blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

une tasse de thé ?

Bienvenue sur mon blog !




 
Vendredi 25 avril 2008 5 25 04 2008 11:06

On entend très très souvent cette assertion : travailler avec que des femmes c'est l'horreur.
L'autre soir encore, dîner entre potes-filles : "travailler avec des nanas c'est le pire".

Moi, ça me laisse plexe.
Per-plexe.

Je sais et comprends le back-ground : les petites histoires, la langue pendue, l'affectif investi...
mais tout de même. Merde alors. Les filles.

Mais alors entendre la suite, dans la bouche de super-pote-copine :
"Je sais pas, elles doivent sentir les rivales... ça doit être les hormones."
(mode semi-comique pas bien clair)

Ca non alors !!!

Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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Mercredi 23 avril 2008 3 23 04 2008 11:06

Entendu.

Vendredi matin, comme j'accompagnais un animateur dans une classe de CP, accompagnée de miss Stagiaire-19-ans. Les petits machins sont assis à leur table ; l'anim se tient devant le tableau et leur rappelle les consignes. Miss Stagiaire s'adresse à moi en parlant fort - déjà, je trouve ça dérangeant qu'elle parle par dessus la voix de l'anim, alors que les enfants sont cencés écouter dans le calme.
"Ce qui est drôle à Paris, enfin par rapport à chez moi, enfin... tu vois dans mes classes moi ya jamais rien eu que des Français."
(Chez elle : à Pau. Très certainement la totalité des schtroumphs en question étaient tout ce qu'il y a de plus français...)
19 ans, la jeunesse, quoi.
La jeunesse ?

Par Ox - Publié dans : Petite chronique du racisme quotidien.
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Samedi 19 avril 2008 6 19 04 2008 10:30

"J'ai envie d'être tendre avec mon amie, de la caresser, suis-je homosexuelle ?

Peut-être, mais rien n'est sûr. Il est fréquent à votre âge d'avoir envie d'être tendre avec un camarade du même sexe (c'est vrai aussi pour les garçons), parce que vous ne connaissez pas encore bien vos désirs et que l'amour et l'amitié ont tendance à être également forts et à se confondre. Mais cela ne donne pas forcément d'indications sur la suite de votre vie amoureuse...
A l'âge adulte, il se peut que vous ne soyez attirée sexuellement que par les filles, c'est ce qu'on appelle être homosexuelle (on dit aussi lesbienne).
Il se peut aussi que vous tombiez amoureuse indifféremment d'une fille ou d'un garçon, étant tantôt homo et tantôt hétérosexuelle : on parle alors de bisexualité.
Il se peut enfin que votre attirance pour une amie soit vraiment pasagère et que, par la suite, vous vous révéliez préférer définitivement les hommes. Cela arrive souvent.
Il vous faut donc vieillir encore un peu pour connaître avec certitude votre orientation sexuelle. Mais, quelle qu'elle soit, il n'y a jamais de honte. Etre homosexuel n'est ni une anomalie, ni une maladie. L'important est d'être en accord avec soi-même ! Une lesbienne est une fille comme vous et moi, qui tombe amoureuse, mais d'une autre fille, et qui la désire, a envie de vivre avec elle et d'être heureuse. Elles partagent les mêmes choses que tous les autres couples, ceux qui réunissent un homme et une femme, ou deux hommes."

"Questions intimes de filles", Sylvie Sargueil-Chouery,
Ed. De la Martinière Jeunesse, 2006 ; pp 94-95.

                                                  Ebé voilà !

Par Ox - Publié dans : Travail à penser.
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Lundi 14 avril 2008 1 14 04 2008 17:55

Je reviens pour gueuler.
MMmmmGGGGggrggrggr bandes de blaireaux.
(Pppfff... yen a, des raisons de gueuler, j'vous le dis. la mienne d'aujourd'hui n'en est finalement qu'une toute petite, de raison. Au vu des schmil'OVE (c'est ça ?? Offre Valable d'Emploi ?) et des lunettes-à-riches du dernier bulletin d'information... bref.)

