blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

Jeudi 2 mars 2006 4 02 /03 /2006 09:33

 

 

  
 

 

Firmin descend l’escalier en bois de la maison de location. « Ca pue dans la salle de bain, c’est dégueulasse. » Bouche tordue en signe de dégoût. Quelqu’un (qui ?) en donne la raison. (Peut-être un lavabo bouché, une fenêtre ouverte sur un champs de purin, une bouteille de Destop en perdition. Je ne me rappelle plus.) (Une raison, en tout cas, qui n’avait rien à voir avec le corps de quiconque dans la maison). Firmin : « Je croyais qu’il y en avait une qui avait ses règles et qui avait mis ça dans la poubelle. »


 

  Neuf ans : je n’avais jamais eu de règles. Cela devait-il avoir une odeur ? Une odeur dégoûtante, pétrifiante, un odeur à vomir, une odeur de purin et de cheveux en décomposition dans un conduit de lavabo bouché ? Malaise. Je réponds à Firmin : une sorte d’amas de phrases avalées, sous des yeux noirs et un front plissé, à base de «  n’importe quoi je vois pas comment du sang ça peut puer ». (Car on parle de moi – personne ne le dit mais les gens savent : je suis un être à règles.) Clouage de bec par Firmin. Trois mots secs. Je n’ai pas à lui parler sur ce ton-là et si j’ai un problème je vais me calmer ailleurs.


 

  Des cris, des larmes, l’hystérie tambour battant. Les « aboiements ». Combien de fois mon père m’a-t-il demandé, de sa voix calme, lasse, d’« arrêter d’aboyer » ? Je lui répondais « je ne suis pas un chien ». C’étaient les jappements yorkshiresques, excessifs bourdonnants assommants - hystériques ridicules désespérés de l’impuissance. Celle qui n’arrive pas à trancher dans le vif, qui se sent écrasée sous la chaussure et veut protester.


 

 Le grotesque du jappement agressif ravalé, qu’on contrôle mal, les tremblements et déraillements dans la voix. Des larmes de rage qu’on n’arrive pas à apaiser. Les vagues tourbillons qu’on ne parvient pas à aplanir, mais ni ne donnent aucune force, aucune confiance, aucune stature pour poser sa voix, trouver ses mots, être écoutée, avoir raison.


 
  J’ai découvert bien plus tard qu’il y était des maisons dans lesquelles on laissait le paquet de vania pockets dans les chiottes de famille, en plein jour, au su et vu de tout le monde. Chez moi, on les planquait sous les lits. On gagnait les toilettes avec la vania pliée en huit au fond de la poche de son jean. La serviette sale, on la mettait à la place de la propre au fond de la poche, on sortait subrepticement des toilettes pour se faufiler l’air de rien dans la cuisine, d’un geste vif, rapide, discret, l’oreille alerte et l’œil à l’affût en direction de la porte – que personne ne rentre, personne ne voie, personne ne sache – on enfournait la serviette au fond de la poubelle, sous un paquet de détritus, que surtout personne ne la voie dépasser. Planquée. L’impression d’avoir fait une putrescente faute. Honte.

 


 

 

 

 Extrait de l'ouvrage du Dalai Lama,

 

  "Comme la lumière avec la flamme":

 

 

"L'attirance pour une femme vient surtout
De la pensée que son corps est pur
Mais il n'y a rien de pur
Dans le corps d'une femme

 

De même qu'un vase décoré rempli d'ordures
Peut plaire aux idiots
De même l'ignorant, l'insensé
Et le mondain désire les femmes.

 

La cité abjecte du corps
Avec ses trous excrétant les éléments,
Est appelée par les stupides
Un objet de plaisir."

 

 

 

 

Par Ox - Publié dans : Les dents du féminisme.
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