Où je vous parle de Myosotis. [Et je fais un apparté dans les crochets : je sais, Myosotis, c'est pas un nom. Et Myosotis ne s'appelle pas vraiment Myosotis... mais je sais pas comment la surnommer et je veux pas y coller son vrai nom, pour si jamais la CIA lit ce blog.]
Elle m'a dit, Ox, hier il m'est arrivé un truc horrible. - Après elle m'a dit : j'étais sûre que tu comprendrais - et ça m'a fait chaud au coeur.
Hier soir, elle est passée au Franprix faire des courses, entre le boulot et la maison. A la caisse, un mec saoûl juste derrière elle. Il lui dit des choses obscènes. Il l'agresse de ses mots tout dégueus.
Elle me dit - j'aurais dû tout laisser en plan et partir ; laisser mes courses, je m'en fous, et sortir. Tout de suite.
Mais elle ne part pas et le gros dégueu continue ; personne ne bronche autour d'elle, aucune réaction de personne ; elle lui dit - monsieur vous êtes saoûl. Et puis - j'ai honte pour vous.
Et la nana de la caisse de s'adresser à elle - avec fermeté : taisez-vous. NE - DITES - RIEN.
? Eviter les débordements ?
Rester là et endurer, rien dire, rien faire, juste serrer les dents encaisser et attendre que ça soit fini, et laisser le gros porc répandre ses phrases et son pouvoir sur nous ?
(Oups pardon j'ai dit nous.)
Elle me raconte qu'elle est rentrée chez elle et a pleuré ; qu'elle y a pensé encore toute la nuit et tout le matin ; que sa mère lui a dit au téléphone que dans ces cas-là on ne fait rien - pas de vague.
Ben voyons.
(Faire semblant que ça n'atteint pas quand ça atteint, violemment, ça n'existe pas comme solution. Rester digne quand on a l'impression de se faire marcher dessus, avec leurs grosses chaussures crantées dégueues.)