blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

une tasse de thé ?

Bienvenue sur mon blog !




 
Jeudi 18 juin 2009 4 18 06 2009 22:22

-

J’ai rêvé de toi cette nuit. J’en ai un souvenir confus.

Dans la première partie de mon rêve, j’étais terriblement heureuse ; une sorte de microondes à l’intérieur du ventre, je me sentais toute réchauffée (c’est bizarre comme on dit « chaud au cœur », mais là, je le vivais pour de vrai, et c’était du bonheur). Tu étais assis à ma table, il y avait d’autres gens aussi, Rayé, Massélie, et peut-être d’autres.

Et puis dans la seconde partie je me retrouvais seule à cette même table, avec toi et, je ne sais pas pourquoi, ma copine Avril ; elle te disait quelque chose, sous forme de blague – faisant allusion au passé/passif… et tout me retombait sur la tête d’un coup, je me sentais triste, agressive, pleine de rancune, et paumée.

A la fin de mon rêve comme une sorte de générique juste cette idée impérieuse : il faut que je dise à Isée et à Garance que j’ai retrouvé David.

Je me suis réveillée et c’était encore la nuit ; peut-être que comme dans les cauchemars l’émotion était trop forte et m’a faite sortir du rêve.

J’ai mis de longues secondes à comprendre, à savoir ce qui était vrai et faux, le rêve et la réalité ; si je t’avais retrouvé, ou si je t’avais toujours perdu. Parfois le rêve enfonce ses sillons profonds et au réveil on retrouve de grandes marques dans la tête.

Tout au long de cette journée, j’y repense ; c’est lancinant, comme une migraine.

La tristesse, la douleur d’une épine enfoncée on ne sait trop où.

 

Sais-tu la peine que tu nous as faite ?


Par Ox - Publié dans : Cardiaque et lacrymal.
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Jeudi 4 juin 2009 4 04 06 2009 19:30
Ces gens qui me mettent en rogne verte et rouge dans ma bibliothèque :

- les gens qui se collent tout près tout scotchés limite sur tes genoux quand tu es avec un(e) autre usager-ère et qu'ils sont censés attendre leur tour derrière. Alors ça je le mets en tout premier parce que ça a le don de m'horripilier. Des fois, ils font exprès de faire du bruit, de soupirer, pour bien montrer qu'ils attendent et ahlala c'est long et... rien de mieux pour me donner l'envie de prendre tout mon temps et parfois bien plus, énumérer lentement toutes les particularités du réseau, les virtualités ouvertes par la possession de la carte, faire des commentaires avec la mamie sur le dernier bouquin qu'elle a lu ou sur la météo... Il arrive même qu'ils interrompent carrément la discussion - ils fichent leur tête d'oie entre la mienne et celle de la personne dont je m'occupe et y vont de leur question - nan mais et pis quoi encore.

- stressant au plus au point, aussi, pour mes petits nerfs délicats de bibliothécaires gracile (hum) : le même phénomène que ci-dessus mais de masse : au prêt, toute la file de la queue qui vient s'agglutiner en amas difforme devant et autour de moi - je suis prise d'un accès d'agora-lectorat-phobie, avec l'envie mordante de les chasser tous avec une tapette à mouche - ou d'aller me planter au milieu du dit amas de l'autre côté de ma banque de prêt avec un grand bâton de gendarme - comme dans Quick et Fluck - et de te les ordonner en file à un bon mètre cinquante de moi : là ! tu attends là ! et chacun son tour !!!

- les gens qui ne disent pas bonjour (grand classique), les diverses portes de prisons en tout genre, ceux qui t'agressent dès qu'ils ouvrent la bouche - mais bon, ça, rien que du banal...

