blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

Dimanche 11 février 2007 7 11 02 2007 17:45

En ce moment je suis sur la crête de mon yoyo de poids - bon, ça me met un peu de poudre noire au moral, mais pas beaucoup hein, ça reste tout léger relatif comme un vague arrière goût de poivre. J'ai quand même réussi à prendre un kilo depuis que j'ai décidé d'en perdre trois, et ça, tout de même, je trouve que ça mérite le respect ;-).

Je suis un peu gonflée comme la Vahinée, et mon ventre (tendre comme un coeur de palmier) se fait un chouïa brioche (comme la vahinée, encore) ; j'eus découvert il y eut peu cette chose brouillée (comme les oeufs) dont j'eus épisodiquement entendu parler sans en avoir cependant d'idée bien claire : la cellulite (à ne pas confondre avec la cellulose, beaucoup moins naturelle, elle, et non issue de l'agriculture biologique, à la différence de la mienne).


Petit trouble blanc sur les terres immergées de ma peau qui bricote. Mince. Ouille.
La petite limace sympathique se fait grassouillette, voyez - grassouillette et sensuelle (si).

Mais ce qui parvient à sérieusement me remettre le baume au coeur, dans ces moments de flottement anatomique, ce sont mes victoires à muscles.
Rien de bien tranchant. Non. Juste quelques tours de pistes entre les arbres et les flaques de boue. Mes cross à baskets au parc de la Tête d'Or.

Ce matin, Petite flaque lourde à ventre s'est rendue au parc, traînie, traînant, avec ses pattes de canarde.

Des fois, c'est tout pourri. Je serpillère comme la méduse (sympathique), que je sens visqueuse à l'intérieur, et ça me rend toute mélancolique. Des fois, c'est l'échec, poisseux (presque sale ?), fatigué, qui flaire l'impuissance, et la mollesse, et les chairs (dois-je dire tombantes ?), le corps qui glisse et qui ne tient rien, les membres faibles. La tête qui chauffe et la larme, presque. Le soupir de nullitude. La déception. Le découragement.

L'auto-mépris. Je me sens comme un slim dans le monde.

(Un slim, oui, ce truc dégoûtant qu'on vendait dans des boîtes en plastique dans les années quatre-vingt, vert fluo (au début du moins, quand il n'était pas venu se coller à toute l'immondice de la maison voire du quartier), une sorte de crotte de nez à échelle démesurée. Mon petit frère en avait un, de slim, qu'il chérissait comme un lapin angora nain. "My precious...")

Ce matin, j'ai couru deux fois 45 minutes, avec une pause de 25 minutes entre mes deux envolées (lyriques).

J'avais un peu mal aux articulations, le genou droit d'abord, puis la hanche gauche ; je soufflais comme une verte locomotive calme ; j'étais bien, j'étais forte (ou je me sentais forte ?) - ne pas s'arrêter tant qu'on peut ne pas s'arrêter -

Suivre la moulinette rythmique de mes foulées sautillantes (Prune dit que je cours comme un petit lapin), suivre ses chaussures, suivre le paysage qui passe et qu'on dépasse ;

Se tenir, s'avoir en main, éprouver qu'on résiste ; découvrir dans sa chair que son corps fonctionne, que ça tourne, ses jambes de petit lapin, son coeur qui tape en sourdine, les laconiques douleurs à vaincre, à tenir, à retenir, à savourer, en soi, au profond.

Les deux tiers de mon temps, je me sens molle, et je souffre de fléchir - devant la vie, devant la dureté des objets du monde - plexiglas.
Et de temps à autre, il m'arrive de me sentir dure.

Quand je suis allée au Laos, j'ai voyagé avec quatre bonshommes ; l'un était Suédois et s'appelait Jasper. De ce grand malabar en cheveux, j'ai retenu cette phrase qu'il égrainait à mon épaule, ravie : "you're a tough woman..." (pasque, bourrine autruche maladroite en sandales, je m'écorchais à tous les arbustes à portée de pieds, et ne faisais pas grand cas des dessins de petit sang qui s'entortillaient sur mes chevilles).

Peu de compliments qui sonnent si près de mon coeur (rougi) : ouais, moi, je veux être une tough woman... Je la suis peu pourtant - mais je m'essaie à l'illusion.

Gamine, ado surtout, j'étais de ces tâches-limaces pour qui les cours de sport sont des supplices.
Petite revanche sur le monde quand mes jambes moulinent aujourd'hui.

Et puis parfois, ça ne marche pas, ça ne marche plus - je me sens tellement faible et douloureuse, mon ventre surtout - le sentiment que je vais cracher mes boyaux, là, maintenant, tout de suite, sur les pieds du runner de devant - tout m'échappe et je ne suis plus que ce corps éparpillé à qui personne ne dicte sa loi, et surtout pas moi.

J'ai appris à ne plus me haïr, dans ces moments-là.
Je me ramène à la maison, j'assois mes fesses, et je m'essaie à la philosophie du sage.
La semaine dernière, je n'ai pas même fini mon premier tour.
Mes pieds ne se soulevaient pas du sol, j'avais envie de vomir mon corps entier.

Aujourd'hui, je sens sur tout ce corps peser la course de ce matin, ça pèse, et je résiste.

Par Ox - Publié dans : Quelques os dans un corps
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