blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

Dur boulot

Samedi 12 novembre 2005
La Fnac.

 

Parce que la culture n’est pas un produit comme les autres.

 
Samedi, nous découvrons les plannings de la semaine suivante. Nous découvrons quels jours nous travaillons, combien d’heures dans la semaine, quels jours nous sommes de repos, et à quelle heure nous mangeons. « De toutes façons je vous préviens si j’en trouve deux en même temps en train de se boire un café dans la salle de pause vous redescendez toutes les deux et immédiatement, et comme ça c’est réglé. »

  

Devant nous, la longue file des clients, leurs achats sous le bras, les yeux dans le vide, dans la cohue, nous lancent de temps à autres des regards fatigués. Les mamies se pressent, les mains s’agitent dans les porte-monnaie, pleines d’excuses, pardon de pas aller assez vite, pardon de ranger mon sac, pardon de pas courir, pardon d’être là. Les codes barres s’étalent. Vérifier les prix sur l’écran. Mettre dans des sacs. La carte bleue va trop vite. Cartes d’adhérents oubliées. Les 6 %. Journées de merde. Tant qu’à faire… Rentrer les numéros dans le bon ordre. Ca s’affaire devant, ça s’affaire derrière. Le bruit des antivols qui volent. Qui éclatent en chute libre dans les caissons de plastique. 1. les antivols, 2. les codes barres, 3. des sous, des sous… Hop, dans un grand sac. Gribouillis illisibles des vendeurs. Les vieux gilets sales qui nous transfigurent, uniformes caissières. Les centimes. Les american express. Les doubles cartes d’identité. La colère des clients. Les pieds qui traînent. L’envie de s’enfuir, loin, loin.

 

La pluie qui vient de tomber sur un chemin de terre, avec quelques herbes autour. J’ai encore rêvé que j’étais au Japon.

 

Delphine me dit de ne faire confiance à personne. Yen a qui piquent dans les caisses des autres. Elle est pas la seule à le dire. Il lui manquait dix euros. Il est arrivé la même chose à Hélène. Elle a eu un avertissement. Mais là haut ils savent que c’est pas de sa faute. Ils savent bien ce qui se passe. Ton mot de passe tu le changes toutes les semaines.

 

Je fais une erreur de caisse dans la caisse de Gaëlle.

 


Delphine lui dit d’écrire en gros formation sur l’enveloppe.

 
 
Des piles de livres avec des listes de zéros sur l’écran. Vous pouvez introduire la carte. Je vous laisse taper votre code.

 
 
Vent de frayeur. Encore cinq heures à tirer.

 

Gaëlle aimerait peut-être être instit. Ou infographiste. Sandrine est en première année d’histoire de l’art et doit faire un exposé sur Léonard de Vinci.

 

Je crie pour appeler les clients à l’autre bout de la file. Ils me regardent avec des yeux ronds et disent pardon. A côté de moi on les traite de gros mous. Les porte-monnaie ne ferment pas.

 

 
Je vois des codes barres en rêve.


Par Ox
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Jeudi 6 avril 2006

 

Avril a d’abord travaillé en équipe sur le projet qui l’occupe depuis plusieurs mois à Patatog. Ils ont été, au maximum, entre six et huit collègues dans son bureau à coopérer sur le projet. Ses collègues ont été progressivement affectés à d’autres projets, ils ont quitté le bureau. Aujourd’hui, Avril est toute seule dans son bureau, et toute seule sur ce projet. Pour les clients, Avril se dit au pluriel. Avril est une équipe à elle toute seule. Comme dans la chanson de Renaud : « je suis une équipe d’informaticiennes, à moi toute seule… Je suis une équipe d’informaticiennes, je m’fends la gueule… » Naturellement, elle a dû endosser de multiples responsabilités, effectuer de nombreuses tâches toutes nouvelles. Tâches qu’elle n’a jamais appris à faire – elle apprend sur le tas, et avec personne pour superviser : elle est complètement livrée à elle-même. Chef de projet, analyste, développeuse, chef de la communication, tout et n’importe quoi, c’est elle. Quand le client téléphone, c’est toujours elle qui décroche ; quand le client reçoit des mails, c’est toujours signé Avril. C’est que les coéquipiers d’Avril sont très discrets. Ils travaillent dans l’ombre. Avril se demande comment on peut avoir le culot de croire que le client n’a pas compris. Ils doivent vraiment se dire qu’on les prend pour des cons. L’autre jour, la commerciale de Patatog leur a soutenu mordicus qu’Avril était deux. Ce n’était pas une manœuvre commerciale : elle ne savait tout simplement pas qu’Avril était seule, désespérément seule…

