blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

Wouacances : wawawoum !

Dimanche 21 juin 2009
Oho, aujourd'hui c'est l'été...
Il y a une semaine pile poil ploc, Rayé et moi on rentrait du Portugal - au milieu d'une nuit clair-de-chat, à quatre heures du matin, on regagnait nos pénates (fraîchement déménagées).
Après dix jours de rigoli au pays de la bacalhau (mais pas que, hé : aussi des mosteiro, des pastelaria, des proxima paragem - et tout ça).


M'en vais tenter de vous raconter la chose par le menu,
hachant en petites rondelles nos vacances irisées.



Mardi 2 juin.
On atterrit (même pas mal), on grimpe dans le bus, on scotche nos yeux globules sur les vitres pour scruter le paysage qui défile : Lisbonne. On monte nos gros sacs au deuxième étage de la pension, et on file dehors crapahuter. On crève la dalle de fer, alors on s'achète deux sandwichs à piquer des hannetons - pain tout mou omelette pneu trempé dans l'huile. Installés au bord des fontaines de la place Pedro IV, on est bien.
On déambule dans le Bairo Alto, on pousse jusqu'à l'Alfama ; on lorgne des églises, des miradourio - et on s'arrête devant l'entrée du gros castelo Sao Jorge. Le grand air qui vente, la mer de toits rouges en dessous, les pavés en montagnes russes - c'est joli comme une fête foraine. On redescend jusqu'à la mer - la vraie, qui crache les vagues ; la côte est piquetée de drôles de poufs en plastique dur de toutes les couleurs, comme de gros bonbons haribo. On s'affale dedans et on respire le vent.
En rentrant on s'achète des gâteaux ronds dans une boutique bio et on tombe de sommeil dans nos p'tits lits jumeaux.


Par Ox
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Lundi 29 juin 2009
(Trop la honte d'avoir eu l'intention de faire le projet d'avoir le dessein de raconter mes vacances, et ensuite : flop - yaplu personne... Mais ! si vous saviez comme ma vie est... pleine de moutons de poussière ! ben oui, ces trucs qui parasitent...)


Mercredi 3 juin.

Ce matin, direction le jardim botanico (j'ai un très gros faible pour les arbres, et les jardins, en dépit de mes effroyables doigts terminator qui transforment en natures mortes tout ce qu'ils touchent...) On se promène en pente sous un ciel blanc un peu poisseux, courant de petite pancarte en latin en petite pancarte en latin - nos préférés : les youkas pachydermiques (ou quelque chose dans ce genre-là). On traverse aussi des bois de cactus, des micro forêts d'abrisseaux aux fleurs en cloches, jaunes ; quand le soleil descend entre deux nappes de ciel blanc les feuilles se mettent à briller et c'est tout joli. Ca sent les racines et la terre - au détour d'un sentier (les épines craquent sous les pieds) on se croirait bien quelque part de l'autre côté de la Bleue.



Et puis on entre dans la serre aux papillons - alors là... le kiff total, comme dans un dessin animé. (Ca serait un truc d'émerveillessissement avec des couleurs joviales.) Moi, bête, je pensais : ça va être une salle avec des paps' épinglés et quelques vivants sous des cloches (comme des fromages volants), et des explications en latin. Du tout : c'était un coquet jardinnet, avec des paps' en liberté qui batifolaient de partout ! Aussi, pas mal de plantes, de sortes variées ; et dessus : des chenilles et des chrysalides. Des papillons jaunes citrons, des blancs, et aussi le fameux, là : le monarque, star des papillons - qui se promène à travers le globe... Et une p'tite nana toute choupinette qui parlait un français déroutant et nous expliquait timidement tout un tas de détails et d'anecdotes. J'ai adoré la serre aux papillons.

Ensuite on est allés errer dans le parc psychorigide (genre équation mathématique végétale, peu touffue, en pente) d'Edouard VII ; on a cherché pas mal de temps quelque chose à se mettre sous la molaire - on approchait dangereusement du stade d'inanition quand on a enfin trouvé un p'tit restau trop sympa (le genre avec que des Portugais dedans, qui viennent casser la graine sur l'heure de déjeuner du boulot) ; la télé allumée fort, les gens qui parlent très fort, et nous joufflus heureux sur une petite table au fond. (Ma première bacalhau - et la meilleure des vacances). (Rayé a pris une chcalopé doporco et une moussochocolaté.)




