Vendredi 24 juillet 2009
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17:31
Samedi dernier, il m'envoie un petit mail - le pauvre, m'a dit Rayé, il pensait bien faire, il te l'a envoyé tout exprès parce qu'il sait que ces questions t'intéressent...
C'est vrai, il ne pensait pas du tout me provoquer. Il pensait que je serais toute d'accord et que j'abonderais dans son sens... Il voulait être sympa.
Le mail :
Echange entendu entre deux jeunes femmes, au theatre...
- "Nous partons avec des amis, nous serons 16 !"
- "Et bien tu vas passer tes vacances a faire la bouffe ! "
- "Non, car nous serons neuf filles..."
Et surtout, le titre :
"Auto-sexisme ordinaire"
Alors moi, ça m'a piqué, j'ai pas pu me retenir ; avec les épines, je lui réponds :
salut !
je ne sais pas bien ce que tu entends par "auto-sexime", mais si ça veut dire qu'elles se mettent elles-mêmes et de leur plein gré dans cette situation, nous ne sommes pas d'accord ! je n'ai
aucune affinité avec les théories de la "servitude volontaire", démentie théoriquement et surtout pratiquement par de nombreux-ses sociologues et anthropologues....
Et puis juste après, parce que j'avais fait lire son mail à Rayé, et qu'il m'avait lui-même fait cette réflexion :
en plus ce petit dialogue montre plutôt du cynisme, une conscience claire de la situation (inégale), et le fait
d'être désabusées : elles savent bien que de toutes façons les hommes ne vont rien faire et que ça va leur revenir à elles ;
la conscience que si elles veulent maintenir leur vie de couple, et faire ce genre de trucs (partir en groupe d'amis), elles sont obligées de faire ce genre de concessions / renoncements ;
à méditer : "céder n'est pas consentir" !!!
(Nicole-Claude Mathieu)
qui s'applique à toutes sortes de situations très variées...
Et lui, alors :
Belle formule, a laquelle j'adhere. Mais j'adhere moins par experience aux theses noir/blanc ; le reel n'est tt de
meme jamais si simple selon moi.
Ainsi es-tu si sure qu'elles ne peuvent pas ou jamais inverser le cours des choses, en finesse ou fermement ?
Et ne crois-tu pas que dans certains cas, elles y trouvent leur intérêt : as-tu lu par exemple les travaux des sociologues comme Francois de Singly, qui est tout sauf un reactionnaire ou un
machiste... [blabli]
De même certaines femmes "accaparent" les enfants, et ce jeu trouble entre la perception de son intérêt et la domination soft (ou hard) me semble exclure les explications
tranchees...
Bé du coup, on est partis hein, on s'arrête plus ! moi, je lui réponds !
Pourquoi utiliser tous ces mots, "tranché", "noir/blanc", "simple", alors que rien (il me semble) dans ce que j'ai
écrit ne va dans ce sens ?.... procès d'intention ?
Nicole-Claude Mathieu (par exemple, puisque c'est elle que je cite), pour être féministe (et anthropologue de renom) est tout sauf simpliste ! ses travaux sont extrêmement subtils, puissants,
fouillés, etc.
ce que tu évoques va effectivement dans le sens d'une complexité (le réel est infiniment complexe), parce que le processus de domination / aliénation (comme on voudra bien le nommer) est
extrêmement complexe : les deux groupes ne sont pas des groupes "homogènes", ils sont traversés et divisés par d'autres rapports (de classes, de races, etc.), il y a des résistances, les dominés
se sont jamais totalement écrasés, anéantis, il y a des espaces de liberté, des degrés, des moyens de tirer parti de tel ou tel aspect de la domination, des alliances qui se forment, etc etc
mais la prise en compte de cette complexité ne doit jamais conduire, selon moi, à remettre en compte la réalité de la domination / aliénation.
"es-tu si sûre qu'elles ne peuvent jamais inverser le cours des choses" - hé ! et qui c'est qui a conquis, arraché tout ce qu'on a aujourd'hui !?!! les femmes, et les féministes, majoritairement
femmes !! évidemment qu'elles peuvent agir !
est-ce à dire que, du coup, tout ce à quoi elles consentent, et celles qui consentent, c'est vraiment parce qu'elles le veulent bien, totalement, entièrement ? que du coup elles en seraient
"complices" ?... c'est plus compliqué.
déjà parce qu'en plus du rapport de force direct (je veux forcer mon mari à faire telle chose, j'ai tel et tel moyen), il a le conditionnement social (puissant) ; je connais les travaux de de
Singly - je ne crois pas qu'il entende montrer, par ses enquêtes, que ces femmes choisissent en toute liberté et de bon coeur d'avoir la charge du ménage !
ne pas avoir la même notion du sale et du propre : c'est bien la marque d'un conditionnement social sexuellement différencié - c'est du bourdieu...