- ceux qui s'essaient à nous (bibliothécaires) monter les uns contre les autres, à cracher sur X auprès de Y (débordant en général de compliments à l'égard de Y) - s'attendant à ce qu'on abonde dans leur sens : "ah vous au moins, vous êtes aimable, parce que votre collègue là-bas ! en plus elle avait pas l'air de s'en sortir hein, elle comprenait rien, elle avait pas l'air bien dégourdie... " etc. Ou bien, quand il y a eu un souci d'enregistrement de transaction, ils tiennent absolument à nous décrire la personne à qui ils ont eu affaire - soit qu'ils s'imaginent que cette personne va s'en souvenir (comme si on mémorisait les centaines de machins qu'on bippe toutes les semaines), soit, plus vraisemblablement, qu'ils s'attendent à ce qu'on aille la lyncher. (L'amusant, dans ces cas-là, c'est qu'ils décrivent toujours en terme de couleur de peau. "Une petite black." "Un jeune homme heu, certainement d'origine heu...")

- ceux qui essaient la même question à une demie-douzaine d'entre nous. Exemple cet après-midi : "- bonjour, j'ai oublié ma carte, je voulais savoir si je pouvais.. - ah non ce n'est pas possible d'emprunter sans la carte madame, désolée. - d'accord, tant pis." Et quelques mètres et secondes plus loin : "bonjour j'ai oublié... "Et elle va comme ça tester tout le monde, pour voir. Certains, quand ils se rendent compte qu'en fait on est juste à côté et qu'on a entendu, ils se sentent cons. (Un jour comme ça un gars m'avait demandé si on avait je-sais-plus-quoi ; je lui avais répondu par la négative. Quelques minutes plus tard Newcollègue vient me chercher, m'expliquant qu'un lecteur lui pose une question à laquelle elle ne sait pas répondre. J'arrive, et tombe sur le même gars avec la même question. Je crois qu'il s'est senti con.) Mais d'autres pas du tout, ça les gêne pas le moins du monde.

- ceux qui viennent te demander s'ils peuvent faire xvvh, tu leur dis non, et deux minutes plus tard tu tombes sur eux en train de faire xwh (c'est que du vécu hein, j'vous jure, et du vécu fréquent par dessus le marché !)

- les nombreux qui te tiennent toi, petit être individuel, maillon inoffensif, rouage d'équipage, pour personnellement responsable de tout ce qui peut advenir dans cet établissement : les fuites dans les WC, c'est toi, les pannes informatiques, c'est toi, le catalogue qui n'a pas trouvé le livre, c'est toi, le disque mal rangé, c'est toi, le DVD qu'il n'a pas réussi à lire, c'est toi, les tarifs trop élevés, c'est toi, les.... Et parfois, quand, excédée, tu leur fais remarquer que merde, c'est pas ta faute à toi, ils le reconnaissent en général, et s'assoient sur leur "mais", qui pour eux coule de source : mais ils ont besoin de se défouler ! Et puis ils sont énervés, parce qu'ils ont fait trois quarts d'heure de transport et le..... et c'est pas la première fois que ça arrive et... etc.

Je pourrais continuer.....
               et je continuerai plus tard, d'ailleurs.

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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Mardi 2 juin 2009 2 02 06 2009 10:02
Extrait de la "feuille de route pour l'égalité entre les femmes et les hommes (2006-2010)".


La conciliation de la vie privée et professionnelle

Le déclin démographique a comme conséquence que l'UE ne peut se permettre aucun gaspillage de capital humain. De meilleures structures de garde d'enfants permettent de trouver un nouvel équilibre entre le travail et la vie privée.



Ou encore : ÉDUCATION ET FORMATION DANS LE CADRE DE LA STRATÉGIE DE LISBONNE

Les comportements et les références culturelles se formant dès le plus jeune âge, l'enseignement peut contribuer de manière déterminante à la réussite du défi entrepreneurial.

L'enseignement doit ainsi sensibiliser dès le plus jeune âge à l'esprit d'entreprise. L'initiation des jeunes à l'esprit d'entreprise contribue à développer leur créativité, leur esprit d'initiative, leur confiance en eux dans ce qu'ils entreprennent et les incite à se comporter d'une manière socialement responsable.

