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La Capuche

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Dans Le Fond De Ma Capuche

16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 10:48


Où je reviens sur l'image de la bibliothécaire.
Bibliothécaire, instit, deux professions très largement féminines, associées (me semble-t-il) à peu près aux mêmes imaginaires : celle de la vieille fille, pour le dire vite ; la femme raidie, les petites lunettes, le chignon, la jupe droite, la voix sèche.
Il y a d'autres métiers presque exclusivement exercés par des femmes - les métiers du care, on va dire (pourtant dans les bib on care rien du tout - enfin, pas tant) : dames des crèches, nounous, infirmières, sages-femmes, aides-soignantes...
Mais peut-être (je conjecture) que la particularité de ces deux là, bibliothécaire et instit, c'est d'être plus qualifiés.

Je me suis déjà demandée pourquoi ces deux figures-là étaient si fortement associées à ce cliché à deux balles - et y compris parmi nous ! combien de fois j'ai entendu dans ma bib qu'une telle faisait "vieille instit"...

Sans doute, me suis-je répondue, parce que ce sont deux figures de la femme indépendante : les premiers métiers que des femmes ont pu exercer, et grâce auxquels, donc, elles ont pu accéder à l'autonomie financière. Deux des premiers métiers qu'elles pouvaient pratiquer sans trop faire de vagues, des métiers "acceptables" pour une femme.

Et deux métiers un peu qualifiés : qui, par conséquent, les détachaient (un petit peu) de leur simple être, qui étaient un tout petit peu plus que l'émanation naturelle de leur être de femme (quand une femme exerce le métier d'assistante maternelle, elle n'exerce pas vraiment une activité professionnelle : elle ne fait que garder des enfants, ce que fait et sait faire naturellement n'importe quelle femme).

Une femme seule (ou du moins qui peut être seule, qui en a les moyens) c'est nécessairement une femme aigrie (figure de la mal-baisée) : une femme à qui il manque quelque chose, qui n'est pas accomplie. Ou : ce n'est pas vraiment une femme - elle n'est pas féminine - elle est donc sèche, raide, autoritaire. Elle n'arbore aucun des attributs féminins : elle porte donc le chignon. (Et les lunettes : marque de l'intellectuelle. Une femme qui pense n'est pas une femme désirable.)

La figure de la bibliothécaire fait une apparition rigolote dans le film "La vie est belle" de Frank Capra.
Connaissez ce film ?
Grâce à l'intervention d'un ange, le personnage de James Stewart découvre une version alternative du monde : le monde tel qu'il serait si lui, Georges Bailey, n'avait jamais existé. Version totalement ratée : tout le monde est malheureux.
Et celle qui est, dans la version "avec", l'épouse de Georges - mère de nombreux enfants, et femme au foyer bien sûr (enfin on est dans l'amérique des années 1940, tout de même...) devient dans la version ratée "sans", je vous le donne en mille....
célibataire et bibliothécaire bien sûr !
Dans le film, cette situation est présentée comme véritablement navrante ;-)

(Pas pour "dénoncer" ou quoi, le film est chouette, et encore une fois on est en 1945, mais ça m'avait paru franchement rigolo quand je l'avais vu.)

On pourrait dire que l'autonomie possible des femmes les désexualise - mais bon, si on "désexualise", c'est uniquement par rapport à une sexualité "pour"  - sexuelles pour (les hommes), sexualisées par (les hommes)...

Je cherche la porte de sortie qui ne fera de moi ni un être sexuel pour ni une chose désexualisée pour / par....
... avis de recherche : perdu - centre de gravité.

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commentaires

mebahel 24/05/2009 11:42

Tiens, je suis en train de relire 'Le masculin le sexuel et le politique' d'A.Le Bras-Chopard, et voici ce qu'elle cite p147:"Un certain Bonnefoy, en apparence favorable au travail de femmes, publie en 1914 un ouvrage intitulé Place aux femmes.Les carrières féminines administratices et libérales. Voici ce qu'il écrit au sujet du métier de bibliothécaire:«L'homme n'y a pas sa place: c'est une science qui est servante des autres sciences. Ce rôle subordonné convient mal à la fierté naturelle de l'homme.La femme ne s'y sentirait pas humiliée de servir, de jouer à la bibliothèque le rôle qu'elle joue dans son ménage.»Miam, ça donne envie, hein?

mebahel 19/05/2009 21:07

Mademoiselle= encore une manière de décrédibiliser une femme (et de la resexualiser, des fois qu'on aurait oublié) et son éventuel savoir.ca doit être horripilant!

Ox 18/05/2009 09:49

Merci pour ces précisions Mehabel ! nous en plus dans notre grosse bib-supermarket on colle très bien au décor : au prêt on fait très caissières, au renseignement on fait hôtesses ; quand on range les gens adore nous héler de l'autre bout de la salle à coups de "mademoiselle ! mademoiselle !" .....

mebahel 17/05/2009 23:06

Pour les bib je sais aps mais pour les zinstits, initialement, les laïques reprenaient le même rôle que les religieuses, donc étaient censées être dans la 'vocation', et l'enseignement n'était pas mixte, puis quand il le fut, les femmes devaient s'adresser aux 'eptites classes'...L'idéal républicain souhaitant que madame instit ait les petites classes et monsieur son mari instit les suivantes.Sauf que justement, avoir un salaire c'était aussi pouvoir garder une indépendance: les célibataires c'est contre nature donc c'est censé être une nature particulière de femme ratée.Quoi que fasse une femme elle est sexualisée.Coeur corps care, les 3 C qui caractérisent lesa ctivités dévolues aux femmes...où est le livre là dedans?Ben une bib se met au service de.Au service de ceux (ceux!) qui vienne acquérir du savoir, et s'en servir eux!(quand i ls'agit des rayons enfants hein, c'est tout aussi flagrant)La bib c'est la petite main, invisible, sans gloire et si elle connait le contenu des livres, elle n'a pas les neurones pour en faire qqchose, sinon elle serait pas là...Au service de= du care.bon c'est le vrac mon comm...