Retour dans le parc pour admirer des petits canards et un paon sur un parking ; puis grande paumade au nord du dit parc - errance au bord de routes diverses dans l'odeur de divers pots d'échappement, avant d'atterrir, enfin, dans un musée d'art contemporain. Riquiqui, le musée, pas fantastique ; à part nous, juste un homme seul, et le petit groupe de gardiens-gardiennes à l'entrée - dont on s'est demandé comment ils faisaient pour suppporter le surréaliste monologue fluvial sans respirer (genre : tonneau sans fond) de l'une d'eux .





Supermercado - stop - pique-nique à Edouard VII - stop - retour par la place Camoes - stop - Ox se la joue Marylin sur la bouche d'aération.

Dodo.


Par Ox
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Mardi 30 juin 2009
Jeudi 4 juin.

Oriente ! La toute dernière station de métro de l'une des quatre lignes de Lisbonne. La rouge - parce qu'à Lisbonne non seulement les lignes ont toutes des couleurs attitrées, comme à Paris, mais on les appelle officiellement comme cela - y compris dans les annonces de voix-robots : verde vermelho amarelo azul... Alors c'est parti, cap vers le Nord Est : à l'ancien emplacement de l'expo universelle de 1998.

Balade pas piquée des hannetons dans l'aquarium géant - "le plus grand aquarium d'Europe" ben ça - et on continue notre tournée animalière, après les canards les paons et les papillons (ben oui, on aime la nature).

On découvre ce petit piment de nos vacances : les groupes scolaires en sortie de fin d'année, qu'on appelera rapidement les "gangs à casquettes" (en raison de leur appendice chapellier) et qu'on apprendra à craindre vertement... Diable que le groupe scolaire en sortie de fin d'année portugais est bruyant... On en deviendrait presque enfantophobe.

Dès lors notre visite de l'aquarium géant se transforme en exercice stratégique (j'avance je recule j'accélère je contourne) visant à éviter la marmaille effervescente ; les machins derrière les vitres nous lorgnent d'un oeil rond.
On profite : les loutres (poilantes), les manchots, les hippocampes, les raies, les clowns, enfin tout - Rayé et moi on s'en lasse pas, de la poiscaille - on est déjà de grands fans de l'aquarium de la porte Dorée par chez nous - comme des enfants, quoi - et nos préférées : les petites méduses bleues, aériennes, magiques.




Je me suis bien caillée les miches dans l'aquarium (la traversée de l'océan arctique, éprouvante dans la bise), alors on va se réchauffer sur un banc (faire les méduses - nettement moins gracieuses que les originales) au soleil de 13 heures ; on se promène avec nos pieds (peu palmés), on va acheter des chaussettes pour Rayé (ben oui, au Portugal aussi ils ont des chaussettes, pourquoi on aurait pas le droit d'acheter des chaussettes chez H&M pendant nos vacances au Portugal?...) ; de retour par le métro tout lisse et propre on prend le chemin du Castelo Sao Jorge.





Cette fois-ci on entre dans le Castelo - marche au soleil du soir le long des fortifications, on escalade les restes de tourelles, on prend plein de photos de vues superplombantes et dorées, ya un chat.

Au sortir j'achète des machins dans une boutique à touristes avec deux japonaises, et Rayé me prend ma tête à moi que j'ai parce que c'est stupide d'acheter ces trucs de touristes dans ces boutiques à touristes et que ces machins "je les lui offrirais il en aurait rien à secouer" - moi, obtue, je me vexe, et je lui tire la tête vingt pieds longs pendant tout le tiers de la soirée - ça lui apprendra à me la prendre, ma tête, longue et pointue.









Dodo.
(Je rêve aux méduses.)


Par Ox
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Mercredi 1 juillet 2009
Vendredi 5 juin.

Après le métro : le train ! Woué on est des fous on s'aventure toujours plus loin sur des terres inconnues... de vrais trappeurs du XXIe siècle, le sac-à-touriste sur le dos, la sandale légère ! C'est décidé, aujourd'hui, on va à Bélem. On descend les jolies rues pavées beiges pour rejoindre la gare de Cais do Sodre, qui deviendra vite notre point de repère préféré, notre seconde maison en quelque sorte... (Avant de grimper dans l'engin, on fait un petit détour par le marché couvert, rempli de fleurs et de poissons - pas un chat dans les larges allées, ça nous semble étrange (un marché silencieux, ça fait carton-pâte, non ?) - je remplis un sac d'abricots (parce que je n'ai jamais pu résister aux abricots : la seule vision d'abricots me jette dans un état proche de la transe) : um e meio (je kiffe ces trois mots et les répèterai en boucle toute la journée :)  )).