C'est pourquoi la Commission européenne accorde une attention particulière à l'apprentissage de l'esprit d'entreprise depuis l'école primaire jusqu'à l'université. Il s'agit d'encourager les jeunes Européens à devenir les entrepreneurs de demain.

L'intérêt de la formation à l'entrepreneuriat ne se limite toutefois pas à l'accroissement du nombre de nouvelles entreprises. L'esprit d'entreprise est une aptitude qui se révèle également utile dans la vie de tous les jours, tant au niveau personnel que social.

 

 

 

Piqué (heu, emprunté) ici :

Les entrailles de Mademoiselle

 

merci

 


(et où je vous conseille aussi d'aller lire par ici (Aucun résultat) sur le dit blog, c'est vraiment malin comme idée, et accablant comme résultat (on s'en serait un peu douté mais tout de même)).
Par Ox - Publié dans : Politik en armes
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Samedi 30 mai 2009 6 30 05 2009 21:22
Aujourd'hui je déménage.
Je pars m'installer dans ma 12ème maison.

Je commence où commence le souvenir, je ne sais pas trop s'il y a quelque chose en amont.

La première, ce fut à Mont-Saint-Aignan, dans la banlieue de Rouen : 4 parc de l'Iton. J'ai le souvenir de cette adresse, mais pas de l'appart qui se cachait derrière ; j'ai la mémoire du bac à sable de l'école, et des petites pelles jaunes en plastique.

Puis ce fut Paris, le 19e arrondissement : rue des Solitaires. Je me souviens du nom de cette rue, je me souviens de l'appartement, notre chambre, la chambre de notre père, la salle de bain, le plancher. Mais impossible de retrouver le numéro de la rue - quand nous y sommes allés l'autre jour, avec Rayé, je n'ai rien reconnu. Je me souviens en revanche du métro, de son nom : "Place des Fêtes", et du marché qui se tenait parfois sur la place - plus exactement, je me souviens des feuilles par terre se fondant en bouillie de pluie, et de l'architecture de métal montée démontée pour les jours de marché.

A nouveau Mont-Saint-Aignan, 6 parc de la Risle. Sur la porte de l'immeuble se collaient d'énormes cousins dégoûtants en automne. On habitait à l'entre-sol ; la moquette était rose avec de petits motifs bordeaux enroulés, violette dans la chambre de maman. Le robinet de la cuisine était tout mou, comme un cou d'autruche. Le carrelage blanc et gris.

Puis Paris. 27, avenue de Suffren. Ma petite chambre avec sa porte en verre. Onze années passées là. Les moulures au plafond avec les petits anges aux ventres potelés. Le grand miroir dans l'entrée, et le couloir grand comme une piscine.

Ma première maison à moi toute seule, au rez-de-chaussée du 21 rue Saulnier, dans le 9e. La fabrique d'éponges dans la cour intérieure, les cafards qui couraient sur l'évier. Et mon téléphone portable vert avec lequel j'appelai Jadd.

La maison de Jadd et moi - la première. C'était la sienne en réalité ; mais comme on était plutôt du genre scotchs double face, tous les deux, il a pas fallu attendre longtemps pour que j'embarque définitivement mes valises. Rue du Château-Landon. On se bidonnait en reluquant la moquette marron collée sur les murs et au plafond ; Jadd faisait bouillir les cafards à la casserole. Parfois il allait consoler la voisine, et regardait American Pie pour lui remonter le moral. Le fou du dessous courait après les toxicos avec des planches en bois, et on jouait au badmington dans la cour.

Argenteuil, et la maison familiale de Jadd. Pendant un an. C'était étrange, mais c'était bien. (Je me souviens des bus et des repas, du canapé noir et des tisanes qu'on faisait chauffer au micro-ondes.)

Et puis Marseille. Notre maison fantastique avec ses failles dans les murs, grosses comme des lézards, le couloir en virage, les tommettes bien sûr, la cuisine d'où on entendait les paquebots mugir, et d'où l'on apercevait, en se penchant un peu, les rayures de la grosse Sainte Zèbre. Tout le bordel qu'on a accumulé là-dedans - que j'ai accumulé là-dedans ; et toutes les émotions déversées, épongées, absorbées, entre ces murs.

