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Samedi 4 juillet 2009
Lundi 8 juin.

Il pleut dru ce matin !
On prend le train, mais on change de gare... On va au Rossio cette fois. Et zou, direction Sintra.
On essaie d'aller à Mafra - car Rayé veut voir son palais-couvent, comme il a lu le livre qui relate sa construction, mais on s'embrouille nos pinceaux géographiques et on se retrouve le bec dans l'eau (de pluie). Alors on se replie vers les deux gros palais de Sintra, et le soleil se remet à briller.

Un. Le palacio nacional de Sintra.

Deux. Le palacio Quinta da Regaleira. Et son parc rocambolesque.
(Ox découvre internet : délire on peut en voir 53 photos ici !!!)

(C'est ce jour-là qu'a commencé ce phénomène fort étrange : des dizaines de petits boutons rouges sont apparus sur ma peau... les molets d'abord, puis les cuisses, le ventre, les bras... Varicelle ? Urticaire ? La nuit porte conseil aux petits pois...)

Mardi 9 juin.

Plage ! Estoril. On a bronzé.
Les petits boutons sont toujours là, et même plus que jamais là - à l'heure du pique-nique, on a fait des yeux ronds : ils étaient dix fois plus vifs, d'un rouge pétant, coquelicot, sur le dos de mes molets en oeufs.

On a bronzé...
Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Vendredi 3 juillet 2009
Dimanche 7 juin.

On a décidé de se faire un musée ; un pas loin de chez nous, un dont on avait déjà croisé et recroisé la porte d'entrée : le musée du Chiado. Bon.
On ya va. Bon.

Tout naze, le musée, hein, sans vouloir le contrarier.
Art moderne portugais (1910-1945), et art de Romania - on a mis un temps certain à comprendre ce que pouvait bien diable être la Romania : j'vous le donne en mille - la Roumanie (oui, p'tête que là, sur le coup, ça vous semble évident, hein, mais ce jour-là, pour nous, et pour nos neurones vacancières... ça ne le fut point. Ca ne m'évoquait même rien, mais alors rien du tout.)

On grimpe nos fesses (comment, grimper ne peut pas être transitif ?) jusqu'au miradouro qui supervole l'Alfama ; on mange dans le vent - mais un vent, un vent ! pfiou ! on a failli s'envoler avec nos tranches de salami (oui, car c'étaient des tranches fines...).

Pom pom pom on marche jusqu'au panthéon - on en fait le tour, on l'inspecte sous tous ses angles (qu'il a arrondis) ; on regarde même à l'intérieur en collant nos nez sur les vitres. Puis on prend le chemin du Mosteiro de Sao Vicente de Fora. Un bien joli grand cloître qu'on arpente presque seuls. Des salles à découvrir au p'tit bonheur à ses différents angles (carrés). Tiens, la cantine, avec ses azulejos (bien sûr) et sa grande peinture de Saint Jérôme - je me prends d'une affection particulière pour ce saint-là, et je demande à Rayé de le photographier.

Et puis un peu plus haut, les azulejos des fables de La Fontaine... Moi, les azulejos, je les ai trouvés un peu moches (j'aime bien mieux les motifs non figuratifs de style islamique), mais c'était très agréable de traîner au frais de fable en fable et de les lire toutes ; de lire des bouts en portugais, aussi. Ca m'a plu.

Et puis on est montés tout en haut, sur la terrasse blanche, il faisait un soleil de tous les diables et on s'est assis sur le banc de grés ; il y avait un oiseau mort. On n'entendait que les cloches sonner de temps à autre.

Notre péché portugais - couleur locale (on essaie de s'intégrer) : la pastéi de nata. On en chope deux dans une boulangerie de l'Alfama, et on s'asseoit sur la place Martim Moniz pour croquer dedans (chpoc).

La place Martim Moniz, elle est très rigolote - enfin, c'est le phénomène, urbain géographique et social (avec un peu d démographique et d'ethnographique dedans), qui est rigolo. Elle est située à quelques mètres de l'autre place - celle du Rossio, et celle aussi, toute collée, de Dom Pedro IV : deux places un peu mégalo sur les bords - grandes statues, grandes fontaines, touristes et appareils photos, du genre qui en met plein les yeux, très propres sur elles. A quelques mètres, dis-je ; et pourtant elle n'a strictement rien à voir. Elle est bien mignonnette aussi pourtant : quelques fontaines, des bancs, de la verdure... Alors quoi ? Ce qui est frappant, et très déroutant, c'est la différence de population : d'un coup on passe dans un autre monde, les gens qui sont là sont tous d'origine très populaire ; on change de couleur aussi : Pedro IV et Rossio sont très blanches. On s'est demandé, avec Rayé, ce qui pouvait expliquer un tel changement, d'une rue à une autre, mais comme on a redoublé notre licence d'urbanisme sociologique, on n'a pas trouvé.