Hop, à Belem, on commence par investir le musée de la Marine, qui occupe une aile de l'imposant mosteiro dos Jeronimos (je fais une super blague au monsieur des tickets - on lui dit bonjour-deux-tickets-siouplaît dans notre impeccable portugais, il nous répond en portugais et nous glisse deux guides de visite en français  alors je lui dis "How did you know we were French ?? " en articulant théâtreux et en roulant des yeux - j'me suis beaucoup faite rire - et j'me suis dit : hop dis donc j'me lâche moi d'habitude même pas je parle aux gens que je connais pas alors faire des blagues là...).

Des bateaux dans des peintures, des bateaux dans des maquettes, des bateaux dans des vrais, des casquettes de bateaux, des cabines de bateaux, des bateaux dans des filets de pêche, des bateaux sur l'eau... et de l'eau aussi sur nos tête, quand on est sortis de là, tanguant : pluie drue et crachin marin. On casse-croûte entre les gouttes et aussi dessous les gouttes ; notre vache qui rit prend l'eau. Quelques gangs à casquettes batifolent près de là (casquettes jaunes, casquettes rouges, casquettes bleues).

Détrempés comme un matin de mars, on va s'en remettre à dieu et on entre dans l'Eglise de Sao Jeronimos. On y tourne maintes fois, le cou tordu pour zieuter les plafonds - les jolis cordages de pierres entrepêtrés. Yapa à dire, ça claque l'oeil.



Et hop, glissant nos sandales sur le sol tout mouillé, le crâne fuyant les gouttes d'eau douce, on met le cap sur le Centre Culturel de Belem - avec la gare de Cais do Sodre, l'un de nos endroits préférés à Lisbonne. Une grosse maison blanc cassé pleine d'espaces lumineux où l'on se sent préservé comme un poux dans une boîte de nacre. A l'abri. Près de l'Art et contre, tout contre la culture. Sans jamais grand monde. Entrée perpétuellement gratuite. Dès qu'on a pigé par où y rentrer on se dit qu'on pourra y venir toujours, tout le temps, être ici chez soi en somme.







On se promène au calme le long de deux expos - les photos espagnoles de Cristobal Hara, les oeuvres de Pancho Guedes (ses travaux d'architecture bof bof bof, en revanche ses tableaux trop chouettes - puissants, drôles parfois - et parfois non).



Des centaines de paires de jambes s'agglutinent devant la meilleure pâtisserie de Lisbonne - on se dit qu'ils sont zinzins (zinzin ça me rappelle mon enfance :p) et on entre dans celle désertée du trottoir d'en face ; on commande dos pasteis de nata qu'on grignote en se marrant avant de remonter dans le train.


(On se balade le soir venu et je dîne d'une assiette géante d'oignons et ails / aulx agrémentés de morue - expérience intéressante mais dont mon palais n'a pu venir à bout entièrement - il a pris feu avant :p) - il fait nuit quand on rentre se coucher.)

Par Ox
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Jeudi 2 juillet 2009
Samedi 6 juin.

On se peut plus se passer des petits trains verts et de la voix suave de la dame électronique : cette fois-ci, proxima paragem, Estoril... La mer qui s'étire comme un long fil de coton.
AH la plage (c'est moi qui fantasmait là-dessus : les pelles les rateaux et les petits pâtés, le CHCjhchchssss des vagues, faire la planche en fixant le soleil...).
On commence par une belle saucée, et on se réfugie dans un café du bord de l'eau, où on boit un grand coca et un café crème (ils nous offrent des cartes postales de pubs toutes moches avec des parasols bleus). Les nuages se carapatent très vite, et on ressort nos nez dans le vent salé.
On s'étale comme nos serviettes, on se baigne, yapa un chat ou juste quelques-uns, on est bien.
On marche le long de la côte ; on croise des starlettes de pacotille, des vieux bronzés, des poussettes, des djeunes en rollers, quelques messieurs muscles torses poils qui font leur jogging en plein soleil en soufflant fort ; on a du sable collé et on sent le cuit.
On tombe comme de vieux sacs de sel sur les sièges du train. On se laisse bercer.
Moulus. Repus de ciel bleu.

Par Ox
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Vendredi 3 juillet 2009
Dimanche 7 juin.