Lyon. Les cheveux de la Croix Rousse. La rue du Chariot d'Or. On était drôlement fiers d'avoir trouvé ces pierres-là. Un ancien couvent. Reconverti en atelier. Puis en maison ; où le lino vert ridicule recouvrait du lino qui recouvrait de la moquette qui recouvrait du papier journal - on pouvait encore lire les articles, tout jaunes et mous comme du beurre baratte. Notre dodo perché comme sur un arbre. (Fallait pas se cogner à la poutre le matin.) Des souvenirs qui se mélangent à des douleurs de ventre, de tête, de partout, des souvenirs qu'on fait vite passer et qu'on avale tout rond. Comme un doliprane.

Ma maison comme mon refuge, froid, dessous les toits, de la rue Désirée en bas des pentes. Ma maison toute seule, ma maison un peu perdue. Ma maison sans sommeil.

Et puis Paris, à nouveau, et Rayé, et notre (tout) petit terrier du 11e arrondissement ; je dis au revoir à sa vue sur tolle ondulée, au revoir à son frigo qui coule et qui chante en grave, son frigo qui vibre, au revoir les scarabées du pallier, au revoir les pieds glacés sur le carrelage, les radiateurs qui font grille-pain ; et surtout, surtout, au revoir les algues brunes.... la petite moisissure mauvaise qui grimpe, qui grimpe, et qui recouvre tout, comme la jungle qui progresse.

Je suis contente comme un sou neuf.
Par Ox - Publié dans : De tout et de rien (et du reste).
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Jeudi 28 mai 2009 4 28 05 2009 21:40
Je rentre d'un aprem thé-blabla chez Perle Abricot. Je la connais pas très bien, et depuis peu de temps ; mais j'ai beaucoup d'affection pour elle (ça fait bête ça, comme formulation ?) - enfin je l'aime beaucoup quoi ; toute petite bonne femme, haute comme une pomme, menue comme un moineau, avec ses mots lents qu'elle articule comme une chanson ; presque toujours souriante, avec des trucs rigolos au bout des poignets, des chevilles et dans le dos - des papillons accrochés, des coccinelles, des étoiles.
Je ne suis pas très spontanée encore avec elle - je ne sais pas si je le serai jamais - mais je m'essaie.

Je me sentais un peu balourde. Je ne savais pas trop où me caser, au début, ni où caser mes sujets de conversations. Et puis ça s'est calé, petit petit, comme un ruisseau, ça a trouvé son lit - la conversation et tout ça....

Et puis il a fallu que ça arrive. Que je le fasse.
Pas grand chose hein, pas bien grave - pas un drame.

Mais qui me laisse, finalement, avec un caillou dans ma chaussure.
L'impression d'avoir merdé - l'impression, aussi, de ne pas tout comprendre.
Voilà, j'ai sorti ma tirade féministe.

De toutes façons, elle le savait hein, je suis déjà étiquetée ; je le vis bien d'ailleurs - mon auto-collant sur le front : asticot hystérique. Alors j'y suis allée franco - quoi, je dis ce que j'ai au fond des tripes.
On parlait des contes. Perle Rose s'occupe du fonds des contes dans ma bibliothèque. On parlait de Walt Disney puis on en est venus aux contes. Perrault, Grimm, tout ça... et l'immense océan des contes tradionnels, du folklore de tous les pays, de la tradition orale.
Et voilà j'ai dit que souvent je trouvais les contes très réac. Et puis : très sexistes. Elle me demande pourquoi et hop je sors mes petits arguments par le menu. Je dis que j'ai beaucoup de mal avec le discours qui veut que "les contes soient essentiels au développement des enfants, qu'ils les aident à grandir", et que si j'avais une petite fille je ne lui lirais pas ces contes. Je dis que très souvent les personnages féminins ne sont caractérisés que par leur beauté / laideur, que souvent elles sont réduites au statut d'objets de transaction entre les hommes (la fille du roi qu'on obtient si...), qu'elles sont fréquemment passives, etc.