Et on est allés se coucher.

Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Jeudi 2 juillet 2009
Samedi 6 juin.

On se peut plus se passer des petits trains verts et de la voix suave de la dame électronique : cette fois-ci, proxima paragem, Estoril... La mer qui s'étire comme un long fil de coton.
AH la plage (c'est moi qui fantasmait là-dessus : les pelles les rateaux et les petits pâtés, le CHCjhchchssss des vagues, faire la planche en fixant le soleil...).
On commence par une belle saucée, et on se réfugie dans un café du bord de l'eau, où on boit un grand coca et un café crème (ils nous offrent des cartes postales de pubs toutes moches avec des parasols bleus). Les nuages se carapatent très vite, et on ressort nos nez dans le vent salé.
On s'étale comme nos serviettes, on se baigne, yapa un chat ou juste quelques-uns, on est bien.
On marche le long de la côte ; on croise des starlettes de pacotille, des vieux bronzés, des poussettes, des djeunes en rollers, quelques messieurs muscles torses poils qui font leur jogging en plein soleil en soufflant fort ; on a du sable collé et on sent le cuit.
On tombe comme de vieux sacs de sel sur les sièges du train. On se laisse bercer.
Moulus. Repus de ciel bleu.

Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Mercredi 1 juillet 2009
Vendredi 5 juin.

Après le métro : le train ! Woué on est des fous on s'aventure toujours plus loin sur des terres inconnues... de vrais trappeurs du XXIe siècle, le sac-à-touriste sur le dos, la sandale légère ! C'est décidé, aujourd'hui, on va à Bélem. On descend les jolies rues pavées beiges pour rejoindre la gare de Cais do Sodre, qui deviendra vite notre point de repère préféré, notre seconde maison en quelque sorte... (Avant de grimper dans l'engin, on fait un petit détour par le marché couvert, rempli de fleurs et de poissons - pas un chat dans les larges allées, ça nous semble étrange (un marché silencieux, ça fait carton-pâte, non ?) - je remplis un sac d'abricots (parce que je n'ai jamais pu résister aux abricots : la seule vision d'abricots me jette dans un état proche de la transe) : um e meio (je kiffe ces trois mots et les répèterai en boucle toute la journée :)  )).

Hop, à Belem, on commence par investir le musée de la Marine, qui occupe une aile de l'imposant mosteiro dos Jeronimos (je fais une super blague au monsieur des tickets - on lui dit bonjour-deux-tickets-siouplaît dans notre impeccable portugais, il nous répond en portugais et nous glisse deux guides de visite en français  alors je lui dis "How did you know we were French ?? " en articulant théâtreux et en roulant des yeux - j'me suis beaucoup faite rire - et j'me suis dit : hop dis donc j'me lâche moi d'habitude même pas je parle aux gens que je connais pas alors faire des blagues là...).

Des bateaux dans des peintures, des bateaux dans des maquettes, des bateaux dans des vrais, des casquettes de bateaux, des cabines de bateaux, des bateaux dans des filets de pêche, des bateaux sur l'eau... et de l'eau aussi sur nos tête, quand on est sortis de là, tanguant : pluie drue et crachin marin. On casse-croûte entre les gouttes et aussi dessous les gouttes ; notre vache qui rit prend l'eau. Quelques gangs à casquettes batifolent près de là (casquettes jaunes, casquettes rouges, casquettes bleues).

Détrempés comme un matin de mars, on va s'en remettre à dieu et on entre dans l'Eglise de Sao Jeronimos. On y tourne maintes fois, le cou tordu pour zieuter les plafonds - les jolis cordages de pierres entrepêtrés. Yapa à dire, ça claque l'oeil.



Et hop, glissant nos sandales sur le sol tout mouillé, le crâne fuyant les gouttes d'eau douce, on met le cap sur le Centre Culturel de Belem - avec la gare de Cais do Sodre, l'un de nos endroits préférés à Lisbonne. Une grosse maison blanc cassé pleine d'espaces lumineux où l'on se sent préservé comme un poux dans une boîte de nacre. A l'abri. Près de l'Art et contre, tout contre la culture. Sans jamais grand monde. Entrée perpétuellement gratuite. Dès qu'on a pigé par où y rentrer on se dit qu'on pourra y venir toujours, tout le temps, être ici chez soi en somme.







