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La Capuche

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Dans Le Fond De Ma Capuche

23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 16:59
Couettouille me fait remarquer que j'ai "le visage détendu" - ah (bon ?) oui mes vacances étaient une pure merveille ; avec des oiseaux, des pommes sur un pommier, des petits lézards au soleil et de gros oreillers. Je lui demande si lui n'est pas trop fatigué, comme il n'a eu que peu de congés. Il me répond que pour lui, ses dix jours de vacances en valent cent.

C'est qu'il fait des stages de méditation, dix jours, une fois par an.
Et de raconter.

Il va dans un "centre", qui accueille jusqu'à une centaine de personnes. Pendant dix jours il "médite", toute la journée, du matin au soir. Il ne parle pas du tout, pendant ces dix jours (ou presque pas ?) Cette méditation n'est pas intellectuelle ; donc non seulement il ne discute pas, n'écoupe personne parler, ne lit pas, mais il ne réfléchit même pas. Il fait autre chose ( ? ), toute la journée, sans bouger. Il m'explique un peu qu'il s'agit d'évacuer la pensée, essayer de ne penser à rien. Il m'explique que la sensation joue un grand rôle là-dedans ; la méditation commence par un balayage de tout le corps par la pensée, d'un point à un autre.
Il me dit qu'il a lu beaucoup de choses sur la méditation, beaucoup de livres, mais qu'il a acquis la certitude qu'on ne peut pas comprendre s'il l'on n'en fait pas l'expérience soi-même.
Il parle de difficulté, de douleur, on dirait qu'il parle d'un sport (mais un sport pas marrant ;p).
Il évoque des personnes qui "abandonnent", pas parce qu'elles trouvent ça vain ou sans intérêt (selon lui), mais parce que "c'est trop dur, elles n'y arrivent pas" ; il parle de violence un peu comme on pourrait parler de psychanalyse. De chamboulement total, de remise en cause, de bouleversement personnel...

Je l'avais entendu un jour précédent discutailler avec des collègues à la pause thé-p'tits gateaux, sur le mode du "café-philo" mais alors grandement vaseux ; à base de concepts à deux balles prémâchés des bouquins de terminale - tout ce que j'aime pas.

On sent là aussi la prégnance des lectures/réflexions philovaseuses - oups mince jugement de valeur ;p

Il dit qu'au bout d'un moment on se sent détaché de ses pensées, on les regarde devant soi, on les voit passer, circuler, comme si elles ne dépendaient pas de nous, et qu'on se demande qui on est - quel est ce truc qui pense si on n'est pas nos pensées (puisqu'on les voit devant nous - ah mais qui est ce on) - allo Descartes ? ouais j'ai un gars pour toi là, un grand avec des baskets et une couette...

Je suis ambigue en face de lui.
A la fois ce qu'il me raconte m'intéresse, parce que c'est un univers inconnu, mystérieux, que cet endroit où des centaines de gens viennent s'imposer des expériences étranges (quoi, tout de même, passer dix jours (ou plus !) assis du matin au soir sans rien faire, des heures durant, c'est quand même quelque chose - ça m'impressionne, et ça me pose plein de questions), et d'un autre côté, je ne suis pas "duppe" au sens où il voudrait que je le sois.
Non, je ne trouve pas cela débile, je n'ai pas envie de balayer ce qu'il me raconte d'un revers de la main, en haussant les épaules, et en décrétant que "c'est n'importe quoi, ce sont des fous, des charlantans, que Couettouille est tarré ou fait semblant (pour se donner un genre)".
Mais je ne crois pas non plus tout ce qu'il me dit - je n'ai pas envie de le prendre au premier degré.
Et je reste assez agacée par ce qui se dégage de lui - un certain contentement.
Je dois avoir l'air de boire ses paroles et il adore ça.
Ou alors... ou alors il ne sait pas vraiment.

Il me dit que la méditation a complètement bouleversé sa vie. Qu'il n'est plus le même maintenant. Qu'il pense que si tout le monde pratiquait la méditation, le monde serait différent, meilleur.
Il parle de "nettoyage", de purification ; pendant ces dix jours de méditation il se défait de tout ce qui "polluait" / parasitait son esprit, toutes les micro- humiliations, frustrations, vexations etc. du quotidien, accumulées. Elles s'en vont couche par couche. Au sortir du centre il est comme neuf, tout nu comme un bébé ;p (comme un frais bâptisé ?...)
Il dit qu'il fait des progrès en méditation. Que c'est un exercice, un travail.

Quand je lui parle de religion il répond que la méditation est universelle.
Quand je lui demande "quel genre de personnes" se rendent dans ce centre, il a la réponse universelle - absolument pas crédible mais tellement sur toutes les lèvres : "oh ya de tout, ya vraiment de tout !"

Quand je lui demande si, par exemple, il y a autant de femmes que d'hommes, il me répond que oui, ya les deux - mais ils sont séparés : "parce que sinon le désir parasite la méditation...!" Remarque qui provoque mon sourire narquois - le désir est forcément nécessairement hétérosexuel (rien que de très banal), et surtout la seule présence de femmes met les pensées des petits hommes fragiles en émoi/ ébullition/ dérangement/ danger (avec la réciproque tout de même, on est modernes !) - on n'est pas des bêtes les gars...

Un drôle de monde, certainement, que ces centres de méditation. Qui éveille ma curiosité.
Tout un discours bien rôdé, qui le structure.
Et assurément d'étranges expériences - proches de l'hypnose ?

En tout cas, les carottes n'ont pas souffert d'anxiété - de blanc il n'y a pas eu.

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commentaires

Ox 24/09/2009 22:12


Salut lulu, bienvenue dans ma grotte :)
oué, c'est peut-être étrange...
il est un peu hurluberlu faut dire - mais bon il en faut des hurluberlus des fois pour casser le côté frigidère pyramidal de mon taff ! c'est pour ça que généralement je lui pardonne ses penchants
à la mise-en-scène-appuyée de soi-même...



lulu 23/09/2009 21:46


Bon, si les carottes n'ont pas souffert d'anxiété, tant mieux! mais, ont-elles crié en se faisant croquer? ;)
c'est juste un clin d'oeil car il y a moins d'un mois un mec me racontait ses expériences de méditation et cela était à l'origine de son végétarisme.
J'ai pratiqué quelquefois la méditation (moins de 5 fois) et en effet il est recommandé de "regarder ses pensées défiler comme les nuages sans s'y arrêter".
Je suis un peu fascinée aussi par ce truc.
Mais une chose essentielle pour moi reste le fait de ne pas imposer ce genre de chose à son entourage, donc en parler à ses collègues me paraît suprêmement étrange O_o