On a décidé de se faire un musée ; un pas loin de chez nous, un dont on avait déjà croisé et recroisé la porte d'entrée : le musée du Chiado. Bon.
On ya va. Bon.

Tout naze, le musée, hein, sans vouloir le contrarier.
Art moderne portugais (1910-1945), et art de Romania - on a mis un temps certain à comprendre ce que pouvait bien diable être la Romania : j'vous le donne en mille - la Roumanie (oui, p'tête que là, sur le coup, ça vous semble évident, hein, mais ce jour-là, pour nous, et pour nos neurones vacancières... ça ne le fut point. Ca ne m'évoquait même rien, mais alors rien du tout.)

On grimpe nos fesses (comment, grimper ne peut pas être transitif ?) jusqu'au miradouro qui supervole l'Alfama ; on mange dans le vent - mais un vent, un vent ! pfiou ! on a failli s'envoler avec nos tranches de salami (oui, car c'étaient des tranches fines...).

Pom pom pom on marche jusqu'au panthéon - on en fait le tour, on l'inspecte sous tous ses angles (qu'il a arrondis) ; on regarde même à l'intérieur en collant nos nez sur les vitres. Puis on prend le chemin du Mosteiro de Sao Vicente de Fora. Un bien joli grand cloître qu'on arpente presque seuls. Des salles à découvrir au p'tit bonheur à ses différents angles (carrés). Tiens, la cantine, avec ses azulejos (bien sûr) et sa grande peinture de Saint Jérôme - je me prends d'une affection particulière pour ce saint-là, et je demande à Rayé de le photographier.

Et puis un peu plus haut, les azulejos des fables de La Fontaine... Moi, les azulejos, je les ai trouvés un peu moches (j'aime bien mieux les motifs non figuratifs de style islamique), mais c'était très agréable de traîner au frais de fable en fable et de les lire toutes ; de lire des bouts en portugais, aussi. Ca m'a plu.

Et puis on est montés tout en haut, sur la terrasse blanche, il faisait un soleil de tous les diables et on s'est assis sur le banc de grés ; il y avait un oiseau mort. On n'entendait que les cloches sonner de temps à autre.

Notre péché portugais - couleur locale (on essaie de s'intégrer) : la pastéi de nata. On en chope deux dans une boulangerie de l'Alfama, et on s'asseoit sur la place Martim Moniz pour croquer dedans (chpoc).

La place Martim Moniz, elle est très rigolote - enfin, c'est le phénomène, urbain géographique et social (avec un peu d démographique et d'ethnographique dedans), qui est rigolo. Elle est située à quelques mètres de l'autre place - celle du Rossio, et celle aussi, toute collée, de Dom Pedro IV : deux places un peu mégalo sur les bords - grandes statues, grandes fontaines, touristes et appareils photos, du genre qui en met plein les yeux, très propres sur elles. A quelques mètres, dis-je ; et pourtant elle n'a strictement rien à voir. Elle est bien mignonnette aussi pourtant : quelques fontaines, des bancs, de la verdure... Alors quoi ? Ce qui est frappant, et très déroutant, c'est la différence de population : d'un coup on passe dans un autre monde, les gens qui sont là sont tous d'origine très populaire ; on change de couleur aussi : Pedro IV et Rossio sont très blanches. On s'est demandé, avec Rayé, ce qui pouvait expliquer un tel changement, d'une rue à une autre, mais comme on a redoublé notre licence d'urbanisme sociologique, on n'a pas trouvé.

Et on est allés se coucher.

Par Ox
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Samedi 4 juillet 2009
Lundi 8 juin.

Il pleut dru ce matin !
On prend le train, mais on change de gare... On va au Rossio cette fois. Et zou, direction Sintra.
On essaie d'aller à Mafra - car Rayé veut voir son palais-couvent, comme il a lu le livre qui relate sa construction, mais on s'embrouille nos pinceaux géographiques et on se retrouve le bec dans l'eau (de pluie). Alors on se replie vers les deux gros palais de Sintra, et le soleil se remet à briller.

Un. Le palacio nacional de Sintra.

Deux. Le palacio Quinta da Regaleira. Et son parc rocambolesque.
(Ox découvre internet : délire on peut en voir 53 photos ici !!!)

(C'est ce jour-là qu'a commencé ce phénomène fort étrange : des dizaines de petits boutons rouges sont apparus sur ma peau... les molets d'abord, puis les cuisses, le ventre, les bras... Varicelle ? Urticaire ? La nuit porte conseil aux petits pois...)

