blablabla, blablabla, bla,

 Marseille, blabla, Rouen blablablabla Paris.

Lyon blablablabla.


et des blablas rouges aussi

(des fois).

 

De tout et de rien (et du reste).

Lundi 20 février 2006

J’aimerais écrire comme des coquilles de bigorneaux qu’on écrase sous les pieds. Qu’on ne s’y attende pas, et que ça ne soit pas très agréable.

 

Quand j’étais petite je voulais être écrivaine. Enfin, c’était après ma période clown – j’ai d’abord, de toutes mes forces, voulu être clown – mais c’est une autre histoire. Je voulais être écrivaine, comme sans doute Aniss a voulu être écrivain, et je me complaisais dans mon rôle de génie miniature. J’ai d’abord commencé une cinquantaine d’histoires abracadabrantes, que je consignais dans un grand cahier à couverture cartonnée ou sur des feuilles A4 que j’illustrais avec des dessins aux feutres. Un fatras d’assiettes qui parlent, de bébés extraterrestres et de paysannes abandonnées. Puis j’ai écrit des poèmes. Ou peut-être les deux en même temps. J’écrivais des choses très tristes et j’amoncelais les adjectifs translucides et blêmes. J’ai ensuite donné dans l’architecture baroque. Ma professeure de français m’a un jour rendu une copie avec la mention « style ampoulé ». J’étais à la fois assez vexée et franchement amusée – ou peut-être franchement vexée et un peu amusée ; j’imaginais tantôt un lit de petites ampoules jaunes clignotant au détour des points d’exclamation, tantôt des lignes de mots boursouflés se tordant comme des files de fourmis malades, les pieds striés de cloques. Je choisissais un mot. J’y collais deux adjectifs devant et six derrière. Suivaient une demie douzaine de comparaisons introduites par toutes les prépositions que j’avais dans mon carnet à lexique. Virtuose de la phrase sac à patates, un kilo cinq bien tassé, dans un champ de poncifs sauvages bordé de coquelicots. A deux reprises, on m’a proposé de participer à un concours d’écriture pour enfants. J’imagine qu’une flegmatique torpeur a séché mon inspiration – ou peut-être quelque incertitude ?
  Puis je n’ai plus écrit.

 

 

A quinze ans j’ai repris le bic pour m’asseoir sur les ampoules et les lustres élégants. Troqué la dague argentée contre une charrue. Pour labourer mes peines…

 J’écrivais à peu près comme on vomit. Je couvrais des pages en fatras d’une écriture difforme, étirée dans un sens puis dans l’autre, énorme, trésautante. J’écrivais sur n’importe quoi : des papiers brouillons, des polycopiés inutiles, du sopalin, des prospectus de publicité ; je numérotais scrupuleusement chaque facétieux support de mes élucubrations ; il y en avait sur la fin plus de mille cinq cents. Je me souviens d’une suite de paragraphes où il n’était question, sur plusieurs pages, que de rats ; de rats mangés, crachés, noyés.

 
 


 Un matin j’ai simplement tout jeté.

 


 

 

Par Ox
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Dimanche 5 mars 2006

« Tes lettres, je les ai jetées. Je l’ai même pas lue la dernière. »
Voilà ce que j’avais écrit sur l’une des pages torchées du journal en mille morceaux que j’ai tenu entre mes 15 et mes 20 ans. Peut-être deux mille pages gribouillées de toutes sortes d’ustensiles. Fragments de cartons, petites, grandes pages, déchirées, quadrillées, blanches, grises, ou vertes parfois, des morceaux de tout et presque de papier cul recouverts de mes pensées et souvent de ma peine. Dix ans durant.
J’ai tout jeté. A la poubelle. Jadd dit que j’ai été con. Lui est l’archiviste de lui-même. Il se garde en petits papiers classés. Il me dit que j’aurais été bien contente, aujourd’hui, d’avoir ces traces. C’est vrai. Mais je sais pourquoi je les ai jetées.
Un tas de crasse à la poubelle.