Vous les connaissez - enfin, si vous n'en avez jamais lus, vous voyez ce que c'est en gros - ces livres édités pour les grands enfants et ados : "le grand livre des filles", "le grand livre des garçons", "pour nous les filles", "l'encyclopédie des garçons",etc.
J'en ai, dans ma bib.
Mon test - rapide - pour ce genre de grifouillis, ceux des garçons, c'est de les ouvrir à la page "homosexualité" ou assimilé. (Quand yapa, c'est encore pire). Presque à chaque fois, ça manque pas, on a droit (ils ont droit) à ça :
"Tu t'es déjà senti attiré par un garçon ? NE T'EN FAIS PAS, CA NE VEUT PAS DIRE QUE TU ES HOMOSEXUEL".
Super.
Et de 1 - bah si, yen a, ils le sont vraiment, homosexuels.
Et surtout de 2 - ça présente vraiment l'homochose sous un jour trop positif....

Donc ça, c'est pour la routine.
Mais celui-là, que j'ai chopé, là, il me plaît encore plus.
Chapitre "Je suis attiré par les garçons..."

"A toi de jouer !
N'essaie pas, juste pour voir. Tu es trop jeune et cela risquerait de te perturber."
(Trop jeune ? Ben comment il le sait, quel âge il a le lecteur ? Et si on essaie une fois, ça fait quoi ? Après on est contaminé ? Souillé ?)
"A toi de jouer !
N'as-tu pas subi des agressions sexuelles quand tu étais plus jeune ? Souvent, on se pose la question dans ce cas-là."

J'aime.

Pour la petite zanecdote :
"Les homosexuels âgés de seize à trente-neuf ans ont [en France] treize fois plus de probabilités de commettre une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels." (La France Invisible", Beaud, Confavreux, Lindgaard, p.89).

Ben avec ça, ils vont être aidés.

"Comment survivre quand on est un garçon", Jacques Arènes et Bernadette Costa-Prades, Albin Michel Jeunesse, 2003.

Demain, je regarde pour les nanas.

Par Ox - Publié dans : Travail à penser.
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Lundi 18 février 2008 1 18 02 2008 13:17

 

On peut même lire les premières pages .

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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Dimanche 3 février 2008 7 03 02 2008 13:52

Bilan d’un féminisme d’Etat

Par Sylvie Tissot, 1er février

Introduction

Après la période du backlash antiféministe, la cause des femmes, désormais revendiquée de l’extrême gauche jusqu’au palais de l’Elysée, est enfin devenue légitime dans la France des années 2000. Non sans ambiguïtés. L’hypocrisie des grandes déclarations, en particulier masculines, en faveur des femmes et l’instrumentalisation de la question féministe ont déjà été critiquées. Sylvie Tissot propose, dans cet article publié dans la revue Plein Droit, de faire le bilan de ce féminisme d’Etat.

Article

À la différence de questions apparues peu avant dans l’espace public, comme le harcèlement sexuel ou la prostitution, la grande visibilité acquise par la violence faite aux femmes à partir des années 2002-2003 a comme particularité une forte intrication avec les questions raciales.

Le débat s’est en effet focalisé, après la médiatisation de plusieurs faits divers en banlieues puis à l’occasion de l’affaire du voile, sur certaines populations et certains territoires : « arabes », « jeunes », « banlieues », et autres « mondes musulmans »... Le recadrage a été aussi abrupt que les catégories utilisées étaient floues, avec comme résultat l’idée, désormais consensuelle, que les femmes du monde musulman, plus que les autres, sont opprimées et aliénées, et que leurs congénères masculins, plus qu’ailleurs, sont violents et sexistes. Les cibles de toute action en faveur des femmes ont ainsi été clairement et étroitement circonscrites.