(il y a des femmes qui ont un comportement et des jugements éminemment sexistes, qui condamnent d'autres femmes, etc. - le système de domination, ou le rapport de "genre", conditionne tout autant
les femmes que les hommes ! la virilité est construite, la féminité est construite, on est tous pris dedans... et même le rapport qu'une femme a a soi-même est construit là-dedans : on ne veut
pas toujours consciemment son propre bien ! :p)
"y trouver son intérêt", c'est effectivement l'une des dimensions de la complexité de tout rapport de domination : comme tu dis, rien n'est tout noir / tout blanc ; par exemple ces nanas qui
partent en vacances à 19 peuvent profiter de moments "entre femmes" quand elles font la cuisine et y prendre plaisir [de la même façon que la division des tâches et des espaces, quand elle est
très marquée, permet au groupe des femmes de jouir d'un espace de liberté, en dehors du regard - et de la domination - des hommes].
c'est aussi une forme de résistance, "trouver son intérêt"
- ou plutôt : y trouver un intérêt ! car ça ne veut pas dire que, du coup, ces personnes trouvent ça en soi mieux et y
consentent, en toute liberté !
Il m'a répondu une dernière fois - une dernière fois parce que j'ai fait une crise d'urticaire, là, et j'ai arrêté ce jeu vain et stupide (nanmé).
Il ne me semble pas - une fois qu'on a "objective" comme tu dis ce que chacun fait ou ne fait pas - qu'il faille
necessairement un partage equivalent de tout... Ce qui a mes yeux compte, c'est la conscience, ensuite le dialogue (ou le debat !), et enfin la capacite d'accords equilibres ou "d'accomodements
raisonnables" (comme disent les Quebequois), et apprecies comme tels par chacun, en fonction de ses gouts. L'essentiel, c'est la lucidite et un equilibre global du chiant/pas chiant, mais tel que
percu differemment par l'un et l'autre.
En effet, on est toujours conditionne, et même quand on le sait on ne perd pas pour autant sa structure de gouts et de comportements, en tous cas pas completement et pas totalement. Encore une
fois, l'essentiel c'est de n'etre jamais une victime, même consentante...
Par ailleurs, sous la domination globale ("systemique") masculine, dont bien sur je conviens, je connais par experience personnelle mille dominations feminines. Comme disent les polititistes, la
"force du faible" est toujours redoutable...
et moi, je reste avec mon urticaire. C'est malin.

(je sais pas bien ce que c'est que ce smiley mais yapa de smiley qui se gratte)
(c'est mal fait tout de même...)
blame the victim
et il rationnalise dessus, comme plein de masculinistes.
Il oublie commodémenbt que l'être humain cherche d'abord et avant tout une identité personnelle et sociale et que pour l'obtenir, lorsque l'estime de soi est dans els chaussettes et surtout qu'on t'a appris dès le berceau que celle ci ne peut être que dépendante (et identité sciales avec) de l'autre (l'autre sexe), bn pour l'obtenir, pour avoir un peu de consistance entre tes actes et tes attitudes (encore de la socio ca) ben tu modifies non tes actes mais tes attitudes, car tes actes sont trop définitivement engageants (théorie du même nom), et te qualifgient aux yeux des autres et à te spropres yeux trop définitivement pour pouvoir chantger de jeu/masque/rôl de façon confortable.
Concrètment: je veux bien jouer à la fâmfâmfâm, à la mère, à l'instit, mais si je veux aussi jouer à l'indépendante, il faut que je me justifie tout le temps et c'est parfois plus coûteux (en énergie psychique, en dépense relationnelle etc) que d'accepter de jouer le féminin voire d'y adhérer.
Se battre tous les jours pour tout comportement c'est fa-ti-gant et ingrat car le feed back est rarement positif.
Surtout quand on se bat contre un système entgier, pas uniquement contre des personnes, et quand aussi la première personne vers laquelle nos comportements sont envoyés est notre compagnon/conjoint et par suite les très proches, ceux donc, qui envoient au premier chef notre sentiement d'existence positif.
Autant dire que l'ardoise ne s'efface jamais, ou presque.
Et que de toute façon, le syndrome de stockholm est super efficace chez els femmes, massif et insituté comme il est, car c'est aussi de cela qu'il s'agit.
Aprs, c'est clair que ton pôpa a plein de culture.
C'est tout le pbme d'ailleurs, écraser qqun avec ses arguments d'autorité ou de raisonnement (la rhétorique, piège de toutes celles et tous ceux qui ne savent pas la manier, dont je suis), pour un obsessionnel et qui a besoin de son petit pouvoir, c'est assez facile et jouissif (pas forcément consciemment).
Dans ce genre de cas qu'on peut très viter repérer: fuir, car on perd son temps :-)