J'avais d'avant des trucs un peu clowns à dénombrer.
Mais là, je nomme la grève du fun.
L'humeur est aux nappes de brouillard.
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blablabla, blablabla, bla,
Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.
Lyon blablablabla.

et des blablas rouges aussi
(des fois).
J'avais d'avant des trucs un peu clowns à dénombrer.
Mais là, je nomme la grève du fun.
L'humeur est aux nappes de brouillard.
Parce que quand il s'arrache au lit le matin c'est comme s'il s'arrachait une dent.
Parce qu'il chante dans sa tête des chansons imaginaires dans des langues qui n'existent pas.
Parce qu'il dit "Oui." (sa tête) - "Tu sais." (les yeux).
Parce qu'il a plein de listes avec les livres qu'il doit lire, les films qu'il a vus, où il raye au stylo les disques qu'il copie compulsivement dans les médiathèques, et qu'il classe en Dewey dans sa tour à Cds.
Parce que je suis un pangolin.
Parce qu'on n'a pas le droit de toucher ses cheveux quand il s'est coiffé, et qu'il faut pas le regarder quand il se coiffe.
Parce qu'il mange des gros carreaux de chocolat, des craquinettes au chocolat, des danettes au chocolat, aussi beaucoup de miel et que le jus d'orange ça donne de l'eczéma.
Parce que la nuit il rigole et il se gratte et il se gratte et il rigole et quand il me parle je me rappelle plus. Et on se marre.
Parce qu'on a la plus grosse télé de chez Carrefour.
Parce qu'on est nuls en cuisine mais on a fait de la crème pâtissière pour la tarte aux mûres et mes bras étaient griffés de partout.
Parce qu'il sent bon.
Parce qu'il a un oeil plus clair que l'autre.
Parce qu'il lit la vie des fourmis, des palourdes, des flamants roses et des pandas aux gros pouces, parce qu'il collecte les fichiers de chronologies, et les bonbons à l'anti-matière.
Parce que je reconnais l'os de son sternum.
Parce qu'il aime bien mettre des miettes sur le matelas en mangeant des p'tit dej miel-choc allongé comme un romain en lisant quatre livres à la fois, mais il fait des efforts (et moi je lui demande s'il veut des grappes de raisins, aussi).
Parce que l'autre jour, il m'a demandé en regardant le plafond si je pensais qu'on pouvait dire qu'on était des amoureux, nous. Puis il a dit qu'il valait mieux attendre un peu.
L'autre jour, j'écrivais ces fadaises :
"Je vais bien. Je suis bien. Je me suis surprise à chantonner dans la rue. Comme ça. Une impression de maître(sse) du monde. (La puissance du Zheureuse ?)
Quand je me sens comme ça, ça me fait me sentir mortelle. (Attention je fume - à la sardine - vaseuseries à la france Fesses... Outch ;p)
Comme si d'un coup le monde était à ma mesure, sans immenses ombres noires qui font peur ; tout calme, simple.
Quand je psychote (bon, quand j'ai quelques grammes de pourcentages de psychotes-dures-cailloux-grinçant-plaies-à-têtes - souvent kwa) - c'est comme si mourir (un jour), c'était pas grave. Non pas que je veuille mourir hein non attention - seulement, bon, la vie, c'est les montagnes devant, et à force de grimper, on est content, un peu, calmé, apaisé, à l'idée qu'on va arriver en haut un jour - pas forcément pour regarder le paysage, mais au moins pour s'arrêter.
Et quand ça va, ça va bien, ça va vraiment, le monde me paraît en petits papiers de bonbons ; papiers japonais motifs fleuris ; légers, bulles d'air."
Et ça me fait bien rigoler à présent - présentement qu'en bonne narratrice omnisciente, je sais ce qui en a suivi.
Suivirent : des pataquès, des mouchoirs, de la bouillie confuse et larmoyante.
C'est jeudi je crois que tout a disjoncté, mais il m'a fallu quatre grands jours pour comprendre cela : que ça avait dû commencer jeudi.