Ce discours « féministe » envahit les médias au moment du lancement, par le gouvernement Raffarin, de la polémique sur le voile à l’automne 2003 puis du vote, par les députés de droite et socialistes, de la loi du 15 mars 2004 prohibant les signes religieux à l’école. Ce féminisme « d’en haut » n’a pu passer, au moins un temps, comme l’émanation des intéressées elles-mêmes qu’avec la caution d’organisations comme Ni Putes Ni Soumises, dont l’ancrage dans la sphère étatique plutôt que dans la société civile est apparu au grand jour après la nomination de Fadela Amara comme secrétaire d’Etat à la Ville.

Sans surprise, ce féminisme d’Etat a peu contribué à réduire les inégalités entre hommes et femmes. Au contraire. Il a eu comme premier effet de rendre invisibles la domination masculine et l’oppression de genre qui sévissent « ailleurs », c’est-à-dire dans le « monde occidental » ou chez les « Blancs ».

Ainsi, dans le programme présidentiel de Nicolas Sarkozy qui, lors de sa campagne en 2007, dénonçaient « ceux qui veulent soumettre leur femme, ceux qui veulent pratiquer la polygamie, l’excision ou le mariage forcé, ceux qui veulent imposer à leurs sœurs la loi des grands frères, ceux qui ne veulent pas que leur femme s’habille comme elle le souhaite », la question de l’égalité entre hommes et femmes était totalement absente.

Plus clairement encore, l’essayiste Elisabeth Badinter retraçait les frontières entre le monde libéré et le monde aliéné en affirmant que le combat féministe « s’adresse aux jeunes femmes de la première génération de nouveaux arrivants, ou encore aux jeunes filles d’origine maghrébine », et que, « franchement, depuis longtemps, dans la société française de souche, que ce soit le judaïsme, ou le catholicisme, on ne peut pas dire qu’il y ait une oppression des femmes ».

Mais il n’y a pas seulement occultation. La manière dont a été posée la question féministe a produit des effets considérables, d’abord en fournissant le langage d’un nouveau racisme.

(la suite, là : http://lmsi.net/spip.php?article717)

Par Ox - Publié dans : Textes de Zôtres
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Mercredi 30 janvier 2008 3 30 01 2008 20:43

Le titre de ce post reprend le texte d'un panneau aperçu lors d'une manif à Marseille il y a quelques années. Je l'avais adoré. Parce que je déteste cette association - du moins sa phase visible et médiatique, pour le travail de terrain effectué par ses militants de l'ombre, c'est tout autre chose - mais surtout je déteste son nom : "Ni Pute ni Soumise". Pour moi, qu'une association soit-disant féministe choisisse de s'appeler ainsi, c'est tout simplement un contre-sens, ou un non-sens, une absurdité, de la connerie en barres.

D'abord, pour ce mot de pute : "ni pute", on n'est pas des putes. Qu'une association féministe (l'est-elle ? elle se proclame telle en tout cas - enfin je pense - ou peut-être finalement pas après tout : ça serait à la fois plus con et plus logique - bref !) s'appelle "nous ne sommes pas des putes" est pour moi un non-sens.

[Incise et aparté qui met au poing (serré) : attention, je ne remets ici ABSOLUMENT pas en cause l'infinie légitimité d'énoncer, comme personne, "je ne suis pas une pute" ! Il est évident qu'à une telle insulte il faut répondre, et violemment... Je parle ici du nom d'un collectif, du poids des mots, choisis et pesés...]

Si l'on prend ce terme dans son sens premier : prostituée, femme qui exerce le métier de prostituée, alors cette association proclame (dans son nom-même) qu'elle se désolidarise de toutes ces femmes-là. "Nous ne sommes pas des prostituées." (Donc : le combat des prostituées n'est pas le nôtre, nous sommes différentes des prostituées, et, sans doute, nous valons mieux qu'elles.)