Parfois, elle se dit que Larry devrait venir bosser avec elle à la Défense, dans son bureau. Pour réduire les frais, l’entreprise de Larry a supprimé son bureau : il passe à présent ses journées tout seul chez eux, entre son ordinateur et son téléphone. Avril se lève à 7 heures tous les jours sauf le week-end, passe une heure et demi dans le métro, compressée entre trois costards dans des odeurs de pieds, de 9h30 à 19h elle est toute seule dans son bureau à se démener pour torcher le plus de choses possible en moins de temps possible en faisant le moins de conneries possible, après quoi elle passe 1h30 dans le métro avec la tête dans le cul, pour retrouver Larry qui fait la gueule parce qu’il a déprimé toute la journée à bosser tout seul. Ensuite, elle se couche, pas trop tard car elle est claquée. Le lendemain matin, le réveil sonne à 7h et elle a encore sommeil, et ça recommence. On lui a dit qu’à Patatog, ils ne gèrent plus des gens, ils gèrent de l’argent. Leur politique se résume à des histoires de compression de coûts, de pourcentages de marges, de chiffres d’affaires et de taux de profit. Pour faire de la marge sur un projet, il faut mettre le moins de gens possible dessus, si possible des débutants qu’on paie moins cher. Pour la seconde année consécutive, Patatog a annoncé une augmentation de 0% pour ses salariés. Une perte de pouvoir d’achat quoi, étant donnée l’inflation. Quand Avril dit à ses patronnes qu’elle peut pas, que c’est n’importe quoi, que le client croit qu’elle est plusieurs et qu’elle a une seule tête avec deux mains et des semaines de moins de 50 heures, elle s’entend répondre « Oui on sait c’est pas facile, mais c’est dur pour tout le monde Avril, alors on se sert les coudes et la ceinture… »

Personne n’ose trop dire qu’il rencontre des difficultés, car on a peur pour sa poire. Comme personne ne parle des compression de coût, des diminutions aberrantes de personnel, de la gestion du n’importe quoi, on a l’impression d’être le ou la seule à avoir du mal, alors on se tait. On nous fait comprendre que si ya un problème, c’est notre problème, notre faute. Avril fait tout, vite, en même temps, sans savoir, sans avoir appris, sans interlocuteur, sans se rendre compte des priorités, fatiguée, sous pression, et les jours de retard s’accumulent. On livrera le client en retard avec un truc qui marche pas.


Dans la boîte de Firmin, il y avait 200 salariés quand il a commencé. Aujourd’hui, ils sont 18. Firmin est resté. Son salaire a été multiplié par je-sais-pas-combien. Ses responsabilités aussi. Il bosse de 9h à minuit tous les jours et est heu-reux.