Bouclier tout droit.
Tension.
Mon dos se raidit et je le sens, mes doigts tremblent imperceptiblement.

On va au conflit, euphémisé pour faire bonne figure, on reste amènes quoique raides.
Elle me dit que c'est très caricatural, ce que je dis. Le ton est sec et d'une conviction blanche.

J'essaie de surnager et je patauge ; on récupère le morceau, toutes les deux, après quelques minutes de cafouillage, et on réussit à repartir comme si de rien, pasque c'est elle, et qu'elle n'est pas du genre - pas une feuille de violence à l'intérieur.

Mais je me demande : est-ce que c'est le ton que j'emploie qui agresse ? est-ce ce que je dis ?
Pourquoi j'ai cette impression que mes propos la gênent - l'agressent, en fait ?

Pourquoi me renvoie-t-on que je suis caricaturale, que mes propos sont caricaturaux - quand je dis "souvent", "la plupart" - et n'est-ce pas vrai, ce que je dis ? Quand, enfin, c'est le monde, alors, qui est cette caricature !

Même mécanisme que pour "Marre du rose" - la critique du système sexiste est accusée de faire dans le cliché et la caricature. Parce que j'isole et mets en pleine lumière ce qui d'ordinaire est voilé, nuancé, noyé, mais bien là, on m'accuse de caricaturer. Certes en général ça ne se soit pas autant, et c'est parce que je chausse mes lunettes "grille anti-sexiste" que je vois, mais ce n'est pas parce qu'on ne voit pas que ça n'agit pas, au contraire. C'est là les nanas, c'est là.
J'en rajoute ? On dirait presque, parfois, à les entendre (pardon pour le "les" englobant un peu nul), que c'est moi qui créé ces sales trucs. En en parlant je les invente, il suffirait de sourire et faire comme si de rien, chanter la belle richesse de la vie, pour que ça n'existe plus.
"Ca", toutes ces femmes à gagner comme un premier prix du loto ; "ça", ces princesses belles comme le jour qui font tapisserie ; "ça", le petit chaperon rouge à qui l'on inculque la peur du loup tout comme ici et pour cela.
Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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Mardi 26 mai 2009 2 26 05 2009 08:12
Plus tard dans la journée, Rayé et moi on est sortis se balader au gré du vent et de nos trottoirs si parisiens. Et on a croisé... un, deux, trois, quatre, cinq petites filles habillées en rose...

Tiens, deux livres :
Celui-là, on a failli pas le prendre, dans ma bib ; paraissait qu' "il était cliché" - leur ai répondu que c'était notre monde qui était cliché (et je me suis pas privée d'en faire des caisses : "et ça vous dérange pas de prendre çui-ci, et çui-là, et là vous dites pas que c'est cliché, et... " (histoire d'une petite souris... rose en robe, histoire d'une petite fille... princesse, histoire d'une... hum). Je sais qu'il m'a plu mais je n'en ai pas un souvenir très clair ; je vous en causerai quand il arrivera au taff.
















Et celui-là, pioché et lu par hasard ; centré moins sur la symbolique / signification de la couleur rose, que sur la monomanie / obsession de la couleur... (sur le mode "faut de la variété") ; avec tout de même cette idée : Lili disparaît dans le flot de rose, on ne la voit plus du tout - évanouie dans l'idéal féminin auquel se conformer ?

Tiens justement, dans la fournée de Marre du rose se trouvait le dernier album de Grégoire Solotareff, Titi à Paris ; qui a (comme de bien entendu) déclenché une marrée enthousiaste de "bien sûr on le prend" béats - non pas que je ne l'aime pas (quoique), mais alors dans le genre clichés... L'héroïne féminine est une souris (petite et délicate, donc), en robe, la dite robe étant rose, assortie aux chaussures (roses), et surtout : se retrouve à la fin du livre, pour un happy end réussi, avec 80 "bébés qui cherchaient une maman" sur les bras... Dans le genre "assignation", là... (L'impression m'a été d'autant plus désagréable que tout au long du récit et jusqu'à la chute, on vit plus la souris comme une figure de "petite fille" que de "femme". Et v'là que lui tombe une fournée de bébés sur le coin de la figure...)