On se promène au calme le long de deux expos - les photos espagnoles de Cristobal Hara, les oeuvres de Pancho Guedes (ses travaux d'architecture bof bof bof, en revanche ses tableaux trop chouettes - puissants, drôles parfois - et parfois non).



Des centaines de paires de jambes s'agglutinent devant la meilleure pâtisserie de Lisbonne - on se dit qu'ils sont zinzins (zinzin ça me rappelle mon enfance :p) et on entre dans celle désertée du trottoir d'en face ; on commande dos pasteis de nata qu'on grignote en se marrant avant de remonter dans le train.


(On se balade le soir venu et je dîne d'une assiette géante d'oignons et ails / aulx agrémentés de morue - expérience intéressante mais dont mon palais n'a pu venir à bout entièrement - il a pris feu avant :p) - il fait nuit quand on rentre se coucher.)

Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Mardi 30 juin 2009
Jeudi 4 juin.

Oriente ! La toute dernière station de métro de l'une des quatre lignes de Lisbonne. La rouge - parce qu'à Lisbonne non seulement les lignes ont toutes des couleurs attitrées, comme à Paris, mais on les appelle officiellement comme cela - y compris dans les annonces de voix-robots : verde vermelho amarelo azul... Alors c'est parti, cap vers le Nord Est : à l'ancien emplacement de l'expo universelle de 1998.

Balade pas piquée des hannetons dans l'aquarium géant - "le plus grand aquarium d'Europe" ben ça - et on continue notre tournée animalière, après les canards les paons et les papillons (ben oui, on aime la nature).

On découvre ce petit piment de nos vacances : les groupes scolaires en sortie de fin d'année, qu'on appelera rapidement les "gangs à casquettes" (en raison de leur appendice chapellier) et qu'on apprendra à craindre vertement... Diable que le groupe scolaire en sortie de fin d'année portugais est bruyant... On en deviendrait presque enfantophobe.

Dès lors notre visite de l'aquarium géant se transforme en exercice stratégique (j'avance je recule j'accélère je contourne) visant à éviter la marmaille effervescente ; les machins derrière les vitres nous lorgnent d'un oeil rond.
On profite : les loutres (poilantes), les manchots, les hippocampes, les raies, les clowns, enfin tout - Rayé et moi on s'en lasse pas, de la poiscaille - on est déjà de grands fans de l'aquarium de la porte Dorée par chez nous - comme des enfants, quoi - et nos préférées : les petites méduses bleues, aériennes, magiques.




Je me suis bien caillée les miches dans l'aquarium (la traversée de l'océan arctique, éprouvante dans la bise), alors on va se réchauffer sur un banc (faire les méduses - nettement moins gracieuses que les originales) au soleil de 13 heures ; on se promène avec nos pieds (peu palmés), on va acheter des chaussettes pour Rayé (ben oui, au Portugal aussi ils ont des chaussettes, pourquoi on aurait pas le droit d'acheter des chaussettes chez H&M pendant nos vacances au Portugal?...) ; de retour par le métro tout lisse et propre on prend le chemin du Castelo Sao Jorge.





Cette fois-ci on entre dans le Castelo - marche au soleil du soir le long des fortifications, on escalade les restes de tourelles, on prend plein de photos de vues superplombantes et dorées, ya un chat.

Au sortir j'achète des machins dans une boutique à touristes avec deux japonaises, et Rayé me prend ma tête à moi que j'ai parce que c'est stupide d'acheter ces trucs de touristes dans ces boutiques à touristes et que ces machins "je les lui offrirais il en aurait rien à secouer" - moi, obtue, je me vexe, et je lui tire la tête vingt pieds longs pendant tout le tiers de la soirée - ça lui apprendra à me la prendre, ma tête, longue et pointue.









Dodo.
(Je rêve aux méduses.)


Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Lundi 29 juin 2009
(Trop la honte d'avoir eu l'intention de faire le projet d'avoir le dessein de raconter mes vacances, et ensuite : flop - yaplu personne... Mais ! si vous saviez comme ma vie est... pleine de moutons de poussière ! ben oui, ces trucs qui parasitent...)


Mercredi 3 juin.