Ben oui des femmes qui se prostituent yen a, des tas, de toutes sortes, et les envoyer au pilori dans un mot - en signifiant qu'on n'en est pas, et en utilisant cette insulte - c'est tout sauf féministe, il me semble.

?

Si l'on prend ce terme de "pute" dans son autre acception (il équivaut alors plus ou moins à "salope" - fille facile, fille qui ne se respecte pas, fille qu'on ne respecte pas, traînée, fille qu'on baise, fille qui incite au viol, fille qui mérite le viol, etc.), alors deux problèmes se posent. Enoncer "nous ne sommes pas des salopes" ("nous sommes des femmes respectables"), c'est sous-entendre que de telles femmes existent. Ou en tout cas le doute est soulevé. On reste dans l'ambiguïté. Est-ce valider cette catégorie de femmes, d'êtres humains, les "putes", pour s'en démarquer ?...

(Il existerait des femmes "putes" ? des vraies salopes ? Doit-on arracher le bon droit des femmes respectables sur le dos des salopes véritables ?)

Ce n'est pas sûr : on pourra peut-être m'objecter qu'il faut entendre "Ni putes", "nous ne sommes pas des putes", comme "les putes n'existent pas", "les putes n'existent que dans vos regards d'hommes", "aucune femme n'est une pute."
C'est là que la balance entre les deux termes du nom, "pute", et "soumise", cette symétrie, écorche le bas pour le blesser.
Si l'entend le premier terme du diptique, "ni pute", comme "les femmes [toutes les femmes] ne sont pas des putes", alors on est forcés d'entendre le second sur le même mode. Or, "les femmes [toutes les femmes] ne sont pas soumises" ne fonctionne pas. Les femmes soumises existent. Soumises dans leur être et dans leur vie, à divers degré et sous diverses formes, sur divers chemins. Des femmes soumises d'ailleurs, nous en sommes toutes au moins dix minutes par jour ;-).
Et des femmes que nous jugerions véritablement soumises, et dont le comportement nous heurterait, nous dérangerait, nous irriterait, il y en a bel et bien aussi.
De ces femmes qui arrêtent leurs études, sacrifient leurs passions, pour se marier, faire des enfants, rester au foyer et dépendre de la bourse de leur homme ; de ces femmes qui parviennent pas à se détacher d'hommes violents et / ou qui les méprisent ; de ces femmes qui s'adonnent avec enthousiasme au récurage de cuvettes de chiotte et au passage de chaussettes ; de ces femmes qui chérissent le renoncement, le sacrifice, le don de soi. Certaines soumises et en souffrance, et d'autres qui semblent heureuses, en dépit de toutes nos suspicions.
On en a toutes rencontrées, non ? De petites Arianes toutes droit sorties de Belle du Seigneur...

Ou peut-être doit-on comprendre... "ne nous voulons être traitées ni comme des putes, ni comme des soumises" ? Là encore l'idée est pointue dans ma chaussure, quelque chose me rentre dans l'os, je n'arrive pas à marcher. Pour penser le rapport aux non-putes, il faut penser le rapport aux putes, puisqu'il se définit par rapport au premier ; l'ambiguité est patente quant à l'existence véritable de ces putes, de ces salopes...
Comme le concept n'est jamais vraiment clair, l'ombre de la femme prostituée continue à hanter le visage de la "salope" : "nous ne voulons pas être traitées comme des femmes qui se prostituent" ?... On rejette donc bien ces personnes-là en dehors de notre lutte - peut-être même plus loin encore, dans un lieu où je refuse d'aller...

Drôle de cri de guerre en vérité, que ce "ni pute ni soumise". Double désolidarisation symétrique ; s'écarter (condamner ?) deux ensembles entiers de femmes.
Une place bien problématique, dans cette lutte, pour les femmes qui vivent sereinement leur vie de soumission (qu'on estime qu'il faille les "sauver" ou non), pas de place pour les salopes qui baisent partout et n'importe où (et il y en a aussi, et elles sont dignes de respect aussi, et elles ont bien le droit de baiser où le coeur leur en dit), ou pour celles qui au don de leur corps d'ouvrière préfèrent celui de leur corps sexué pour gagner leur croûte (et il y en a aussi).

