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La Capuche

  • : le bonhomme capuche
  • : Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
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Dans Le Fond De Ma Capuche

18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 18:53
L'autre matin j'ai franchement halluciné - j'aurais avalé de travers, je m'en serais étouffée toute cuite, n'avais-je été en petit short à faire semblant de me bicepser sur une machine mécanique.

C'est mon vice ridicule : être inscrite dans une salle de gym ; j'y vais avec Copine ex-collègue - Goliath - avec son grand coeur et tous ces côtés (et ses milieux) qui la font ressembler à un ouragan vivant ; d'habitude je fais du vélo-qui-n'avance-pas, du tapis-de-course-qui-n'avance-pas ; je vais aussi avec Goliath (ça lui va bien) aux cours où on se tire dans tous les sens sous tous les axes comme un chewing-gum (stretching, qu'y appellent ça) - et quand ça me prend, juste pour rigoler, je descends dans la salle aux accessoires, faire semblant de soulever des trucs et des machins en fonte.
Pas trop j'y vais hein, je reste quand même une belle chaussette molle.
Mais des fois - pour papoter quoi, comme toute Ox qui se respecte. Raconter ma vie. (Ecouter les flots de Copine aussi. Des flots qu'on sait pas trop comment endiguer parfois. Alors on n'endigue pas.)

Et là, l'autre matin, j'étais sur le petit caroussel où on fait semblant de se muscler le dedans de ses cuisses de batraciens. A ma droite, une dame. A ma gauche, une dame. Entre 45 et 55 ans, toutes les deux ; l'une blonde péroxydée, le visage enduit de sa couche de fond de teint bien coriace - le genre que j'aurais pas trop envie, a priori comme ça à vue de nez, que ça soit ma copine - mais faut pas préjuger - l'autre une tête à être ma gentille tante, ma collègue à la cool, une bonne tête sympa, sous ses cheveux coupés courts.

La salle était pleine de gens, assis, debouts, comme elles et comme moi, vaquant à leurs absurdités organiques.
Un silence habité par le petit grincement huileux des machines et la respiration de deux trois messieurs Propres qui se la jouaient Popeye.
Quand je me suis assise sur le siège noir les deux susdites étaient en train de papoter - des connaissances de club de gym, il m'a semblé, pas à proprement parler des copines. J'arrive au milieu de la conversation. Elles parlaient comme on parle météo - "quel mois d'avril pourri, tout de même, j'espère que l'été sera mieux" - sauf qu'elles parlaient pas météo - je m'assois (la tête enfarinée) et j'entends -
"l'autre jour quand je suis montée dans le RER on pouvait nous compter" -

C'est étrange, parce que cette phrase aurait pu vouloir dire n'importe quoi - alors pourquoi, immédiatement, ai-je pensé qu'elle signifiait ça ? Et en même temps je me disais - "non attends c'est pas dieu possible"

"- ah mais ça c'est terrible à Paris maintenant yen a de plus en plus !
- et à trois heures de l'après-midi en plus, on se demande quand ils travaillent...
- et ça se reproduit ça se reproduit...
- bah ça avec les allocations ils peuvent y aller !
- mais bientôt yaura plus que ça..."

On n'entendait qu'elles, dans toute la salle, avec moi au milieu ; j'ouvrais des yeux comme des soucoupes, j'ai cherché le regard d'autres personnes, autour, juste histoire de partager mon sentiment d'aberration, je savais pas si je devais parler, dire quelque chose ; au bout d'un moment je me suis levée et je suis juste allée trouver Goliath là haut - Rayé m'a dit que j'aurais dû leur dire, un truc, n'importe quoi, genre - ce que vous dites tombe sous le coup de la loi incitation à la haine raciale et si vous continuez...

Je sais qu'il y a des gens racistes en France hein, d'un racisme bien crasse, à la pelle, mais je ne pensais pas qu'on pouvait (encore ?) exprimer comme ça avec tant de désinvolture, dans un lieu public - ou du moins au milieu de plein de gens inconnus - de telles horreurs -

Leurs paroles leur semblent-elles aussi banales et ordinaires, propres à rencontrer l'assentiment mou autour d'elles, qu'elles peuvent les faire entendre comme on parle salades ou quiches aux poireaux ?


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