Sur ces pages, les mêmes mots revenaient comme une litanie.
« Je voudrais m’enterrer sous la terre avec les vermisseaux, il fait tout noir à l’intérieur, tandis que je pourris de l’extérieur ; m’arracher les bras m’arracher le ventre, hurler ma haine. Je suis toute seule et je voudrais plus être là, un gros rat me bouffe les tripes, je m’écrase la tête, je rassemble tous mes membres autour de mon ventre et je sers avec mes bras, je colle ma tête, je ne suis plus qu’un caillou. Ca ira mieux demain. Je ne parviens pas à sortir de ma peine. Je suis dans la nuit. Il fait tout noir et j’ai des frissons de froid. Je suis dans la cave. Le violon se tait. Ma peau se défait. Des morceaux tombent je moisis, c’est la petite vérole. Elle m’a trucidée. « Tes lettres je les ai jetées. » Qui voudra de moi ? Je suis seule. »
Honte, place, toute la place ; je parlais de me cacher, de disparaître, je filais la métaphore des profondeurs et de l’obscurité dans une étrange ode à Dracula – noir noiceur enterrer cave ténèbres crasse trou tombe descendre tomber. Je parlais de mes amours, aussi. Et je parlais de mes gifles.
De mon père. De mes amis. Mais surtout de mes amours. (Eventrés.)

J’ai tout jeté dans un appel d’air vers la surface.

J’avais écrit l’histoire de Romarine. Hier soir, dans mon lit, alors que je ne pouvais pas dormir, j’ai essayé de me souvenir. Depuis le début, et jusqu’à la fin.

 

Par Ox
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Vendredi 4 août 2006

Il y a une semaine j'ai failli supprimer mon blog. J'étais à deux doigts de cliquer sur le bouton : "supprimer mon compte". Je me trouvais stupide à raconter mes petites histoires mesquines et égocentrées, à pleurnicher sur mon nombril bavard, et surtout à tourner en drame dramatique (avec tambours, violons, sanglots cris et tout le tintouin) de minables péripéties d'individue ordinaire. Je voulais tout de même, dans un petit sursaut d'orgueil artiste, sauvegarder ce que j'avais fait et écrit jusque-là, et je cherchais quelque chose comme un aspirateur à site ou une chose de ce style - je repoussais donc ce moment - par ailleurs inéluctable pensais-je - où je jetterai mon bonhomme capuche aux orties.

Puis, par habitude, par distraction, j'ai cliqué sur l'icône "statistiques" pour reluquer les petits diagrammes de mes visiteurs. J'en suis pas revenue : des semaines que je n'écrivais plus rien sur ce blog (exilée que j'étais dans mon cagibi déconnecté), et il y avait toujours des Gugus qui venaient tous les jours sur le bonhomme capuche. Des erreurs de manip ? des recherches Google égarées ? plus simplement des délires d'over-blog qui ne savait plus faire une addition et additionner zéro plus zéro ? C'étaient qui ces gens qui venaient serrer la pince à mon bonhomme C. quand je n'étais pas là, quand je ne pensais plus à lui, quand je l'avais abandonné ?

Ca m'en a bouché un coin, et même les quatre (car il faut que je vous avoue ici chers lecteurs que je suis parfaitement rectangulaire malgré mes quelques rondeurs). J'en suis restée toute interdite, et, sous le coup de l'émotion, j'ai posté un nouvel article.

Allez mon bonhomme, je te garde, tu n'iras pas aux ronces et paille ; voilà la seconde vie de mon bonhomme encapuché (et le bonhomme capuche, somme toute, c'est moi : ai-je droit à une sorte de genre de deuxième réveil, une post-existence, après mon tremblement de terre intérieur - "la vie sans Jadd du bonhomme capuche" ???)
Tant pis pour le nombril, tant pis pour les pétaratades de mon égo dramatique, tant pis pour le mélo ; tant pis pour la poésie ratée, tant pis pour celle qui s'écoute écrire et qui ne vaut que des clous. Tant pis pour les clous aussi.
Je continue.