Mardi 9 juin.

Plage ! Estoril. On a bronzé.
Les petits boutons sont toujours là, et même plus que jamais là - à l'heure du pique-nique, on a fait des yeux ronds : ils étaient dix fois plus vifs, d'un rouge pétant, coquelicot, sur le dos de mes molets en oeufs.

On a bronzé...
Par Ox
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Dimanche 5 juillet 2009
Mercredi 10 juin.

Comme on ne s'en lasse pas, Rayé et moi, on décide de prendre le train. Nous voilà donc au petit matin (heu...) tout guillerets sur le chemin de Belem.
Cette fois on marche jusqu'à la tour - on la lorgne de face et de profil, et on s'asseoit à côté, bord de l'eau, yeux dans l'eau, petite brise légère... On prend le temps de rien faire tout notre saoûl : zyeuter les gens qui passent et qui repassent, considérer les bateaux.
A quelques mètres de la tour une foule de Portugais s'active ; on entendait de loin la voix d'un homme au micro, commenter on-ne-sait-pas-quoi d'un ton enthousiaste - on s'est demandé un moment si ce n'était pas une fête foraine, ou quelque "qui-veut-gagner-des-millions" - en fait non, la foule arbore des uniformes militaires vert kaki, avec pour certains plein de petites médaillettes du mérite.
On les laisse à leurs médailles et on prend la direction du cloître de Sao Jeronimos (chouette, c'est jour férié, c'est tout gratuit :p). Evidemment c'est très très beau - pour de vrai on en prend plein nos mirettes, on n'est pas déçus. (On n'est pas tout seuls non plus, mais rien d'insupportable.)


On passe un long moment le nez sur une expo : la triple histoire du monde, du Portugal et du monastère - une grande chronologie à trois étages enroulée en spirale, agrémentée de petites photos ; j'en sors toute étourdie de l'étendue de mon ignorance et de ce qu'il me reste à apprendre dans la vie en général - c'est là que l'on décide, Rayé et moi, d'accrocher ses listes de dates dans les chiottes de notre nouvelle maison (tiens, on l'a toujours pas fait, faudra que j'y pense... ;p)

Après le casse-croûte dans le jardin, hop : Centre Culturel, et musée d'art contemporain ; collection Berardo (zavez vu, ça met un petit coeur dans la barre du navigateur - si c'est pas kitch ça alors...), expo : l'art au risque du réel (rapport au titre : j'aime mieux vous dire que je n'ai strictement RIEN compris aux panneaux explicatifs du pourquoi - à tel point que je me suis demandée si c'était réellement censé signifier quelque chose...)
Mais AH l'expo, elle, elle était trop chouette.

(De grandes salles spacieuses avec des surprises dans chacune ; des choses très différentes, des stars et des pas-stars, de quoi se promener lentement et sereinement de truc en truc, prendre du recul, blablater, rigoler aussi.)
(C'est un endroit étrange, un musée.) (Des fois on s'y sent bien.)

(Oui, je sais, super situé sociologiquement parlant, ma remarque à la nouille.)
(Je me situe dans le voyage touristique de la nana kadufric - voyez ? hum.)

Et bien entendu, tout cela s'est soldé par un pastéi de nata (enfin, trois en vérité :p), et un jus d'orange délicieux.

(Et dans le frais des draps blancs : alors, 1453, chute de Constantinople, 1907, les demoiselles d'Avignon, 16... ohlala.)
Par Ox
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Lundi 6 juillet 2009
Jeudi 11 juin.

Aujourd'hui nous retournons à Sintra... Back to the nature - eh oui les arbres m'ont manqué... Dans le parc da Pena, c'est magique : il y a plein d'eucalyptus. Ca sent bon ! On ramasse des poignées de petits cônes verts odorants - ça sent le koala :) On grime, doucement, dans les sous-bois (au-dessus des cimes des arbres le soleil carbonise, grande forme) ; on papote Rayé et moi (on s'en lasse jamais). Jusqu'au Castelo dos Mouros, puis on prend le chemin du Palacio da Pena. Visite : une enfilade de toutes petites pièces archi-meublées ; on est un peu nombreux et parfois franchement à la queue leuleu, mais l'ensemble est rigolo. (Pas toujours de très bon goût, mais les yeux ne savent pas où se poser tellement il y a de machins - on s'ennuie pas.)



