Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

La Capuche

  • : le bonhomme capuche
  • : Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
  • Contact

 

blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

une tasse de thé ?

Bienvenue sur mon blog !




 

Dans Le Fond De Ma Capuche

22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 16:27
Mon père, il trempe sévère dans le sexisme - ouhla, ya pire, évidemment, ya pire...
N'empêche. Mon père, des fois, il frisotte la misogynie. Il eut frisé.
Il me les frise - il me les brise, des fois, des fois....

Hier, échange de mails entre lui et moi. On reste bonzamis. On "débat". (Si.)
Lui, content, la sensation d'avoir progressé, échangé, dans la confiance, sans aménité.
Moi : urticaire. Ca me gratte, ça me mange et me démange les cellules de la tête, de l'humeur, la peau du jour.
Ca m'énerve.

Pourquoi je dis que mon père trempe dedans ?
La façon dont il a toujours sexualisé les femmes, toutes les femmes, son regard sexuel - sexualisant - hétéronormé - masculin - chosifiant. Les commentaires qu'il ne cessait de faire - sur les femmes à la télé, dans la rue. (Souvenirs : on était abonnés au câble dans notre maison de 11 ans, il adorait regarder les défilés de mode, lui ma soeur moi devant la télé, et festival de remarques sur la plastique des nanas (les jambes en particulier : ah l'érotisme des jambes....) - ma soeur et moi, dans la gêne, un agacement, le sentiment diffus et confus qu'une violence nous était faite là, à nous).
Des femmes objectivées (par l'Art) sur tous nos murs.
De temps à autres, on essayait de lui faire comprendre que ce regard dont il nous faisait en permanence les témoins nous visait nous aussi, virtuellement, en tant que femmes : que sans le réaliser clairement, il parlait aussi de nous quand par son regard et ses mots il dépiéçait les nanas comme des poulets. Il ne l'a jamais compris.

Ensuite : la façon dont il use et abuse de l'adjectif "féminin", comme synonyme de tout ce qui est beaubienbon pour une femme, et plus généralement, dont il blinde l'imprenable barricade, le fossé aux crocodiles qui sépare les femmes des hommes - pardon : laFâme de l'Homme. Et, partant, la ribambelle d'attributs qu'il fourre dans les bras de lavraiefemme ou labellefemme, ribambelle mâtinée de ses habitus de classe.... fine, élégante, raffinée, discrète, nature, bliblablou.

Mon père, il voue un culte à l'art du milieu. Ni trop ni trop. AHHHHhhhhh, la juste mesure....

Mon père, il me prend depuis des années pour une hystérique. Je pense qu'il pense que depuis quelques temps, je deviens plus raisonnable. Je me calme. (En vérité je ne deviens rien du tout, j'ai juste jeté l'éponge à bon escient. La rage ne sert de rien contre un moulin à vent.)

Pour lui, je suis une romantique exaltée. Une extrêmiste. Un peu ridicule. Je pense en noir et blanc. Je n'ai aucune nuance. (Mon père, il vomit les années 70 et les gauchistes.)

Son grand truc, quand il est question de rapports de genre, c'est que les femmes sont complices, participent, le veulent bien - et attention il a plein d'exemples à nous donner.
La servitude volontaire - grande foutaise que cette théorie aérophage...

Les exemples irréfutables auxquels il s'accroche comme une moule :

1. son expérience, quand il était DRH - directeur du personnel dans une caisse de sécurité sociale.
Il t'explique - il l'a vu de ses yeux vu : quand il proposait des promotions à des femmes, souvent elles les refusaient, invoquant les charges à la maison, les enfants à s'occuper, etc. Donc : c'est bien elles qui ne veulent pas, qui se freinent d'elles-mêmes - elles sont responsables de leur situation d'éternelles subordonnées.

2. ma tante : j'ai eu droit un jour à un discours virulent sur sa petite personne - la femme du frère de mon papa. Qui a fait des études et avait un emploi quand mon oncle l'a rencontrée. Qui a arrêté de travailler quand elle a eu le premier de ses deux fils. Qui n'a jamais repris d'activité professionnelle. Qui s'est toujours occupé des gamins, de la maison, du ménage de la bouffe de tout ; avec un mari et deux fils yavait de grandes chances pour qu'elle soit pas bien aidée - de fait elle ne l'est pas. Mon père est outré qu'elle n'ait pas recommencé à travailler ; c'est une évidence : elle aurait pu, elle aurait dû, tout en aurait été transformé ; c'est sa faute. Et surtout : l'aigreur qu'elle peut parfois exprimer - devant le vide de sa vie, devant l'ennui qu'elle ressent, devant la passivité ménagère de ses hommes, tout cela est insupportable à mon père - puisqu'elle en est responsable !

3. un livre (l'a-t-il lu en entier ? sais pas) : l'Injustice ménagère, de François de Singly ; à force de m'en faire asséner des coups de massue, de ce bouquin, je vais finir par le lire en vrai ; mais a priori comme ça je n'en ressens même pas le besoin - pas besoin pour comprendre à quel point mon père le comprend mal.
La thèse qu'arbore mon père comme un étendard (je ne sais même pas si c'est la thèse principale ou centrale du bouquin, m'enfin c'est en tout état de cause l'une de thèses du bouquin) : les femmes et les hommes n'ont pas la même notion du propre et du sale, et pas le même seuil de tolérance. Donc quand des mecs font le ménage, les nanas trouvent que c'est toujours crado. So : soit elles repassent systémétiquement derrière et au final bossent toujours autant, soit au bout d'un moment elles disent au gars "vas-y laisse tomber vas jouer et laisse-moi faire tu fais ça comme un porchiot."
Situation que, pour ma part, je juge tout à fait vraisemblable, et sinon générale, du moins assez fréquente - je veux bien le croire, aucune objection.
Mais de la description de cet état de fait, mon père induit : donc c'est leur faute. Donc elles participent. Donc elles ont une part de responsabilité et tout n'est pas si simple et c'est pas noir et blanc et papati et patatouf et.....

Niveau zéro de la compréhension sociologique.

Devant toute assertion féministe mon père contre-attaque à base de "c'est pas si simple que ça !"
AHhhh la complexité du réel a bon dos...
Et moi, je me dis que c'est plutôt à lui qu'il faut expliquer que "tout n'est pas si simple"....

Qu'être féministe, ce n'est pas penser que les femmes sont les gentilles et les hommes les méchants et c'est tout....
Qu'on a un tout petit peu plus élaboré, comme concepts, pour penser le réel...

Partager cet article

Repost 0

commentaires