blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

Samedi 2 décembre 2006 6 02 /12 /2006 16:58

(J'ai d'abord mis mon cerveau dans un verre d'eau avec une pastille de Polident pour que les canalisations cristallines apparaissent bien lisses et bleues dans leur pulpe de verre ; ensuite, je l'ai fait sécher sous ma lampe à huile d'olive, avec du miel et des pistaches pillées, puis je l'ai regardé dans le blanc de son oeil, à mon cerveau, afin qu'il me livre ses secrets.)

(J'aime bien raconter n'importe quoi. Zaviez remarqué ?...)

D'abord, j'ai vécu une grande large griffe à mon amour-propre, une plaie dans la terre au fond de moi, parce que ma maman ne n'aimait pas, parce qu'elle ne s'aimait pas, parce que... parce que la souffrance se transmet, et qu'elle a la couenne dure ; parce que maman enfonçait son regard tranchant et noir dur comme la craie au fond de mon corps, dans mes bras, sous mes larmes.

(Parce qu'elle pleurait, elle aussi. Plus tard elle a voulu se tuer, ma maman.)

Ensuite, avec mon baluchon de douleur qu'elle m'avait transmise de son ventre à elle, j'ai dû affronter la montagne. La montagne, c'était mon papa. Des années, ça a duré. Des années et des années. Mon papa voulait me dévorer, m'aspirer, me maîtriser, me paralyser, régner. J'ai lutté. On a lutté. J'ai gagné. On a gagné. Des années.

Mon papa et moi, on a gagné tous les deux. On a gagné la paix, la sérenité, la parole ; on a gagné de ne pas se haïr, de ne pas se quitter. On est y parvenus. C'est fini.

Mais je ressors de là sans avoir grandi, de mon grand combat, tellement plein de violence, de peur, de rage, de coups, tellement pleine de mon énergie pour frapper, pour mordre, pour survivre, pour hurler, tellement gonflée de fureur et de force ; je ressors de là, c'est fini, et je n'ai pas pensé à grandir.

Je suis calme, la violence est domptée ; mais je redeviens un petit bébé, seule, fragile, courbe. J'ai oublié de me tenir debout hors de la violence. Je n'ai pas appris.

En moi je possède la joie de vivre, et la joie tout court ; la foi dans la vie, dans les autres, la gaieté ; l'optimisme, l'amour aussi.

Je crois que je suis intelligente, je crois que je peux faire des choses belles. Je crois que j'imagine plein, je crois qu'il y a beaucoup de smarties à l'intérieur. Je sais que des gens m'apprécient, fort ; je le crois - je ne suis pas une coquille de pistache vide, je sonne. Je le crois.

Je suis sensibilité fleur d'eau la peau avec.

Trop.

Mais je n'ai pas grandi, je flanche ;

parfois, je pense, "je suis inapte au travail".

Je ne suis pas nulle, je suis juste le bébé à l'intérieur.

Le bébé ne sait pas, ne peut pas intégrer le monde du travail.

Et pas juste instit, non ; la Fnac, je n'ai pas pu ; Quick, je n'ai pas pu ; le baby sitting de tous les soirs, je n'ai pas pu ; le centre social, je n'ai pas pu ; l'alliance, c'était tout juste ; je ne sais pas, je fuis comme l'eau.

Je ne tiens rien. Je suis comme une brindille.

Par Ox - Publié dans : Cardiaque et lacrymal.
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