Rose : tendre doux raffiné mignon délicat frêle petit fragile adorable précieux fin gracieux sensible aérien charmant éthéré gracile...
Par Ox - Publié dans : Livraison de livres en lots
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Lundi 25 mai 2009 1 25 05 2009 09:21
Jeudi Rayé et moi on écoutait la radio.
Oui, on partage la même dépendance à la petite boîte qui parle - et ça c'est sympa ; le chiant c'est qu'avec notre radio-disque à deux balles la seule onde qu'on parvient à capter c'est Rince-méninge : France info... v'là pour le réveil au matin.... alors quand on peut on ouvre son portable et on met France culture via Internet.
Bon, pas la panacée toujours hein, je vous l'accorde, mais des fois, des jours, des heures... c'est bien.

Alors on écoutait France culture, et là, ya eu quelques phrases échangées entre journaliste et invitée (Arnaud Laporte en plus je l'aime bien ; la nana invitée, c'était une réalisatrice, Axelle Ropert) que j'ai trouvées franchement surréalistes.

D'abord (elle) : "oui mes personnages sont vraiment très Français, parce qu'ils habitent en province."
?
Puis : "non je ne pense pas que ce soit si rare que ça, parce que ça se passe en province. Et je pense qu'en province c'est très fréquent..."
Lui : "ah oui... c'est vrai que quand on est parisien ça peut déconcerter, mais moi qui connaît bien la province..."
???

Par Ox - Publié dans : De tout et de rien (et du reste).
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Dimanche 24 mai 2009 7 24 05 2009 10:23
Je DETESTE cette collection de bouquins tellement moches et tellement cons. Mais pourquoi faut-il qu'on achète ces trucs ?!!?! Les illustrations sont horribles et le texte dramatique.
Docteur Catherine Dolto, Giboulées Gallimard Jeunesse, Mine de rien.
Ces machins expliquent aux petits minots c'est comment la vie. (Avec, à base de réponse : la vie c'est gland, c'est niais, c'est tout vilain et c'est très réac.)
Le pompon : "Les papas".

Quatrième de couv : "C'est rassurant de sentir que notre papa est fort et qu'il sait ce qu'il veut, on se sent protégé."
(C'est même pas un extrait, ya juste écrit ça.)

p.1 : "Un papa c'est très important, on y pense énormément." 2 : "D'abord c'est celui qui met du soleil ou de l'ombre dans le coeur de notre maman, ce qui compte beaucoup pour les enfants." (Dommage que vous ne puissiez voir les horreurs en couleurs qu'arborent les pages cartonnées - non non, mon scanner est fatigué, et je ne saurais lui ingliger ces niaiseries qui-font-mal-aux-yeux...)
AHA la page 8 c'est ma préférée : "Il y a des papas qui s'occupent de la maison presque comme des mamans, mais ils restent des papas. Il y a aussi des papas qui ne font rien dans la maison et ce sont quand même de bons papas."
AHAHA j'adore le "presque" et surtout, surtout, "mais ils restent des papas".
Et en pages 9 et 10, pour clore ce miasme de croûtonnerie infantile, une couche de psychanaleuse degré 1 mal digérée : "Souvent les petits garçons sont jaloux de leur papa, pourtant ça les aide à grandir, à avoir envie de leur ressembler. Les petites filles qui aiment très fort leur papa croient qu'un jour elles pourront être leur femme. Plus tard, elles comprendront que chez les humains c'est interdit de se marier avec son papa."

(Et si, au lieu de le ramener à ma bibliothèque, je le passais au râpoire à carottes pour en faire des tagliatelles, et on dirait - ah non je le trouve pas... il a dû être perdu par un lecteur hein... Ca serait pas un beau geste éthique pour tous ces petits enfants au cerveau pas encore mou ?)

