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La Capuche

  • : le bonhomme capuche
  • : Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
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Dans Le Fond De Ma Capuche

28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 21:40
Je rentre d'un aprem thé-blabla chez Perle Abricot. Je la connais pas très bien, et depuis peu de temps ; mais j'ai beaucoup d'affection pour elle (ça fait bête ça, comme formulation ?) - enfin je l'aime beaucoup quoi ; toute petite bonne femme, haute comme une pomme, menue comme un moineau, avec ses mots lents qu'elle articule comme une chanson ; presque toujours souriante, avec des trucs rigolos au bout des poignets, des chevilles et dans le dos - des papillons accrochés, des coccinelles, des étoiles.
Je ne suis pas très spontanée encore avec elle - je ne sais pas si je le serai jamais - mais je m'essaie.

Je me sentais un peu balourde. Je ne savais pas trop où me caser, au début, ni où caser mes sujets de conversations. Et puis ça s'est calé, petit petit, comme un ruisseau, ça a trouvé son lit - la conversation et tout ça....

Et puis il a fallu que ça arrive. Que je le fasse.
Pas grand chose hein, pas bien grave - pas un drame.

Mais qui me laisse, finalement, avec un caillou dans ma chaussure.
L'impression d'avoir merdé - l'impression, aussi, de ne pas tout comprendre.
Voilà, j'ai sorti ma tirade féministe.

De toutes façons, elle le savait hein, je suis déjà étiquetée ; je le vis bien d'ailleurs - mon auto-collant sur le front : asticot hystérique. Alors j'y suis allée franco - quoi, je dis ce que j'ai au fond des tripes.
On parlait des contes. Perle Rose s'occupe du fonds des contes dans ma bibliothèque. On parlait de Walt Disney puis on en est venus aux contes. Perrault, Grimm, tout ça... et l'immense océan des contes tradionnels, du folklore de tous les pays, de la tradition orale.
Et voilà j'ai dit que souvent je trouvais les contes très réac. Et puis : très sexistes. Elle me demande pourquoi et hop je sors mes petits arguments par le menu. Je dis que j'ai beaucoup de mal avec le discours qui veut que "les contes soient essentiels au développement des enfants, qu'ils les aident à grandir", et que si j'avais une petite fille je ne lui lirais pas ces contes. Je dis que très souvent les personnages féminins ne sont caractérisés que par leur beauté / laideur, que souvent elles sont réduites au statut d'objets de transaction entre les hommes (la fille du roi qu'on obtient si...), qu'elles sont fréquemment passives, etc.

Bouclier tout droit.
Tension.
Mon dos se raidit et je le sens, mes doigts tremblent imperceptiblement.

On va au conflit, euphémisé pour faire bonne figure, on reste amènes quoique raides.
Elle me dit que c'est très caricatural, ce que je dis. Le ton est sec et d'une conviction blanche.

J'essaie de surnager et je patauge ; on récupère le morceau, toutes les deux, après quelques minutes de cafouillage, et on réussit à repartir comme si de rien, pasque c'est elle, et qu'elle n'est pas du genre - pas une feuille de violence à l'intérieur.

Mais je me demande : est-ce que c'est le ton que j'emploie qui agresse ? est-ce ce que je dis ?
Pourquoi j'ai cette impression que mes propos la gênent - l'agressent, en fait ?

Pourquoi me renvoie-t-on que je suis caricaturale, que mes propos sont caricaturaux - quand je dis "souvent", "la plupart" - et n'est-ce pas vrai, ce que je dis ? Quand, enfin, c'est le monde, alors, qui est cette caricature !

Même mécanisme que pour "Marre du rose" - la critique du système sexiste est accusée de faire dans le cliché et la caricature. Parce que j'isole et mets en pleine lumière ce qui d'ordinaire est voilé, nuancé, noyé, mais bien là, on m'accuse de caricaturer. Certes en général ça ne se soit pas autant, et c'est parce que je chausse mes lunettes "grille anti-sexiste" que je vois, mais ce n'est pas parce qu'on ne voit pas que ça n'agit pas, au contraire. C'est là les nanas, c'est là.
J'en rajoute ? On dirait presque, parfois, à les entendre (pardon pour le "les" englobant un peu nul), que c'est moi qui créé ces sales trucs. En en parlant je les invente, il suffirait de sourire et faire comme si de rien, chanter la belle richesse de la vie, pour que ça n'existe plus.
"Ca", toutes ces femmes à gagner comme un premier prix du loto ; "ça", ces princesses belles comme le jour qui font tapisserie ; "ça", le petit chaperon rouge à qui l'on inculque la peur du loup tout comme ici et pour cela.

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commentaires

denis 30/05/2009 21:07

Et que dire quand c'est utilisé à des fins lucratifs comme ici: http://www.sixt.fr/oui-nous-louons-aussi-aux-femmes

mebahel 30/05/2009 07:28

T'inquièetes ,c'est pareil sur les forums du net: c'est donc pas le ton ni toi, c'est bien le sujet.Le simple fait de pointer le sexisme remet en cause un système de pensée, donc tous les mcanismes de défense contre se mettent en branle (haha) et les attributions (de personnalité, comportementales causalités etc) qu'on impute aux tenantes du féminisme aussi.Alors tu peux en causer comme tu veux, de toute façon, c'est d'abord toi qui seras remise en cause, que ton discours soit ou non logique et argumenté.