Ce "ni-ni" ressemble décidément trop à la double injonction contradictoire dans laquelle les femmes sont prises. "Donne-toi, ne te donne pas", "sois désirable, sois vertueuse", "sois une pute, sois une vierge" - ce "double bind" qu'explicite par exemple Nicole-Claude Mathieu dans "Quand céder n'est pas consentir".
Pour être digne de respect, pour avoir le droit de l'ouvrir, il faudrait être ni pute, ni soumise - en équilibre sur cet étroit fil du rasoir. Une sorte de juste mesure, qui blâmerait en toute chose (y compris dans la résistance et l'expression de soi) l'excès.
Et le cri féministe ne résonnerait que pour ces femmes-là (les "femmes modernes" ? les "femmes raisonnables" ?...) ?
A ce "ni-ni" qui ne laisse la place que pour une demie-fesse, sur lequel on doit se tenir recroquevillée, effrayée, prendre garde à ne pas dépasser, ne pas chuter, je préfère le "très-très" : prendre toute la place et revendiquer son bon droit.  Gueuler qu'on est une prostituée comme d'aucunes ont gueulé qu'elles étaient des salopes, gueuler qu'on est une gouine rouge, gueuler qu'on est une négresse ; toutes, autant que nous sommes, nous sommes putes, femmes battues, femmes violées, mariées de force, nous avons baisé partout, nous avons avorté, nous sommes sorties en porte-jaretelles (rouges !), sans p'tites culottes, nous avons porté la burka, nous avons choisi le string et nous avons choisi le foulard, nous avons couché avec quatre hommes en même temps, nous n'avons jamais couché, nous sommes des vierges frigides, nous sommes des lesbiennes, nous n'avons pas besoin des hommes, nous avons besoin des hommes, nous sommes très putes et très soumises, autant que nous sommes, et toutes ensemble.

Toutes ensemble... Ah ! Si seulement...
;p

Post-scripture : ce n'est pas, loin de là, la seule critique que j'adresserais à Ni Pute Ni Soumise... (Ne l'accablons pas trop dans son entier néanmoins, elle doit déjà pleurer toutes les larmes de son corps collectif avec la Sarko-Fadela qui l'ombrage...)

Pour plus d'infos, voir là : http://lmsi.net/spip.php?rubrique63


Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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Dimanche 27 janvier 2008 7 27 01 2008 16:23

"Tu les entends, ils disent pour s'en sortir faut du fric pour du fric faut un travail pour un travail cartonne à l'ecole mais l'école nous fout sur la paille - Alors les plus chanceux grattent le smic pour essayer d'trouver la faille et t'étonne pas si les autres volent et qu'a nous tous on sème la pagaille..."

Par Ox - Publié dans : Textes de Zôtres
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Samedi 26 janvier 2008 6 26 01 2008 14:02

Acte I.


Big-sous-chèfe pratique le management gastronomique. Régulièrement, elle nous amène des paquets de gateaux et des pains aux raisins. J'ai tendance à trouver ça globalement sympathique, bien que parfois ça me laisse perplexe. C'est qu'elle le fait avec un certain manque de naturel. Parfois, j'ai l'impression qu'on est des chevaux. (Qu'on nous donne de l'avoine.)


Big-sous-chèfe exhibe une hexis fort aristocratique. Quelque chose dans le maintien, dans la voix, dans les montures de ses lunettes Chanel. Dans la tenue en points de suspension de son prénom composé, piqué à trois épingles.
Je me traîne l'impression tenace que Big-Sous-chèfe me prend pour une conne.


Je me suis demandé ce matin ce que j'apprenais, tous les jours, dans cette bâtisse de labeur. La première réponse qui m'est venue, c'est la patience. (Dieu du Travail apprenez-moi la persévérance.)