Ca va pas être très simple, pourtant, côté connectation internètale ; puisque je suis toujours nomade malgré le bail (le beau bail, le grand gris et paraphé bail) que j'ai signé ce matin pour ma nouvelle maison trente mètres carrés de Lyon : demain, je m'envole (en TGV à l'hélium) pour la Capitale et la Normandie, retrouver mes racines qu'y disaient ; puis après les vacances, le stage - dans cette ô combien rêvée ville de... Troyes (heu....)
(Troyes,et son célèbre foyer pour jeunes travaileurs : 12 mètres carrés, un lavabo, les toilettes et les douches communs à l'extérieur. Rrrrrrrrrrrrraaaaaaaahhhhhhh !!!!)


Bise à toi, bonhomme capuche (voilà que je me parle à moi-même maintenant, ça s'arrange pas - remarque, se faire des bisous, des fois, ça fait du bien quand le terrain a été déserté) ; et respect à vous lectrices-teurs, zyeux zinconnus qui tombez par mégarde sur les cuisses du bonhomme.

Par Ox
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Dimanche 10 septembre 2006

Hier, c'était tout nul.

Je remontais chez moi à minuit moins le quart. Le code, la porte, le couloir en pierre, l'autre code, l'autre porte, les marches grises, et dessus mes sandales. Je monte à grandes enjambées sèches puis je me mets à entendre - des gémissements. Je me dis "ma fille tu délires". Je monte. Hop, hop. Re : les gémissements. D'une fille. Mes nouveaux voisins du dessous. En rythme, c'était. Des fois juste "han", des fois "oui". D'un coup d'un seul, je me suis sentie atrocement mal. Sur mes marches. Au-dessus de la pierre. Avec mes sandales. Et la brise du soir. A minuit moins le quart. Plus je montais, plus je l'entendais - forcément, j'habite au dernier, et eux... à l'avant-dernier. Les fenêtres étaient toutes ouvertes car hier il faisait chaud, doucement chaud.

Affreux malaise. Insupportable. Nausée. J'aurais voulu m'arracher les oreilles.

Cette nuit, j'ai rêvé que Jadd me prenait dans ses bras. Je me serrais, j'écrasais ma tête.

Puis je me suis réveillée toute seule dans mon lit une place qui grince, comme un crocodile grabataire.

Par Ox
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Mardi 26 septembre 2006

Alors voilà, le crétin s'appelle Christophe.

Se trimballe avec sa tronche fermée comme un ouvre-boîte, et a mis la musique trop fort dans sa tête : entend plus rien. Grand, sec, brun. Tellement grand que le son de ma voix lui parvient comme un écho - peut-être. Qui se reflèterait quelque part dans une flaque d'eau.

Habite juste à côté de chez moi : quelques encâblures. Des trottoirs. De la pluie.

Signe particulier : arbore un humour froid.

Glacial mais pas présompteux. Peut-être timide. Peut-être.

Noir, fermé, coincé, silencieux, compliqué, tout petit.

Ou dédaigneux.

Je ne sais pas.

Alors voilà, je le revois après-demain. Je mange avec lui, dans un restaurant, avec deux types dont l'un pourrait être mon ami. Dont l'autre me glace jusqu'à la moëlle des os. Velouté de petits pois à la neige. De quoi on va parler ? Moi entre ces trois paires de couilles. 3 X 2 = 6.

Je n'espère vraiment pas grand chose. A peine un courant d'air. Acide comme le vert des poireaux.

A deux doigts d'hausser les épaules et de faire demi-tour.

 

Par Ox
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Mercredi 27 septembre 2006

Chronique : moral en hausse ce soir.

Quatre causes nucléaires au thermostat :

1. Communication maintenue avec Jadd, qui n'a pas l'air de (trop ?) m'en vouloir de ma prestation lamentable d'hier soir ;

2. Suis allée courir, cinquante minutes et deux tours de parc sous les branches ; je me sens en accord avec la moralité pastorale de mes bonnes résolutions, et avec le réseau fibreux musculaire de mes jambes de marsupilami grassouillet ; ça fait du bien ;

3. Vu ce matin : l'homme. Humeur de cheval, n'ai même pas daigné esquisser un sourire (franchement cavalier de ma part) ; et pourtant : quand j'ai vu sa petite tronche de près, j'ai pas pu trop y résister. Un peu comme une glace à la pistache trop mûre, j'ai fondu. Mon crâne de pierre s'est fêlé, et je lui ai fait un beau sourire. Il en fera ce qu'il voudra.