Ce matin, direction le jardim botanico (j'ai un très gros faible pour les arbres, et les jardins, en dépit de mes effroyables doigts terminator qui transforment en natures mortes tout ce qu'ils touchent...) On se promène en pente sous un ciel blanc un peu poisseux, courant de petite pancarte en latin en petite pancarte en latin - nos préférés : les youkas pachydermiques (ou quelque chose dans ce genre-là). On traverse aussi des bois de cactus, des micro forêts d'abrisseaux aux fleurs en cloches, jaunes ; quand le soleil descend entre deux nappes de ciel blanc les feuilles se mettent à briller et c'est tout joli. Ca sent les racines et la terre - au détour d'un sentier (les épines craquent sous les pieds) on se croirait bien quelque part de l'autre côté de la Bleue.



Et puis on entre dans la serre aux papillons - alors là... le kiff total, comme dans un dessin animé. (Ca serait un truc d'émerveillessissement avec des couleurs joviales.) Moi, bête, je pensais : ça va être une salle avec des paps' épinglés et quelques vivants sous des cloches (comme des fromages volants), et des explications en latin. Du tout : c'était un coquet jardinnet, avec des paps' en liberté qui batifolaient de partout ! Aussi, pas mal de plantes, de sortes variées ; et dessus : des chenilles et des chrysalides. Des papillons jaunes citrons, des blancs, et aussi le fameux, là : le monarque, star des papillons - qui se promène à travers le globe... Et une p'tite nana toute choupinette qui parlait un français déroutant et nous expliquait timidement tout un tas de détails et d'anecdotes. J'ai adoré la serre aux papillons.

Ensuite on est allés errer dans le parc psychorigide (genre équation mathématique végétale, peu touffue, en pente) d'Edouard VII ; on a cherché pas mal de temps quelque chose à se mettre sous la molaire - on approchait dangereusement du stade d'inanition quand on a enfin trouvé un p'tit restau trop sympa (le genre avec que des Portugais dedans, qui viennent casser la graine sur l'heure de déjeuner du boulot) ; la télé allumée fort, les gens qui parlent très fort, et nous joufflus heureux sur une petite table au fond. (Ma première bacalhau - et la meilleure des vacances). (Rayé a pris une chcalopé doporco et une moussochocolaté.)




Retour dans le parc pour admirer des petits canards et un paon sur un parking ; puis grande paumade au nord du dit parc - errance au bord de routes diverses dans l'odeur de divers pots d'échappement, avant d'atterrir, enfin, dans un musée d'art contemporain. Riquiqui, le musée, pas fantastique ; à part nous, juste un homme seul, et le petit groupe de gardiens-gardiennes à l'entrée - dont on s'est demandé comment ils faisaient pour suppporter le surréaliste monologue fluvial sans respirer (genre : tonneau sans fond) de l'une d'eux .





Supermercado - stop - pique-nique à Edouard VII - stop - retour par la place Camoes - stop - Ox se la joue Marylin sur la bouche d'aération.

Dodo.


Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Mercredi 24 juin 2009

Hier, j’ai découvert eux.

(Une envie irrépressible de claquer frénétiquement des mains comme une otarie m’a saisie –  la voyez là l’otarie extatique ? – avec un sourire ravageur plaqué en plein sur la figure, du genre qu’on peut pas enlever, de toute la matinée…)

Trop beaux, trop forts, trop émouvants, tellement drôles, tellement… avec des idées qui pétillent frétillent débordent de leurs têtes en faisant des p’tits sauts périlleux hop, hop…

 

La nana, là, je serais bien tombée amoureuse d’elle tout court, tellement elle me mettait des étoiles dans les yeux.

 

Alors voilà, c’est Zaz Rosnet, elle est un peu tout : conteuse, comédienne, clown, plasticienne aussi, artiste on va dire – magicienne ? qui transforme tout en chouette (c’est un métier, ça, un métier pour de vrai).

(Elle voyage dans le monde entier, mais elle prend pas le train ou l’avion, le bus non plus : elle a juste des chaussures très spéciales qui font marcher sans qu’on se fatigue, si les arrose – si si.)

Elle s’est mise à raconter (à faire de petits spectacles) pour les enfants, puis pour les bébés. Toute seule, puis après avec d’autres gens, et avec son amoureux aussi.

Ils ont un atelier qui doit ressembler à une caverne (avec des merveilles et des fantastiques aussi, débordant de bestioles (très vivantes et désobéissantes) de paille, de carton, de tissu, de laine, d’un peu tout ce qu’on trouve dans le monde, avec des yeux et une bouche.