Aimé bosse en intérim dans le BTP. Il a d’abord été manœuvre, puis a suivi une formation de ferrailleur. Il ne sait jamais combien de temps vont durer ses missions : entre un jour et un mois, globalement. En général, il apprend que sa mission est finie le jour même, ou plutôt le soir même. Au moment de partir, on lui dit : « Va voir le chef de chantier, il a quelque chose à te dire. » Et le chef de chantier : « Ne reviens pas demain, ta mission est finie. » En ce moment, il travaille sur un chantier à côté de Roissy. Le billet RATP aller coûte 50 francs. La madame de l’agence d’intérim lui a bien précisé : « Prenez pas un abonnement, parce qu’on sait jamais ce qui peut se passer… » Il est habituel voire général de faire signer le contrat de travail le dernier jour de la mission, et non le premier ou avant le premier, comme le droit du travail l’exige. On inscrit alors le nombre de jours du CDD à la place restée vide. La semaine dernière, alors qu’Aimé arrivait sur le chantier le matin, il a vu débarquer une dizaine de flics, qui ont encerclé les ouvriers : contrôle d’identité, menottes, l’aéroport est à côté c’est pratique, avec l’hôtel Ibis comme centre d’internement pour sans-papiers en attente de charter. A deux reprises, Aimé a dénoncé une agence d’Intérim à une inspectrice du travail.

 

Par Ox
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Dimanche 26 novembre 2006

L'homme de ménage du premier étage s'appelle Thomas. Tous les matins, ou à peu près, on le voit passer sa tête dans le bureau. Un de ces matins, on a échangé quelques mots ; ce que je fous là, pour combien de temps ; il m'a demandé comment je m'appelais et j'ai appris que lui, c'était Thomas. Du coup, les matins suivants, il me disait "Bonjour Ox". Je lui répondais "bonjour" avec ma plus belle bonne humeur du matin et on papotait ; ce que j'avais fait le week-end et comment c'était chez moi dans mon quartiers d'excités. Il m'a raconté qu'il chantait dans un groupe. Des reprises de vieux trucs français. Et c'est vrai que quand il passait pour vider nos poubelles de tous nos restes de déjeuners croupis qu'on avait jetés là, souvent, il chantonnait. Il connaissait aussi le prénom de ma chef, et le matin il l'appelait par son prénom pour lui dire bonjour et lui demander des nouvelles de sa forme-à-bonne-humeur. Je l'aime bien, quoi, Thomas, l'homme de ménage.

L'autre jour, une collègue du premier étage en migration depuis quelques bureaux de là à gauche, a passé la tête dans notre bureau à nous. Elle a demandé à ma chef si elle s'associait à leur lettre.

Leur lettre, pour dire que le ménage il était pas bien fait à l'étage, que les sols ils laissaient à désirer, et que les chiottes, des fois... Moi j'ai pensé elle a pas vu les chiottes de mon placard du printemps, là-bas. J'ai pensé je vais lui prêter une brosse elle va aller récurrer, avec ses escarpins moches. Elle a dit : tout de même ça fait partie la qualité de notre cadre de travail, c'est important.

Et ma chef, là, elle a dit oui d'accord.

J'ai pensé c'est dégueulasse.

Par Ox
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Samedi 2 décembre 2006

Voilà le topo.

Je suis en formation de 18 mois, fonctionnaire territoriale, qui finit le 30 juin prochain. A la sortie, on cherche du boulot. Les autres ont droit à 80% de leur salaire actuel pendant 23 mois, jusqu'à ce qu'ils trouvent un poste. Moi, parce que j'eus été fonctionnaire d'Etat pendant un bref instant, je n'ai droit à rien. No pépette, pas un euro. A compter du 1er juillet 2007, je n'ai plus de salaire.

Alternative : je rejoins mon corps de fonctionnaire d'Etat. Traduction : je reprends une (des) classes comme instit sur les Bouches du Rhône. Détail : j'habite à Lyon. Monstre : j'ai quitté le dit corps pour dépression nerveuse.

Autre alternative : je trouve un poste dès le 1er juillet car ma bonne étoile tout ça machin.

Souci de la taille d'un tortue de poche : je n'ai aucune envie de faire ce métier pour lequel j'ai passé (réussi) ce concours presssssssssssstigieux. Moi, les responsabilités machin, ça me donne juste envie de me carapater et de chercher mon p'tit bonheur sous la table.

Incohérence ? oui.

Chagrin aussi.

Douleur dans la tête.