4. Je le revois demain. Je le vois demain. Demain je le vois. Moi. Demain, c'est décidé, je lui parle beaucoup. Attention, toi, l'homme, demain, ce sera à nous deux. Hé.

Malgré deux grosses vilaines taches : j'avance pas dans mon boulot et je me suis faite lacérer par ma directeuse de mémoire, malgré, et ben, malgré, je m'en fous, ce soir, je veux aller bien.

Et demain, je revois le petit homme, du haut de ses un mètre quatre-vingts.

(et trois pots de géranium).

 

 

Par Ox
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Vendredi 29 septembre 2006

Je ne savais pas bien ce que c'était.

Un insecte. Une chose qui chatouille. Pas très agréable, comme un caillou dans l'oreille. C'était quoi ?

Ah, yavait un truc qui clochait.

J'ai bien parlé avec lui et distribué quelques sourires, fraise, pastèque, piment vert ; tout ça. Ausculté en quoi il consiste : deux bras, le reste. Hoché la tête. Ouais, ouais je vois.

Un tee-shirt bleu. Des blagues.

Mais toujours ce truc qui clochait.

Mince.

C'était quoi ?

Et puis ce matin, j'ai trouvé.

Il n'était pas comme Jadd.

Ox, mauvaise tête, sors de là.

Par Ox
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Samedi 30 septembre 2006

Ce matin virée à Vénissieux au bout du bus 12. Rencontré deux nanas, deux nanas supers.
La seconde s'appelait Lylia. Un visage magnifique toute de tiédeur châtaigne.
M'a dit :
"Avant on travaillait beaucoup avec les associations. Ya plus d'associations maintenant. Ya presque plus rien ici. Ils ont coupé le robinet, plus de subventions, il ya plus d'argent nulle part ; et puis faut dire, les gens, ils ont plus la tête à ça, ils sont trop dans la détresse, ils faisaient ça bénévolement, parce qu'ils y croyaient, ils avaient envie, mais maintenant... ils ont trop de choses à penser, trop de misère... La décentralisation, c'est bien ça ! la proximité, le terrain, tout ça... mais ils donnent pas les sous qui vont avec ! Alors les villes, les départements... ils ont de plus en plus de compétences, ils ont pas de budget, ils abandonnent tout, ils peuvent pas tout faire, ça s'étiole... Ca va de plus en plus mal. Ici, dans le quartier de la pyramide, c'est 50 % de chômage. Mais c'est de pire en pire. Je le vois, depuis huit ans que je travaille ici. Ceux qui travaillent, c'est le smic, rien d'autre que le smic de toute façon ; et puis avant yen avait un au chômage, mais l'autre il travaillait, il ramenait un salaire, maintenant de plus en plus les deux sont au chômage, le père la mère, alors là... Et puis on voit des gamins mal nourris. On voyait pas ça avant. Ils ont plus de quoi manger. Acheter de la viande, des fruits... Ici en fait, ya un peu de HLM, mais pas tant que ça ; le reste, c'est des copropriétés : ce qui a été bradé, donné presque, pour une bouchée de pain, après les émeutes des années 1980 : tout le monde vendait, voulait partir... alors des gens d'ici ont acheté. Mais ils n'ont pas les moyens d'entretenir, maintenant... ils remboursent les crédits, et encore ils peuvent pas toujours, mais investir pour faire des travaux, ça c'est hors de question : alors voilà, ça tombe en ruines, peu à peu... parce que c'est pas des HLM, sinon, il y aurait un minimum d'entretien... Mais ça va de plus en plus mal partout. Les riches de plus en plus riches, et les pauvres... ça va de plus en plus mal."