On va lire au soleil... Un scout vend des gâteaux aux pommes.

Le soir, on dîne au restau - Rayé déguste une sorte de soupe à la pieuvre, et moi je râcle jusqu'à la dernière cuillère de ma brandade de morue. A la table d'à côté, croyez-le ou non, Gary Oldman. (Une étrangeté que je ne suis pas encore parvenue à m'expliquer : ce Gary-là parlait allemand.)

Par Ox
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Mardi 7 juillet 2009
Vendredi 12 juin.

Ca faisait un moment que Rayé m'en parlait : le musée de l'Orient, son seul nom lui mettait des étoiles dans les yeux. (Rayé, il est du genre oriental plutôt : rayures de l'époque Ming, un peu.) On l'avait vu de loin chaque fois qu'on avait pris le train à Cais de Sodre : nos wagons verts passaient juste devant. Allez, c'est décidé, on y va aujourd'hui.
On hésite : train ou petits pieds ? On médite de longue minutes le nez sur le plan de la ville, puis on se décide pour nos pieds (toujours ce goût de l'aventure...)

Et voilà-ti pas que sur notre chemin on tombe, par un hasard tout à fait fortuit, nez à nez avec cet autre musée : le museu nacional de arte antiga. Tiens donc. [A ce point de mon récit, il me faut mentionner un autre élément, indispensable à l'entière compréhension de la situation : à ce moment m il se trouve que Rayé avait diablement envie de faire pipi - ça arrive même aux meilleurs.] Moi : il se peut que ce musée recèle de pures merveilles d'art médiéval ! Lui : il se peut que ce musée recèle des toilettes ouvertes au public ! Le guide du routard 2008 confirma l'une et l'autre de nos supputations - et nous voilà donc embarqués.

J'aime mieux vous dire qu'on ne fut pas déçus.
[ Les toilettes, bon, les toilettes étaient des toilettes, mais... ]
Le musée ! Pour moi le plus beau du voyage. Plein les mirettes. Un délice. J'ai adoré.
Et puis pas un chat. Des pièces et des pièces à n'en plus finir, vastes, remplies de merveilles.
A l'étage des oeuvres chinoises et japonaises (quelques indiennes) ; en dessous des peintres européens du XVe au XIXe siècles. Moi j'y connais rien ; mais ce que je préfère, ce sont les peintures des XVe et XVIe siècles. Ca me rend baba.
Notre préféré : la Tentation de Saint-Antoine de Hieronymus Bosh. (On est resté longtemps devant.)



On fait dinette dans la touffeur tropicale du petit square devant le musée, puis on se remet en chemin, avec nos pieds ; on décide d'aller près de la mer, et pour cela de rejoindre la gare d'Alcantara. Ce fut l'occasion d'une grande expérience : marcher sur un trottoir de 20 cm à côté d'une 4 voies par 34°, je sais pas si vous avez déjà fait, mais ce fut une sorte de pitch de notre voyage - un grand moment.
On réussit à rester en vie et on débarque à Oeiras : plage plus populaire qu'Estoril d'après le routard. Et on découvre... la Grande Motte pendant le we du 15 août : ya tellement de monde sur cette plage qu'on ne voit plus le sable. Décatis, on remonte dans le train pour gagner Estoril, et on découvre... la Baule à Pâques ? Jusqu'à ce qu'une diode s'allume dans nos cerveaux respectifs : c'est jour de fête aujourd'hui au Portugal, c'est férié...

On fait trempette tout de même, on lit (Rayé est plongé dans les Frères Karamazov ; moi je relis Alice in Wonderland).

Et puis le soir : gros délire dans Liboa. C'est la fête de Saint Antoine - saint patron de l'Alfama, et par extension de toute la ville. On avait mis une croix sur nos agendas pour ne pas rater ça - on a été un peu déçus... Des flots de flots de milliards de gens (donc : écrabouillés, embouteillages humains en veux-tu en voilà), boîtedeconservés pour regarder passer une parade un peu toute moche : des gens déguisés qui dansent avec des décors cartons pâtes dans le style d'Interville. (Evidemment ya toujours quinze personnes devant toi et malgré des contorsions acrobatiques tu n'y vois goutte ; sans compter que la parade avançait morceau par morceau avec des gros blancs vides entre chaque grumeau.)

J'ai tenu une petite heure, tout de même, puis j'ai fait les yeux doux à Rayé pour qu'il me ramène à la maison...

Par Ox
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