 

Une sorte d’antipode du niais : du mourir-de-rire pour les gamins.

Une sorte d’antipode du convenu.

(Gnangnan. Rose rose. Lisse. Là c'est rugueux et les bestioles sont hirsutes.)

Par Ox - Publié dans : Oxyculture
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Dimanche 21 juin 2009
Oho, aujourd'hui c'est l'été...
Il y a une semaine pile poil ploc, Rayé et moi on rentrait du Portugal - au milieu d'une nuit clair-de-chat, à quatre heures du matin, on regagnait nos pénates (fraîchement déménagées).
Après dix jours de rigoli au pays de la bacalhau (mais pas que, hé : aussi des mosteiro, des pastelaria, des proxima paragem - et tout ça).


M'en vais tenter de vous raconter la chose par le menu,
hachant en petites rondelles nos vacances irisées.



Mardi 2 juin.
On atterrit (même pas mal), on grimpe dans le bus, on scotche nos yeux globules sur les vitres pour scruter le paysage qui défile : Lisbonne. On monte nos gros sacs au deuxième étage de la pension, et on file dehors crapahuter. On crève la dalle de fer, alors on s'achète deux sandwichs à piquer des hannetons - pain tout mou omelette pneu trempé dans l'huile. Installés au bord des fontaines de la place Pedro IV, on est bien.
On déambule dans le Bairo Alto, on pousse jusqu'à l'Alfama ; on lorgne des églises, des miradourio - et on s'arrête devant l'entrée du gros castelo Sao Jorge. Le grand air qui vente, la mer de toits rouges en dessous, les pavés en montagnes russes - c'est joli comme une fête foraine. On redescend jusqu'à la mer - la vraie, qui crache les vagues ; la côte est piquetée de drôles de poufs en plastique dur de toutes les couleurs, comme de gros bonbons haribo. On s'affale dedans et on respire le vent.
En rentrant on s'achète des gâteaux ronds dans une boutique bio et on tombe de sommeil dans nos p'tits lits jumeaux.


Par Ox - Publié dans : Wouacances : wawawoum !
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Jeudi 18 juin 2009

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J’ai rêvé de toi cette nuit. J’en ai un souvenir confus.

Dans la première partie de mon rêve, j’étais terriblement heureuse ; une sorte de microondes à l’intérieur du ventre, je me sentais toute réchauffée (c’est bizarre comme on dit « chaud au cœur », mais là, je le vivais pour de vrai, et c’était du bonheur). Tu étais assis à ma table, il y avait d’autres gens aussi, Rayé, Massélie, et peut-être d’autres.

Et puis dans la seconde partie je me retrouvais seule à cette même table, avec toi et, je ne sais pas pourquoi, ma copine Avril ; elle te disait quelque chose, sous forme de blague – faisant allusion au passé/passif… et tout me retombait sur la tête d’un coup, je me sentais triste, agressive, pleine de rancune, et paumée.

A la fin de mon rêve comme une sorte de générique juste cette idée impérieuse : il faut que je dise à Isée et à Garance que j’ai retrouvé David.

Je me suis réveillée et c’était encore la nuit ; peut-être que comme dans les cauchemars l’émotion était trop forte et m’a faite sortir du rêve.

J’ai mis de longues secondes à comprendre, à savoir ce qui était vrai et faux, le rêve et la réalité ; si je t’avais retrouvé, ou si je t’avais toujours perdu. Parfois le rêve enfonce ses sillons profonds et au réveil on retrouve de grandes marques dans la tête.

Tout au long de cette journée, j’y repense ; c’est lancinant, comme une migraine.

La tristesse, la douleur d’une épine enfoncée on ne sait trop où.

 

Sais-tu la peine que tu nous as faite ?


Par Ox - Publié dans : Cardiaque et lacrymal.
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Jeudi 4 juin 2009
Ces gens qui me mettent en rogne verte et rouge dans ma bibliothèque :

- les gens qui se collent tout près tout scotchés limite sur tes genoux quand tu es avec un(e) autre usager-ère et qu'ils sont censés attendre leur tour derrière. Alors ça je le mets en tout premier parce que ça a le don de m'horripilier. Des fois, ils font exprès de faire du bruit, de soupirer, pour bien montrer qu'ils attendent et ahlala c'est long et... rien de mieux pour me donner l'envie de prendre tout mon temps et parfois bien plus, énumérer lentement toutes les particularités du réseau, les virtualités ouvertes par la possession de la carte, faire des commentaires avec la mamie sur le dernier bouquin qu'elle a lu ou sur la météo... Il arrive même qu'ils interrompent carrément la discussion - ils fichent leur tête d'oie entre la mienne et celle de la personne dont je m'occupe et y vont de leur question - nan mais et pis quoi encore.

