Bon.
Ben j'vais y aller.
Hein.
Pasque, comme on dit, hein, quand faut y aller...
Faut y aller, quoi.
Où ?
Ben dans mon cagibi, kesstu crois.
Ouais.
J'vais y aller.
Bon.
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C'est pô la fête, dimanche soir...
@ tout à l'heure
Je te fais suivre en direct live mon passionnant roman thrilling de la deuxième partie de soirée, passque je sais que tu n'as pas la télé et que les films d'horreur d'M6 interdits aux moins de 12 ans te manquent : toujours dans son accès de stress intense, elle n'est toujours pas parvenue à s'arracher de son ancienne maison (de son atmosphère si chaleureuse et du lino collant qui lui tend les bras avec amour) : 22 heures passées, Jadd est parti chez Marco pour la soirée, moi je suis là, dans l'appart, depuis une heure j'ai tout empaqueté mes affaires, tout est prêt, les gros sacs bien alignés le long de la porte, faut que je décolle, y faut, c'est l'heure, c'est le moment, et.... rien à faire, j'y arrive pas.
Stress !
J'ai ouvert 50 fois le frigidère, et je réactualise mes mails toutes les trois secondes, je suis dans un état de méta-angoisse suprissime. J'arrive pas à partir de cet endroit.... en plus il fait nuit.
Encore un truc symbolique à la con que j'arrive pas à faire, ou à refaire....
C'est trop dur !!!
"anne ma soeur anne ne vois-tu rien venir - nan rien"
rien-rien-rien.....
Mais je vais bien être obligée de prendre mon courage à trois mains et de me pousser au cul ; donc va falloir être forte ma fille...
Allez, je suis wonderwoman, je fonce !!!!
(Je suis tellement dans un état naze à l'idée de rentrer dans ma chambre là-bas, que c'est comme si j'avais peur de dehors, je veux pas sortir, c'est les lions dehors, l'inconnu, la savane sauvage, la solitude, l'exposition suprême, à tous les risques...)
tu parles d'une histoire à la con.
et pourquoi je te raconte ça à toi ?
ben franchement, j'en sais rien.
Bon, par la pensée, j'imagine que des gens sympas m'enverraient du courage en petits sachets comme des herbes à pizzas, et j'vais y arriver.... j'imagine aussi que tu m'envoies un morceau de courage, toi aussi, tu veux bien faire ça pour-de-faux ?
et cette fois-ci je me fous dehors (mon dieu que c'est dur)
(tu sais, un peu comme dans les BDs de Larcenet quand il raconte ses crises d'angoisse ; sauf que moi j'ai pas les petites pilules, j'ai juste la voix à l'intérieur qui invente des histoires débiles (comme ce mail et les herbes à pizzas) pour me convaincre d'avancer)
:-)
Salut Camille, et à demain
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(c'est l'ange de la motivation-pas-croyable qui passe).
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Okay j'arrête de faire de la prose vaseuse, et j'me casse....
C'est que j'aurais bien tapé la discute deux minutes avec toi, mais en même temps, parler à un écran, c'est assez abstrait.
Somme toute.
Comment ça, les gens ont autre chose à faire qu'attendre fébrilement mes mails et y répondre sur le champ ? ils ont des vies, des choses intéressantes à faire ? Ah bon ?
Bon, j'y vais alors.
Prendre mes trois métros.
M'enterrer dans ma chambre blanche.
Bonne nuit !
J'ai envoyé les petits sachets, j'espère que ça marche...
Tu me diras demain...
(dimanche 18 juin, Camille et Ox).



"Ox, c'est la bestiole sous la capuche."