
blablabla, blablabla, bla,
Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.
Lyon blablablabla.

et des blablas rouges aussi
(des fois).
Je me voyais comme une petite fourmi vaillante dans la tempête du sort.
Je me suis imaginée dans plein d’endroits, mais jamais seule.
J’ai la tête remplie comme une cocotte, mais je ne sais pas de quoi.
Des listes. Des courses. Des mails à envoyer, des coups de fils à passer. Et toujours quelque chose qui dépasse.
Le monstre dort. J’ai maté la bête. Gare à ne pas baisser la garde.
Jadd. Jadd. Jadd.
De quelques petites choses que je n’aime pas.
Les séparations. Etre seule. M’être tue. Ce curieux petit moment où l’on se tourne, où on laisse derrière, où l’on se recompose un visage, le visage de l’être-seule dans la ville.
Mon appartement. Chez moi. Mon lit, mon évier, mon assiette. J’aurais dû avoir ce fabuleux instinct de propriété pour profiter de tout ça. Ou aimer qu’on me fiche la paix.
Mais ma paix, le plus clair du temps, j’aimerais bien qu’on me la ravisse.
J’ai cessé de dire qu’il suffirait qu’il claque des doigts. Je ne suis pas sûre d’avoir cessé de le penser. Un peu humiliant, mais où suis-je donc sur ce monde pour me soucier de ça ? Il suffirait qu’il ouvre une main mais lui-même n’y croirait pas. Il n’y croit plus. Dur et seul comme une cuirasse. Et à quoi servent les journées que je pousse ?
Parfois je m’imagine dans les bras d’un autre. Parce que je sais qu’il faut, comme un médicament, comme un exercice pénible ; je lui mets un visage, un nom, une histoire pour décorer ; mais l’instant d’après je me vois – comme Carry dans Sex and the City – c’te référence – éclater en sanglots, me moucher sur sa chemise et partir sur l’autre flèche du trottoir en disant « pardon, je te fais perdre ton temps. »
Sous emprise. Est-ce que j’ai vécu sous emprise ?
Je ne peux pas me séparer de Jadd, c’est pas possible.
J’ai des petites ampoules oranges que je dois siroter le soir dans mon lit. Lithium, qu’ils ont dit. Oh, du pas bien méchant, pour les larmes peu trop acides, pour les vapeurs de cafard gris, pas encore condensées. Pour les « manifestations psychiques mineures ». Pour « modifier mon terrain. » Et je vais bâtir quoi, dessus, moi ? Un palais en champignons ? Le lithium doit faire des bulles comme des yeux effarés dans mon sang. Glou glou. Et ça va me rendre toute calme devant ma vie, plate – quelques palmiers plantés ça et là, une chaise, l’horizon.