- stressant au plus au point, aussi, pour mes petits nerfs délicats de bibliothécaires gracile (hum) : le même phénomène que ci-dessus mais de masse : au prêt, toute la file de la queue qui vient s'agglutiner en amas difforme devant et autour de moi - je suis prise d'un accès d'agora-lectorat-phobie, avec l'envie mordante de les chasser tous avec une tapette à mouche - ou d'aller me planter au milieu du dit amas de l'autre côté de ma banque de prêt avec un grand bâton de gendarme - comme dans Quick et Fluck - et de te les ordonner en file à un bon mètre cinquante de moi : là ! tu attends là ! et chacun son tour !!!

- les gens qui ne disent pas bonjour (grand classique), les diverses portes de prisons en tout genre, ceux qui t'agressent dès qu'ils ouvrent la bouche - mais bon, ça, rien que du banal...

- ceux qui s'essaient à nous (bibliothécaires) monter les uns contre les autres, à cracher sur X auprès de Y (débordant en général de compliments à l'égard de Y) - s'attendant à ce qu'on abonde dans leur sens : "ah vous au moins, vous êtes aimable, parce que votre collègue là-bas ! en plus elle avait pas l'air de s'en sortir hein, elle comprenait rien, elle avait pas l'air bien dégourdie... " etc. Ou bien, quand il y a eu un souci d'enregistrement de transaction, ils tiennent absolument à nous décrire la personne à qui ils ont eu affaire - soit qu'ils s'imaginent que cette personne va s'en souvenir (comme si on mémorisait les centaines de machins qu'on bippe toutes les semaines), soit, plus vraisemblablement, qu'ils s'attendent à ce qu'on aille la lyncher. (L'amusant, dans ces cas-là, c'est qu'ils décrivent toujours en terme de couleur de peau. "Une petite black." "Un jeune homme heu, certainement d'origine heu...")

- ceux qui essaient la même question à une demie-douzaine d'entre nous. Exemple cet après-midi : "- bonjour, j'ai oublié ma carte, je voulais savoir si je pouvais.. - ah non ce n'est pas possible d'emprunter sans la carte madame, désolée. - d'accord, tant pis." Et quelques mètres et secondes plus loin : "bonjour j'ai oublié... "Et elle va comme ça tester tout le monde, pour voir. Certains, quand ils se rendent compte qu'en fait on est juste à côté et qu'on a entendu, ils se sentent cons. (Un jour comme ça un gars m'avait demandé si on avait je-sais-plus-quoi ; je lui avais répondu par la négative. Quelques minutes plus tard Newcollègue vient me chercher, m'expliquant qu'un lecteur lui pose une question à laquelle elle ne sait pas répondre. J'arrive, et tombe sur le même gars avec la même question. Je crois qu'il s'est senti con.) Mais d'autres pas du tout, ça les gêne pas le moins du monde.

- ceux qui viennent te demander s'ils peuvent faire xvvh, tu leur dis non, et deux minutes plus tard tu tombes sur eux en train de faire xwh (c'est que du vécu hein, j'vous jure, et du vécu fréquent par dessus le marché !)

- les nombreux qui te tiennent toi, petit être individuel, maillon inoffensif, rouage d'équipage, pour personnellement responsable de tout ce qui peut advenir dans cet établissement : les fuites dans les WC, c'est toi, les pannes informatiques, c'est toi, le catalogue qui n'a pas trouvé le livre, c'est toi, le disque mal rangé, c'est toi, le DVD qu'il n'a pas réussi à lire, c'est toi, les tarifs trop élevés, c'est toi, les.... Et parfois, quand, excédée, tu leur fais remarquer que merde, c'est pas ta faute à toi, ils le reconnaissent en général, et s'assoient sur leur "mais", qui pour eux coule de source : mais ils ont besoin de se défouler ! Et puis ils sont énervés, parce qu'ils ont fait trois quarts d'heure de transport et le..... et c'est pas la première fois que ça arrive et... etc.

Je pourrais continuer.....
               et je continuerai plus tard, d'ailleurs.

Par Ox - Publié dans : Dur boulot
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