Par Ox
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Samedi 30 septembre 2006

Ce réflexe étrange de ma pensée : "faut que je demande à Jadd." Pour tout un tas de trucs. Encore, je me dis : "Je sais vaguement ce que je pense, mais je n'arrive pas à le voir très bien ; je ne sais pas le formuler, je ne sais pas convaincre, je ne sais pas voir clair. Il faut que j'écoute Jadd."
Comme cette fois où nous avions discuté de la pièce de Strinberg qu'on avait vue au TNP : je sentais, je savais confusément, je m'empêtrais, je rageais ; et lui, il prononçait les mots : exactement les mots qui s'ajustaient, le long des lignes du monde tel que je voulais le voir. J'aurais voulu pouvoir les trouver toute seule - mais ce n'est pas le cas.
Se hausser sur le fil de ses yeux. Voir comme il voit, énoncer, jauger. Anticiper ce qu'il aurait dit - je suis encore à me demander ce qu'il aurait pensé, ce qu'il aurait dit. Moi dans la vie, et un petit Jadd dans la poche.

 Je sais que Christophe ne pense pas comme lui. La pensée de Christophe n'a rien du couteau affilé. Je ne cherche pas à retenir le fil, à le dérouler, l'enrouler, le retenir, à mettre mes dizaines de petits cailloux blancs sur le méandre de ses pensées. Ca ne me fait pas peur. Je ne m'accroche pas à ses mots, ils ne me mènent nulle part, sinon à ses sourires et aux miens.

Ce matin, comme je marchais entre les tours de vénissieux, sur les pelouses rapées, les trottoirs avec leurs petites bordures (comme dans le pays de mon enfance, le parc de la Risle et la place Colbert), me sont revenus tous les paysages de la banlieue, et moi dedans à faire la fourmi au soleil. Les bus d'Argenteuil - le neuf, le cinq cent quatorze - ses trottoirs huileux de pluie les matins froids, et les quartiers de Marseille que je traversais, Saint-Antoine, la Viste, Bellevue, les Aygalades, la Maurelette, le Castellas.
Je suis d'ici aussi.

Même si ça ressemble à une fable, je sais, moi, quand je repense aux parties de patins à roulettes sur la place Colbert où on allait acheter des mentos aux fruits à la boulangerie, moi je sais que je suis d'ici aussi. Je sais que je vivais dehors, je sais que je traînais avec mes rollers, je sais que je sonnais aux portes et jouais dans les ascenseurs des tours.

Je marchais dans les quartiers de Vénissieux, et je me suis dit : "J'ai perdu ça. Je ne suis plus ça." Argenteuil, Marseille, les quartiers Nord, c'était avant, c'était Jadd, ma vie avec Jadd, et Ox avec Jadd. J'ai perdu ma peau. Je m'imagine avec Christophe, et je mesure l'étendue de la mer que j'ai perdue.
Un petit bourge les pieds dans la ville ?
Puis je me suis dit, Jiminy criquet m'a parlé dans un éclair insecticide, je me suis dit : "c'est de toi qu'il s'agit maintenant, toi dans le monde, avec ta vie, pour ce qu'elle est, en bandoulière ; ce n'est pas Jadd cette partie du monde, ou pas seulement, tu peux l'avoir en toi, les rues de Vénissieux, tu peux les installer au dedans de toi si tu le veux. Et tu seras toi devant lui avec ça à l'intérieur - un banc à gauche d'un arrêt de bus d'où tu regarderas passer les mamans avec leurs poussettes, et les vieilles avec leurs caddies."

Par Ox
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Dimanche 1 octobre 2006

Ca paraît bizarre, mais je n'aime pas qu'on me dise que j'ai maigri. D'abord, parce que j'imagine alors les gens qui regardaient mon corps avant, et le sous-pesaient ; mais surtout, parce que j'ai cette peur panique de tout reprendre, vite très vite, une petite semaine, hop, et même de prendre plus ; je sais au moment où ils me disent "tu as pas maigri ?" que j'ai déjà ingurgité suffisamment pour avoir tout repris le lendemain matin au réveil. Frayeur.

D'un coup, je me sens envahie d'une frénésie de stress, et d'un coup, là, maintenant, tout se suite, il faut que je fasse de la musculation, des abdos, des pompes, et trente fois le tour de ma chambre en courant à cloche-pied.

Par Ox
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