niaiseux, ou ce qui est rejeté par la plupart comme niaiseux, me parle. C'est sans doute ça le plus bizarre, et que j'ai du mal à expliquer et faire partager aux gens. Tohru est gentille. Elle sauve les autres par sa gentillesse. Moi aussi, en réalité, j'ai tendance vouloir appréhender le monde (en partie) via cette force-là, qui n'est pas aussi creuse qu'elle en a l'air.
Les personnages sont en permanence dans l'introspection, très souvent dans la souffrance ; la plupart sont dans un effort pour s'améliorer. Selon une norme assez simple : plus de gentillesse, plus de présence aux autres.

Finalement, je ne trouve pas cela nul. Est-ce que c'est simpliste ? Peut-être.
???

Ben je vais vous dire, j'ai toujours pas bien compris pourquoi j'aime autant le Panier de fruits.
Parfois peut-être faut pas chercher. Juste profiter.


Par Ox - Publié dans : Oxyculture
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Vendredi 21 août 2009
Une thèse, c'est un animal non domestiqué qu'on se promène pendant des années collé comme une sangsue.
Une thèse, c'est une sangsue carnivore qu'on essaie de domestiquer.

Jadd est en train de finir sa thèse.
Pendant sept années il l'a portée dans sa tête en bagage en poids lourd en petite plante - petite boutique des horreurs - qui s'étalait sur sa vie et qui prenait racine.
Temps de récolter, dit-on.

Ca me retourne tellement, j'ai l'impression qu'on me râcle le coeur avec une petite cuillère.

Il m'a dit... qu'il me promettait de prendre soin de ce morceau-là, de ma vie, comme un morceau d'abricot dans la confiture.
Il est à moi et plus à moi, le morceau, il se détache comme un iceberg - petite thèse va prendre son envol derrière un front plissé.

Evidemment, j'aurais aimé être là, à ce moment-là - je pensais être là, je... Mais je ne suis plus là, ce n'est plus moi.
Je suis ailleurs.

Je peux regarder de loin comme un paysage du haut d'une montagne. Je peux imaginer.
Je peux me souvenir, aussi.

Je n'ose parler que sur la pointe des pieds. Je ne veux pas faire bouger le vent.
Je suis loin.

Il vient déposer son énorme paquet tressé.
Par Ox - Publié dans : C'est de ma pomme à graines qu'on cause.
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Dimanche 16 août 2009
Voilà bien longtemps que je n'ai pas écrit ici.
J'aurais pu vous raconter... tellement de choses futiles.

Vous parler de la passion dévorante pour les mangas qui m'a sauté dessus sans prévenir depuis quelques semaines.
'fin, j'écris "les mangas", mais la vérité, c'est qu'il n'y en a qu'un, auquel j'adhère comme une pâte de coin, que je traîne partout avec moi comme un doudou - qui me porte et me supporte... Je redécouvre avec bonheur le pouvoir transportant de ces petits machins de culture - des petits carrés portatifs qui portent un monde à l'intérieur comme dans une poche kangourou, que tu gardes comme un secret, un monde caché qui n'est que pour toi et dont les autres ne se doutent pas (comment sauraient-ils que tu as l'univers planqué entre tes cinq doigts crispés dans le métro ?)
C'est mon monde ; et à mon grand bonheur il n'en finit pas de se dérouler, de tome en tome en tome... 24 petits carrés pour me réchauffer en cachette.

Je pourrais vous raconter que ce manga est très stigmatisant à lire dans des lieux publics - avec sa couverture rose bonbon, les yeux de ses personnages qui clignotent en étoiles, tout cet enrobage kitchissime - mais que je m'en porte très bien : ) - et les connaisseurs de ma bib de soulever les sourcils d'un air suspicieux : "tu lis Fruits Basket !!!?!!!"

Bé oui. Alors moi en général je réponds : "oui je sais je suis en pleine phase régressive !!!"
N'empêche, j'vais vous dire : j'ai essayé de lire certains mangas censément pour adultes (à supposer que mon mien soit pour enfants et ados prépubères), ils me sont tombés des mains. (Bien sûr, j'en essaierai d'autres, plein d'autres, je suis prise d'une boulimie de découvertes de mangas (çui-là, et çui-là, çui-là aussi) - mes yeux à la place des grosses dents. Juste pour dire que Fruits Basket, ben, c'est pas nul. Na. Puisque je l'ai préféré à Monster le censément-meilleur-trop-bien-qui-palpite.)
Parfois, ces machins de la culture populairetrèspopulaire, ça me fiche une de ces boules de chaleur dans le ventre.
(C'est de mes tripes qu'on parle, alors pouvez bien aller au diable avec vos hiérarchies à trois balles. Brrr...)