Jeudi et l'allume-au-mèche : le déjeuner avec le frère et la mère. Ma triste comédie.
Puis tout est parti en pirogue.
Et samedi, dans le cinéma, je me suis mise à pleurer. Groguie. (Le joli mot.)
Aujourd'hui je me retrouve difforme et lourde, meurtrie au gras de l'intérieur comme je sais faire.
Je me sens tellement, tellement encombrante que j'ai envie de me mettre au lit, sous la couette, et qu'on n'en parle plus.
C'est drôle de voir tout ce à quoi peut servir un blog.
Ya les littéraireux-existentiels, parmi lesquels je me classe, qui se croient s'y croient et s'épanchent, pasque-ça-fait-du-bien-et-puis-zut
(et des fois j'ai honte de tellement déconnecter du vrai monde et de si peu discourir de l'extérieur de ma sphère trou-du-cul-ô-centrée).
Ya aussi, et ceux là je les trouve TERRIBLES, ces blogs qui font office de blocs-notes, de feuilles à tout-écrire, des énumérations obsessionnelles, des listes à la Perec (ouh la Vaseuse - non mais c'est parce que j'ai une affection pour le Perec - je le trouve vrai-fascinant, et dommage si on l'a tourne-boulé en si triste référence normalienne) -
- les listes de courses à pieds foulées,
- les listes de bouffe ingurgitées -
j'en ai lus des tonnes de ces genres exotiques, de blogs
:-)
ils m'émerveillent.
Tout ça pour dire (en une sorte d'introduction-qui-regarde-le-plafond) (prendre l'air inspiré) :
REGIME !
Je suis complètement over-stressée, c'est pathologique ; nouée de partout, même la nuit - je fais des rêves bourrés d'angoisse, et je me réveille avant le réveil... J'ai l'impression d'être sous électricité, l'anode et la cathode sous l'bras. C'est physiquement pesant.
Un rêve idiot : je me ballade dehors sur une sorte de place de village, je vais quelque part mais je ne sais plus où - je dois passer un pont (je cherche mon chemin), je crois que je suis avec Paternel. Et là j'entends des gros bruits et je lève les yeux : un mec débile est sur une grue ( ? ), il a mis un minuscule animal (un chihuahua ? un caniche ?...) dans la gueule d'un monstre de chien, le genre assoiffé de sang, chien des Baskerville, le truc effroyable - et (accrochez-vous, faut vraiment être tordu(e) pour imaginer un truc pareil) il balance les deux au-dessus du vide, au dessus de nos têtes, en poussant des hurlements de rires machiavéliques ( ???? ) Je fais genre je vois pas, je fais pas attention, je baisse les yeux (faut pas donner de l'importance à ce type de comportements débiles ; comme avec les enfants : jouer l'indifférence). Mais je suis très mal, très angoissée, c'est une scène super violente.
Au bout d'un moment le gars pose le paquet (le petit chien dans la bouche du gros chien) par terre (lui il reste au sommet de la grue, mais il descend la corde, la courroie, l'élastique - c'est ça le dispositif ressemble assez à celui des sauts à l'élastique) - pour une sorte de pause, de répit. Le petit chien est lâché, à quelques centimètres de la gueule du monstre, pour le dit répit.
Et là, le petit, il a été tellement horriblement traumatisé par la séance, il est tellement mort de peur et d'angoisse, qu'il saute dans une faille devant lui, dans le sol, et disparaît - il s'est suicidé quoi, avec un air d'abrutissement total, un geste automatique, indifférent, épuisé, mort.
Je me suis réveillée et il était 7h07 ; notre réveil est réglé sur 7h30.
J'étais toute dévastée, et j'ai pensé au coup de fil de la mairie.
Je n'ai pas de travail. Je n'ai pas de statut. J'ai le sentiment de n'avoir pas d'existence sociale.
De jouer à faire semblant que je crois que j'en ai une.
