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La Capuche

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Dans Le Fond De Ma Capuche

12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:57
La même ambiguïté se retrouve dans la presse féminine "adulte" et dans les Julie / Manon, ou du moins dans le regard et les discours portés sur ces deux types de presse.
Il n'est pas du tout évident pour tout le monde que la presse féminine soit sexiste. "Les femmes parlent aux femmes, des sujets qui les intéressent" ; les Elle et autres Marie-Claire se paient même parfois le luxe de s'afficher "féministes" ( ??? ), pour de grands combats entendus où il est question de l'oppression des autres (le foulard) ou de Lafâme.
Et surtout : cette femme mise en scène dans les magazines féminins n'est pas une femme clairement, explicitement dominée : ce n'est pas une femme au foyer docile qui passe son temps à faire la cuisine, le ménage et à changer des couches. Elle travaille, elle est même souvent cadre (voire cadre supérieure pétée de thunes, à en croire les sélections de machins qu'ils nous soumettent, à 160 euros l'unité) ; elle est branchée, elle est rebelle, elle est "moderne".
Ce qui fait que cette femme de Elle ou Marie-Claire ne coïncide pas avec le cliché de la femme opprimée relève en grande partie de son positionnement en terme de classe d'âge (elle est jeune - ou plutôt elle "reste jeune"), de race (elle est blanche ou suffisamment blanchie), et de classe sociale (elle appartient aux classes moyennes et supérieures).

Mais il y a plus. Ou plutôt : ces trois facteurs d'âge, de race et de classe sociale s'aggrègent et précipitent pour donner naissance à "la femme libérée." Et cette "femme libérée" a tout à voir avec le corps et la sexualité.
C'est précisément ce rapport à la "femme libérée", et, partant, au corps et à la sexualité qui permet de gommer toute la charge sexiste de ces magazines aux yeux de leurs défenseurs.

Qu'est-ce qui fait que ces magazines sont sexistes ?
Le surinvestissement outrancier qu'ils prescrivent et entretiennent dans l'apparence physique, la conformation à des normes esthétiques et de comportements : "plais". (A cet égard, la quadritonne de pubs sous lesquelles croule le rédactionnel fait tout autant partie du journal).
Ces magazines féminins sont saturés d'injonctions de toutes sortes (sois ceci, sois cela, fais ceci, etc.) qui incluent des injonctions pour le moins paradoxales du type "sois décontractée", "sois libre", "sois bien dans ta peau", etc. (sur le mode, souvent, de la discussion entre copines cools). Mais il s'agit surtout d'être "féminine", "sexy", et "libérée".

Ainsi les pubs pour soutien-gorge ne participent pas d'une imagerie sexiste, mais mettent en scène des femmes "féminines", "sexy" et "libérées" auxquelles nous voudrions toutes ressembler (c'est d'ailleurs pour cela que nous courons toutes acheter cette magnifique lingerie dentelée).

Et il est loin d'être évident pour tout le monde que l'injonction à être "sexy" soit magistralement sexiste...

Bon. Tout ça pour dire que, d'après la rédactrice en chèfe de Julie, les lectrices de son magazine ne sont pas des fillettes nunuches, craintives, qui attendent le prince charmant en rêvant et ne jouent qu'à la poupée.
Non, ses lectrices sont "des petites filles modernes, curieuses, ouvertes sur le monde".
Le mot qui revenait le plus souvent, dans son discours, c'était ce mot de "moderne" - "des petites filles modernes".
Une sorte de pendant de la "femme libérée", version enfant.

Elle nous décrivait également le jeu subtil entre sexualisation et désexualisation des enfants : le magazine est rempli de photos de petites filles qui posent pour des photos de mode, auxquelles d'autres petites filles doivent avoir envie de ressembler, on y parle de beauté et de mise en scène de soi, mais ces fillettes sont choisies toujours un peu plus jeunes que le lectorat cible, on veille à ce qu'elles ne soient pas du tout "formées" et on leur demande instamment de sourire.

Ce qui frappe dans le discours tenu implicitement dans ou explicitement sur ces magazines, c'est cette façon de tracer avec précision les contours de ce que doit être une femme, de ce que doit être une petite fille, en écartant les figures repoussoirs.
Ce portrait de la "femme libérée" et de la "petite fille moderne" a finalement quelque chose à voir avec le slogan de "ni pute ni soumise".
Ne sois pas ci ne sois pas ça, alors seulement on te respectera ; reste le cas de toutes les autres - sans compter qu'on ne parvient jamais totalement à se conformer à une norme : "on ne naît pas femme, et on ne le devient jamais tout à fait" écrit Judith...



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