Par Ox
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Lundi 27 août 2007

Un entretien d'embauche excessivement peu attendu m'est tombé sur le coin du crâne (que j'ai fortement polygonal comme chacun sait) au petit matin : demain, quatorze heures.

Wouaouh. (Si je puis me permettre.)

Montée d'adrénaline ; ballotage au gré des vagues de "c'est mortel qué bonne nouvelle - je vais peut-être me métamorphoser en travailleuse capable, en salariée des sous, peut-être je vais y arriver" (peut-être légèrement angoissé) - à "mononononononononon dieu [souvent je deviens mystique dans des cas comme ça] quelle crainte de cheveux glacés sur mon scalp frais, j'ai peur, je veux me cacher sous ma couette, je veux pas de ce truc effrayant".

Ouép. Bon. Verra bien, qué dit, la nana du milieu (celle du bon sens).

?

 

Par Ox
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Mercredi 29 août 2007

Dimanche.

Rayures zébrures stries bandelettes vagues lignes entrecroisures.

Aujourd'hui on a croqué un de ces fous rires avec C. au téléphone – il a confondu mon écharpe du Viet-Nam avec un tapis de salle de bain – après, il m’a dit que mon tapis, c’était à peine un paillasson –
j’ai dit que je refusais de sortir avec mon tapis de salle de bain autour du cou.


Mardi. 11h20.
Faut que je prenne ça comme une expérience.
Un jeu ?
Nan, pas drôle. Une expérience. Professionnelle, de vie.

Mardi, 17h.
ô. O. HOH.
Eaueaueaueaueaueau...
J'ai un travail. Je suis em-bau-chée.
(Abauchée surbauchée débauchée postbauchée.)
                       °_°

(D'abord statique. Paralyz. Extatique. Galet électrisé.)
(Et - je saute comme une grenouille. Pong pong pong pong. houHOUHOU)

NON même pas çui de l'entretien du mardi (14h),
Non pô même çui du vendredi (annulé extradé),
Un troisième oui farpaitement un troisième :
- travail à PLEIN temps comme une bassine -

AH

c'est mon quotidien à vie qui prend le virage perpendicule !
Quatre mois de contrat qui cédédise,
pour sédimenter.

(éhé)

Par Ox
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Jeudi 6 septembre 2007

Bon....
La chute de l'histoire (plouf).

Ce matin, je me suis lancée dans une vaste campagne d'attaques téléphoniques ciblées sur la mairie de Schpoutz (ceci est un pseudonyme) - c'était dur, je me suis fait violence - j'étais tellement nouée, avant, pendant, après les appels -

enfin

un appel à 10h,
qui m'a jetée (par les cheveux) dans un lac d'angoissades - comme si j'y étais pas assez, encore, dans l'angoissude, depuis des jours, avec mes caniches nains qui s'essayaient à sepuku,

un appel à 11h20,
(heureusement, là, j'ai pris mes jambes à mon cou et mes baskets à mes jambes, ça m'a fait un bien à passer de la pommade, mieux que la crèpe à compote, mieux que les yaourts-pistaches - du bien, en or en barres pur ; j'ai couru mes 43 minutes règlementaires (aller-retour estampillé) et un p'tit bonus à grandes enjambées pour l'occaz) ;

et le troisième fut le bon : 16h20.

Là, j'ai eu la Grande Dame, en personne, la chèfe.
Et (enfin) les explications qui vont avec la chèfe...


J'ai pas de travail, les amis. Nada.
J'essuie juste les plâtres d'un crétin de nouveau chef débutant (le chef-en-dessous-la-chèfe) qui fait rien que des bêtises et les assume pas par dessus le marché.
Je souffle.
J'ai pas de chance.

Pom pom.

Par Ox
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Lundi 10 septembre 2007

Bonjour,


Comme vous devez le savoir, j'ai eu la Directrice des Ressources Humaines de XXX au téléphone jeudi dernier, qui m'a expliqué de façon claire que l'ouverture d'un poste de contractuel, et a fortioti ma propre candidature sur ce poste n'avaient aucunement reçu son aval, ni celui du Maire de la commune.

