La plupart des gens, super conventionnels, achètent une machine à laver pour laver. Nous, plus funs, artistes, toujours en marge de l'opinion dominante, on a acheté une machine à laver qui salit.
Et la lessive qui retient la saleté avec ses petits bras musclés "eh les gars vite, enlevez le linge, je la tiens !", c'est par où ?
Notre machine à laver à nous, elle est trop chouette. Dans l'intérieur de son ventre, elle fait des tas de petites saloperies diverses ; des miettes, des boulettes de laine, des cheveux, des poils aussi - beaucoup de cheveux, beaucoup de poils, de moutons de chèvres de boucs et de nous aussi, pas mal de nous. Ben oui vous en avez pas vous zautres des poils ? Et en été, c'est comme pour les cockers cendrés, ça tombe.
Et que je t'en fais des tartines, comme au p'tit déj la confiture de myrtilles (pasque cassis, yavait pas. Y voulait cassis le C., mais yavait pas). Et je pastisse avec amour des couches de saloperies sur la face et le recto de tous les jolis zhabits de mes Maîtres (oui, je suis le Maître de la machine à laver - et ça en vaut bien un autre, de titre, comme président directeur général, ou bibliothécaire AVEC UN TRAVAIL - ça en vaut bien un autre, dresseur de machines à laver).
Sauf que je dresse moyen.
En un sens, faudrait qu'elles soient propres, les sapoleries qu'on glisse dans le ventre de la bête, avant de la faire tourner ; à mon grand désarrois non, c'est pas propre, plutôt du linge sale, comme on dit.Des habits sales - beurk - qui ressortent... plus uniformément sales ; en émane un certain sentiment d'harmonie, en un sens, de cette opération technique.
Si encore elle se contentait de crader, la bestiole. Mais en plus de cela elle crache. Son tuyau d'évacuation fuit comme vache qui pisse au printemps, et à chaque machine j'ai la joie de relaver le dessous de l'évier.
ET CA ME PETE LES COUILLES.
(du coup, je suis allée jouer avec Power Point. Si, si, on peut s'amuser avec Power Point. Enfin, quand on est au chômage, on peut s'amuser avec Power Point.)



"Ox, c'est la bestiole sous la capuche."