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La Capuche

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Dans Le Fond De Ma Capuche

30 août 2009 7 30 /08 /août /2009 11:59
Ce matin dans la rue j'ai vu une petite souris. Brune. Trop mignonne. Ramassée en boule sur le trottoir, lorgnant un trou dans le mur, avec ses petites pattes avant relevées sous les moustaches, comme un écureuil.

J'attrape un deuxième article du Monde et je le glisse sous mes moustaches.
"Homo eroticus. Pourquoi un homme plaît à une femme et inversement ?"
Là, je ne sais trop quoi écrire. Mes moustaches se frisent, je ne suis d'accord avec rien ou presque de tout ce qui est écrit ici. Une grande fatigue m'envahit - mais c'est peut-être parce que je me suis couchée trop tard...
(Mes moustaches tombent.)

D'abord, ce truc de "que regardez-vous en premier chez un homme / une femme qui vous plaît" : dans ce grand retour au (retour ? en tout cas cette vogue du) naturel / biologique / "expliquons tout par l'animal", + "mettons les pieds dans le plat ahaha vous voulez pas l'admettre, hein ?", forcément, leur réponse obligatoire, c'est "les fesses", "les seins", et même "le sexe" (alors là regarder le sexe d'un mec (à travers son pantalon voulez dire ?... lorgner et évaluer la taille de la p'tite bosse ?) désolée mais ça m'est franchement jamais arrivé ni même passé par la tête).....
Bon.
Evidemment quand un homme me plaît (en général d'ailleurs ce n'est pas du premier abord, d'abord je le vois comme personne, puis pote, et un déclic se fait où je l'envisage aussi comme "corps", comme sexualisé on va dire) je regarde aussi ses fesses ; mais regarder d'abord son cul comme centre de l'attention là, là... ça me laisse pantoise.

(Cet article me fait l'effet de deux ados mâles de 14 ans en train de se vanner à coups de grands coups de coudes dans les côtes et rires gras.)

Et puis cet éternel parallèle, bizarre : au sexe de l'homme correspondent les seins de la femme. Toujours.
Elle a pas un sexe aussi la femme ?

Que dire de ce paragraphe - rien, rien ne me vient, j'ai juste envie de me pencher pour ramasser mes bras (mais pas trop bas parce que je suis fatiguée aujourd'hui...) :
"Gros seins, grand pénis : et si tout, ou presque, venait de là ? Car l'évolution, en accentuant d'une part la différence morphologique entre les deux genres, en dissociant d'autre part la fonction reproductrice et l'activité sexuelle, a fait bien plus que dresser notre espèce sur ses deux pattes arrière. Comme l'explique Pascal Picq, anthropologue au Collège de France, elle a ouvert la voie au sentiment amoureux. Et même à la culture."

Evidemment je n'ai pas lu ce Pascal Picq et je ne saurais jurer de rien - vu la manie névrotique des journalistes de passer à la petite moulinette électrique les pensées des gens, pour en faire de la bouillie non comestible.
Certainement, le Pascal dit des choses bien plus intelligentes, et plus subtiles ( ? ).
Je cherche son joli patronyme sur la toile d'araignée.

Le Pascal est, plus précisément, "paléoanthropologue". Par sa formation et son cursus universitaire il s'incrit plus dans les sciences dures que dans les sciences humaines et sociales (maîtrise de physique théorique, membre de la société de biomécanique, certificat de... oups ! "anthropologie physique"... ? mais c'est pas joli ça... ?)

Faut dire, dans cet article du monde, les arguments sont tellement pas des arguments, et le " " "raisonnement " " " tellement... pas un raisonnement.

EH, LES GENS,
il faut culturiser le zizi sexuel et non pas le naturaliser !
il ne faut pas faire du sexe le paradigme du naturel et de l'animal pour ensuite en faire découler tout le reste, et s'exclamer tout content : "tout vient de là ! tout est parti de la bite ! nous sommes des chimpanzés pleins d'hormones !"
(et d'abord les chimpanzés non plus ne sont pas du naturel brut... cf le gars Dominique Lestel par exemple, qui nage à contre-courant du torrent à bulles habituel : au lieu de nous comparer (humains) aux animaux pour s'écrier : "ah ! nous sommes des biologiques de la nature !" il éclaire les zones informées par la culture dans la vie des animaux - non le fossé entre l'humain et l'animal n'est pas si profond, mais pas dans le sens avec lequel on veut toujours nous assommer).
La sexualité n'est pas du donné naturel - tout le contraire -

Il est idiot de vouloir expliquer l'humain et le monde par la sexualité quand l'humain et le monde - enfin, la culture, quoi - informe la sexualité des gens - des différents gens ;

Cette "théorie" réduit toute sexualité à la sexualité hétérosexuelle (zappant l'homo mais aussi l'égosexuelle - je milite pour la reconnaissance de la solisexualité comme pays à part entière du continent.... ;p)
et cette manie de "tout" vouloir expliquer par la sexualité, elle devient quoi s'il n'y a pas de sexualité dans la vie des gens, en tout cas pas comme pensée là ? bé oui yen a plein des gens, yen a toujours eu dans l'histoire, qui n'ont pas de vie sexuelle pensée traditionnellement comme copulation régulière....

(Ca me fait penser à tout ce blabla sur l'irrrrrrrrrrrrrrrrrrrrréductible différence essentielle qui reste toujours entre les hommes et les femmes - quand on a argué et convaincu sur les qualités / caractères différenciés, il reste toujours /souvent cette petite noisette qui résiste : ah mais non mais faut pas allez trop loin tout de même, yaura toujours un vécu différent. Ca pourra jamais être pareil. Yaura toujours des choses que les femmes pourront vivre et pas les hommes et inversement. Et de viser : la grossesse (et tout son attirail d'enfantement), et  (parfois aussi) (le vécu dans) la copulation.
Comme si une nana qui n'avait pas d'enfant et pas de relation sexuelle n'était pas une femme, ne vivait pas comme femme !

Et qu'a-t-on gagné quand on a dit : "notre humanité vient du fonctionnement de nos organes sexuels" ? Qu'a-t-on expliqué au juste ? Ca peut juste paraître astucieux, malin, peut-être brillant  (???) - choquant ? audacieux ? - ça peut plaire ; mais n'est-ce pas seulement un effroyable réductionnisme ?
Tout juste bon à servir de blague astrapi.

Et Rayé de me dire : "t'énerve donc pô comme ça.... de toute façon, les explications du social qui puisent dans le biologique, c'est un puits sans fond de conneries, pensées dites et écrites..."

Et de reconnaître que c'est bien dommage, tout de même, que lorsqu'une journaliste d'un  GR - Grand Journal - veut écrire un article sur le sexe, elle ait ce réflexe de se tourner d'abord vers la théorie biologisante naturaliste....

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