Je comprends que vous avez fait une erreur, mardi 28 août, en m'assurant par téléphone que j'étais retenue pour un CDD de quatre mois. Je vous avais pourtant signalé que je sortais d'un entretien d'embauche pour un autre poste (un CDD de quatre mois également, à la ZZZZ, pour lequel j'ai appris plus tard que j'étais bien placée).
Je ne vous en fais pas le reproche ; de telles maladresses sont compréhensibles. WWWWW.

J'ai du mal en revanche à comprendre l'attitude que vous avez eue à mon égard vendredi 31, lorsque je me suis rendue à la YYY.
Il me semble que vous n'auriez pas dû être étonné du fait que je n'aie pas été contactée par la mairie ; il m'apparaît également que vous n'êtes nullement allé les voir pour les presser, puisqu'ils n'étaient encore au courant de rien jeudi dernier.

Il fut assez pénible pour moi d'attendre neuf jours durant un coup de fil qui ne devait jamais venir ; je regrette également d'avoir laissé passer une autre opportunité de travail.

Je tenais à vous le dire.

Je vous souhaite une bonne continuation,

Ox

Par Ox
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Mardi 23 octobre 2007

Demain, j'ai les résultats de GCS (Grand Concours Sauveur).
Et aujourd'hui, je suis allée ballader ma bosse par delà les chemins, de l'autre côté de la banlieue, au Parc des Expositions de Villepinte. Passer un concours de catégorie C qu'on appellera ici Filet de Secours Prévisionnel dans une Optique de Chute ou Rebondissement Possible.

Des centaines de petites fourmis sac à dos s'acheminant de droite de gauche vers l'océanesque hall 5B planté de chaises de jardin.
Ce concours, c'est une sorte de blague, pour laquelle l'année dernière 1054 petits bonshommes et bonnes femmes se sont déplacés pour 9 postes,celle d'avant 1470 pour 6 postes, d'avant 1058 pour 8... pour gagner 950 euros par mois.
Si.


J'ai quitté monsieur Rayé (chaud comme un chausson aux poires...) dans son dodo pour aller me perdre dans l'inepte lieu-de-rien de la gare du Nord. Sauté dans un RER où se rangeaient en lignes et colonnes des centaines de gens verticaux serrés comme des grilles. En avant vers Villepinte, cité de l'avenir ;-).

Il faisait un froid de poule. Je frissonnais - j'essayais de rentrer le plus profondément possible ma tête dans mon cou et mon cou dans mon tronc - les herbes avaient gelé.
J'ai marché longtemps longtemps avant d'atteindre le hall 5B, dans la file étirée des candidats (gelés), qui marchaient la tête dans le cou et le cou dans le tronc.

Le matin, j'ai compté des classeurs verticaux en posant des multiplications longues comme le fleuve de la Seine qui se jette dans la Manche. Je les refaisais quatre fois chacune. Yavait toujours un bug de mouche quelque part.


Ca a été le midi. Le hall 5B a dégorgé ses centaines de fourmi grises (moi au milieu), qui sont venues se répandre sur le parvi gelé de la ville déserte.
Un no-man's-land plat, brillant sous le froid à perte de vue. C'est où les sandwichs au beurre ? Des gens sortent leurs petits sacs de vivres, je suis jalouse ; et je pars chasser : le nez au vent à la recherche de nourriture.


Je marche des plombes (ça me réchauffe, et j'envoie des sms décatis).
Je déniche un sandwich étouffe-athée découlinant de mayonnaise et dans un dernier souffle j'engloutis une banane - je reste le cul sur le bord d'un bassin comme un boa qui doit digérer son éléphant, et j'attends la reprise des hostilités.

14 h : questionnaire.
15 h : je suis dehors, il fait beau, je regarde le paysage par les vitres du RER.
Je ne pense à rien.

Par Ox
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Mercredi 24 octobre 2007

Par Ox
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