Je me vis comme une courante d'air ; une particule ;
je suis la femme au foyer d'un 25m carrés sans enfant.
Je suis dans ma petite maison.
La pensée me percute de temps à autres que ma vie est absurde. Les autres avancent autour de moi, ceci, cela. Progressent. Je patine. J'inexiste.
Je me promène dans les cases de mon emploi du temps.
Je sécrète parfois de la mauvaise agressivité. Je me déteste rétrospectivement ; je déteste cette jalousie honteuse.
Je suis vide. Je tente de remplir une bassine pleine de trous - moi ; je pansemente, je colmate, je vaque à l'urgence en léthargie ; le tout est de pousser le temps, de tenir un peu plus un peu plus loin, sans rien accomplir. De repousser le vide devant son nez.
Comme le chien de ma mère avec ses croquettes, qu'il ballade sur le carrelage avec sa truffe.
Je pousse mes journées.
Quel grand désir ? Quel but ? Pour aller où ?
Je me décourage.
Je ne me trouve pas assez. Pas assez forte, pas assez vive. Pas assez consistante. pas assez drôle.
Pas assez gentille, souriante. Pas positive. Pas assez attentionnée, pas tournée vers les autres, pas de respect, trop peu de prise en compte. Trop d'égocentrisme, trop d'oubli. Pas assez de vie. Pas assez de courage.
Trop peu de couleurs.
Trop de gémissements.
Pas assez de surprises.
Pas de persévérance.
Si l'on me payait 35h par semaine à tondre des pelouses ? Est-ce que j'en serai plus heureuse ?
J'aime bien l'odeur du gazon.
Je suis nerveuse, sous électricité. Je change de passions toutes les trois secondes, elles n'en sont pas. Je ne m'intéresse à rien vraiment, mon cerveau saute, rayé. Je ne m'applique pas, je ne me concentre pas. Je n'y arrive pas, plus. Je me demande à quoi je sers, à quoi ça sert. Où sont les tourne-vis du monde.
J'emprunte un livre de physique. Je ne le lis pas.
Je fixe la couverture une demie-heure. Puis je le rends.
Ce qui m'a plu, c'est Mister Bones. Je me suis prise d'affection pour ce chien.
Quand il rêve, il peut parler. Parfois il se transforme en mouche - il vole (ça fait "fly" qui "fly", ça me plaît ; j'ai mis un temps à comprendre).
Paraît qu'Auster est un peu con, prétentiard ; d'aucuns disent misogynes - Monsieur Rayé ne l'aime pas beaucoup - pourtant moi il m'aide, il me réchauffe l'atome d'énergie vitale des fois ; je trimballe ses livres comme des totems dans mes journées vidées.
Quand je manque radicalement de mon énergie vitale au carbure, j'aime me faire promener. Dans ces moments-là, j'aime bien être avec mon papa. Je ne fais d'effort pour rien : je me laisse flotter dans ses vagues à lui et je fais la petite algue. Pas d'effort pour meubler la conversation, pas d'effort pour répondre ce que je suis censée répondre. Même pas pour être spirituelle - pas un centime. Je suis à l'étouffée comme le boeuf cuit. Je le suis dans les rues de Paris : il connaît son plan par coeur sur le bout de ses ongles. C'est reposant. Je suis toute molle (avec ma mère je fais l'oursin et le poisson électrique).
Ces jours-ci je n'arrive pas à trouver le sommeil (je le cherche principalement dans les pensées douloureuses où il n'est pas). Hier matin, je suis allée courir ; je me suis fait un peu mal aux jambes, mais du bien dans ma tête - j'espère que ça va revenir.
Quand j'ai connu Jadd, il mangeait des glaces dans des petits pots en carton - vanille / chocolat, vanille / framboise. Il les mangeait toujours au début du repas, parce que sinon, après, ça fond.
Je suis partie à Bangkok, et il m'a donné des cassettes ; sur l'une il y avait son tricycle, en noir et en blanc.
Et maintenant, il me manque.