Par Ox - Publié dans : Livraison de livres en lots
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Mercredi 20 mai 2009 3 20 05 2009 11:55
Si je vous dis que je cherchais quelque chose de tout à fait banal inoffensant et  ingénu ?...



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Non, je les refuse


(Non, même la curiosité malsaine - que j'ai d'ordinaire outrancière - ne m'a pas poussée à cliquer sur oui j'accepte....)

Par Ox - Publié dans : Textes de Zôtres
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Samedi 16 mai 2009 6 16 05 2009 10:48


Où je reviens sur l'image de la bibliothécaire.
Bibliothécaire, instit, deux professions très largement féminines, associées (me semble-t-il) à peu près aux mêmes imaginaires : celle de la vieille fille, pour le dire vite ; la femme raidie, les petites lunettes, le chignon, la jupe droite, la voix sèche.
Il y a d'autres métiers presque exclusivement exercés par des femmes - les métiers du care, on va dire (pourtant dans les bib on care rien du tout - enfin, pas tant) : dames des crèches, nounous, infirmières, sages-femmes, aides-soignantes...
Mais peut-être (je conjecture) que la particularité de ces deux là, bibliothécaire et instit, c'est d'être plus qualifiés.

Je me suis déjà demandée pourquoi ces deux figures-là étaient si fortement associées à ce cliché à deux balles - et y compris parmi nous ! combien de fois j'ai entendu dans ma bib qu'une telle faisait "vieille instit"...

Sans doute, me suis-je répondue, parce que ce sont deux figures de la femme indépendante : les premiers métiers que des femmes ont pu exercer, et grâce auxquels, donc, elles ont pu accéder à l'autonomie financière. Deux des premiers métiers qu'elles pouvaient pratiquer sans trop faire de vagues, des métiers "acceptables" pour une femme.

Et deux métiers un peu qualifiés : qui, par conséquent, les détachaient (un petit peu) de leur simple être, qui étaient un tout petit peu plus que l'émanation naturelle de leur être de femme (quand une femme exerce le métier d'assistante maternelle, elle n'exerce pas vraiment une activité professionnelle : elle ne fait que garder des enfants, ce que fait et sait faire naturellement n'importe quelle femme).

Une femme seule (ou du moins qui peut être seule, qui en a les moyens) c'est nécessairement une femme aigrie (figure de la mal-baisée) : une femme à qui il manque quelque chose, qui n'est pas accomplie. Ou : ce n'est pas vraiment une femme - elle n'est pas féminine - elle est donc sèche, raide, autoritaire. Elle n'arbore aucun des attributs féminins : elle porte donc le chignon. (Et les lunettes : marque de l'intellectuelle. Une femme qui pense n'est pas une femme désirable.)

La figure de la bibliothécaire fait une apparition rigolote dans le film "La vie est belle" de Frank Capra.
Connaissez ce film ?
Grâce à l'intervention d'un ange, le personnage de James Stewart découvre une version alternative du monde : le monde tel qu'il serait si lui, Georges Bailey, n'avait jamais existé. Version totalement ratée : tout le monde est malheureux.
Et celle qui est, dans la version "avec", l'épouse de Georges - mère de nombreux enfants, et femme au foyer bien sûr (enfin on est dans l'amérique des années 1940, tout de même...) devient dans la version ratée "sans", je vous le donne en mille....
célibataire et bibliothécaire bien sûr !
Dans le film, cette situation est présentée comme véritablement navrante ;-)

(Pas pour "dénoncer" ou quoi, le film est chouette, et encore une fois on est en 1945, mais ça m'avait paru franchement rigolo quand je l'avais vu.)

On pourrait dire que l'autonomie possible des femmes les désexualise - mais bon, si on "désexualise", c'est uniquement par rapport à une sexualité "pour"  - sexuelles pour (les hommes), sexualisées par (les hommes)...

Je cherche la porte de sortie qui ne fera de moi ni un être sexuel pour ni une chose désexualisée pour / par....
... avis de recherche : perdu - centre de gravité.

Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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