Acte II.


Big-sous-Chèfe me prend définitivement pour un cancrelat (comme dit Brille-et-Grince (j'aime bien les noms d'Indiens) : "j'ai rêvé là ou elle m'a parlé comme à de la merde ?")
"Nan mais elle est pas du même monde que nous", analyse Brille-et-Grince - et je dérive vers des considérations écarlates : comme ici, la structure hiérarchique de l'organisation reflète l'empilement des classes sociales les unes sur les autres.

Avec ses parenthèses et ses distorsions, ses droits-de-regards et ses entourloupes.

(Post scriptum : spéciale dédicace à Mehabel pour les noms d'Indiens qui déchirent ;-))

(Rouge post scriptum : rapport à mon précédent post, oui je sais les revenus du travail les revenus du capital tout ça... Les portes-monnaies les plus gras n'ont que peu de choses à voir avec la durée des études (capitaux familiaux, pousse-mousse financier), et indexer rigoureusement le niveau des revenus à la nature / durée (difficulté ? hum) des études de chacun représenterait déjà un progrès kangourou. Réaliser dans le texte la méritocratie véritable ? Sans doute l'aspiration de beaucoup de gens raisonnables. Je continue à trouver cela pas net.)

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 01 2008 12:37

Avant-hier au boulot une nana s'est lancée dans un exposé lyrique sur le thème du pouvoir d'achat. Ce qui m'a frappé, dans son discours, c'est qu'il occultait totalement la question des inégalités. C'était comme si, dans son esprit, "les gens" dans leur ensemble et en général n'avaient plus de sous (pour acheter des salades, elle tenait beaucoup aux salades je crois, pour le pouvoir d'achat ; moi je me disais qu'une salade ça ne nourrit pas sa femme - m'enfin). Comme si les méchants, c'étaient les supermarchés, et les victimes, les gens. Un peu comme dans ces pubs à la con des Mousquetaires de mes fesses et dans l'engagement politique et moral de Carrefour dans la lutte pour le... le quoi ?

Et j'ai pensé que c'était un peu l'image générale et brouillée que nous renvoient les médias, quand ils parlent du "pouvoir d'achat" - le prix des salades monte, mes amis, et les gens, dans la France, ils peuvent plus en acheter des salades. Les gens. Tous. (Ah les vilains vendeurs de salades.)

Hier, j'étais en grève et je suis allée manifester ; mais l'officiel de la lettre du motif ne me souriait pas beaucoup. Oui bien sûr je suis pour qu'on paie pluss une bonne partie des gens. Mais quand j'y réfléchis... Ce que je voudrais vraiment, ce n'est pas qu'on augmente le point d'indice pour la rémunération des fonctionnaires - pour que toute l'échelle jump en avant. C'est qu'on augmente le salaire des catégories C. Et qu'on augmente le SMIC, tiens. Nan ?

Tiens, même, parfois ça me fait bizarre quand j'entends "je gagne X par mois alors que j'ai fait X années d'études..." Evidemment je comprends l'idée générale hein - je suis pas totalement déphasée couillon, je comprends la rationalité interne de cette assertion qui se veut contradictoire - mais je la conteste, finalement. Ben oui. Tu as fait X années d'études, tu as de la chance. Ca te donne toute légitimité pour gagner décemment et correctement ta vie. Pour la vivre bien. Mais ça ne te donne pas plus de légitimité pour la vivre décemment que celui / celle qui n'en a pas fait. Des études.

Les études, en soi, c'est ni moins ni plus chouette que le travail (à 18 ans, à 14 ans) ; parfois, c'est un peu plus chouette tout de même - en quoi faire plus longtemps un truc plus chouette donne droit à plus de sous-chouettes pour une vie-chouette ?

Allez, vive le pouvoir d'achat de l'allocation universelle égale pour tous.

Nan ?

 

 

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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