Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Je discute à midi avec Super-copine-collègue perchée comme un perroquet sur ma chaise en plastoc. On discute popote : son tupperware de fraises sous le nez. On discute cuisine, faisage de cuisine, dons, goûts, habitudes de vie ; et là, elle me dit : "ben moi tu sais ça fait 10 ans qu'on vit ensemble avec mon mari... Alors un jour il m'a un peu fait comprendre... qu'un homme ça se gardait aussi comme ça hein, avec la bouffe ! Alors je me suis mise à faire la cuisine..."
J'hallucine - "IL T'A DIT CA ? " - "Il t'a VRAIMENT dit ça ?!?..."
Ben merde alors, Copine, faut pas hein, faut pas se laisser faire tu sais...
Echange entre Copine et Madame-Ordinateur un autre midi (décidément le midi ça ethnographise) :
Madame-O : "le quoi ? le "ménage" ? Connaît pas. Je vois pas de quoi tu veux parler."
(rires). Madame-O : "Moi en ce moment j'essaie d'apprendre à mon chien à faire le ménage." (rires. Elle est marrante, Madame-O ; j'aime bien quand elle fait son cinéma.)
Copine : "Ben moi j'essaie d'apprendre à mon mari à faire le ménage..."
Madame-O : "Et j'y arriverai avant toi, c'est ça ?"
Je lis un livre - par ailleurs pas mal du tout - dont la page 372 m'incommode. A l'article sur les sans domicile.
On lit. "L'éducateur milite pour la construction de quinze studios, à Dunkerque, pour les sans-abri âgés. Avec une "maîtresse de maison", parce qu'un studio isolé, ça ne marche pas toujours pour retrouver la vie d'avant."
Ben tiens.
(Ca me rappelle un peu ces discours sur le "droit à la sexualité" des personnes handicapées, Quand on estime normal, légitime et même dû que des femmes se mettent sexuellement au service d'hommes, sous prétexte qu'ils auraient un "droit" à la sexualité.)
Ici, les sujets, quand bien même ils seraient extrêmement malmenés, ça reste des hommes sans-abris, au coeur du discours les hommes ; et les femmes, naturellement, en accessoires de vie vivable, en prestatrices de services péri-vie.