Tellement fiché dans le petit creux de ma tête, là, en haut à gauche, qu'hier, en montant l'escalier qui mène chez mon père, la petite inquiétude au ventre, je me suis dit : "Pense à ce que ferait Tohru dans cette situation". Ca a marché hein : je me suis sentie d'un coup lestée d'un vrai courage, et moins seule.

Ce n'est pas du tout ce que je voulais écrire ici.
(J'avais commencé par "je pourrais" pour basculer sur le "mais en fait non" - seulement... mais en fait si.)

Hier soir, j'ai passé la soirée casée dans un grand canapé crème entre deux femmes sublimement jolies. Ca me faisait tout drôle. Mon regard volait hop, de l'une à l'autre ; yeux de papillons à yeux de papillons. Moi, j'étais la fille-sympa-qui-souriait, alors, quelque part, je me sentais un peu comme Tohru.

Ce n'est pas non plus ce que je voulais raconter ici.
Ahlala, quelle poisse.
Je le raconterai la prochaine fois.

Par Ox - Publié dans : Oxyculture
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Mercredi 29 juillet 2009

« La dépendance est un terme qui désigne un comportement qu’on ne peut s’empêcher de poursuivre, malgré la connaissance des conséquences néfastes qu’il peut entraîner. […] Le sujet dépendant ne peut se passer de la consommation du produit, et sa vie est centrée sur cette consommation : recherche du produit, des moyens permettant de s’en procurer, prise du produit… On parle alors d’addiction. Selon les situations, les individus concernés, le produit en cause, la dépendance peut s’installer progressivement au fil des consommations, ou bien survenir rapidement, de façon brutale. Dans tous les cas, elle est à l’origine des mêmes symptômes, qui conduisent à consommer de façon excessive pour les atténuer. »

 

Je développe une dépendance névrotique aux séries américaines.

Je suis totalement accro à Six feet under.

 

Ca me procure un sentiment de bonheur enveloppant.

J’y pense toute la journée.

 

Ca fait partie intégrante de ma vie intime et spirituelle – maintenant, quand on s’engueule avec Rayé, il finit toujours par me dire : «T’imagines, si on était dans une série américaine et que tu me disais ça, ben comme spectatrice, tu te trouverais super chiante !!! »

 


Par Ox - Publié dans : Oxyculture
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Lundi 27 juillet 2009
Chose promise, chose due : après les couilles, les ovaires (mon dieu ce blog perd vraiment de la hauteur, ces derniers temps....)

Il faut d'abord vous dire que quand la Capuche publiait joyeusement mes petits épisodes portugais réjouissants, que j'avais tout bien tapés ordonnés enregistrés à l'avance, pour une parution comme un métronome, en couleurs, et en sourires, ça n'allait pas fort de l'autre côté de l'écran.

Une semaine à lutter les dents serrées, le corps et la tête douloureux.
Trois rdv chez le médecin et deux visites aux urgences de l'hosto, en sept jours de temps, ça fait lourd.

La confrontation avec une médecine froide, hautaine, aux odeurs de carrelage. Sentiment d'être perdue annulée et humiliée. Et la douleur, qu'on ne comprend pas, et qu'on n'arrive pas à dompter.

J'ai été en colère, terriblement en colère - la rage contre ces gens qui ne me parlaient pas, qui me traitaient comme un cas, qui n'écoutaient pas, qui me jetaient leurs diagnostics pourris au travers de la face.
Le coeur qui tape. Quelques larmes, aussi, pour évacuer.

Envie de les détester. De ramasser mon corps comme un sac et de le ramener chez moi ; quand la douleur est partie on n'a toujours rien compris mais on reprend le pli, on remet le corps dans le pantalon, puis dans le métro, et dans le boulot ; on est comme la tête sous l'eau on évite de penser.

Et aujourd'hui, je suis allée chez un ostéopathe. Première fois de ma vie que je faisais ça.
Une sorte d'expérience mystique, un peu comme rencontrer le dalaï lama en miniature.

Un monsieur sage blanc aux cheveux blancs, aux paumes de mains chaleureuses - qui s'occupe de toi pour de vrai, qui te parle - à toi - qui t'écoute - quand sa porte est fermée tu es comme dans un oeuf, en sécurité, tu peux déposer là sur le tapis entre toi et lui toute la merde du monde, la douleur de ton ventre, les petites humiliations quotidiennes, il les tord, les essore, les déplie, et les calme.

Fuck les hôpitaux.

(Voilà pour mes ovaires, qui pleurent encore un peu, de temps en temps, quand le ciel est maussade.)
Par Ox - Publié dans : Quelques os dans un corps
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