M'est arrivé un truc.
Enfin, deux trucs.
Le deuxième racontait le premier, quand il a disparu.
Le premier avait une peur bleue de disparaître.
Pas clair ?
Je reprends du début de la queue de la comète.
J'étais au boulot, boulot, dans ma salle tout en bas, et l'été, le midi, tout en bas - bref : pas un chat.
Ni un chien, un rat, un lézard, pas la plus petite poule d'eau dans ma salle du bas de ma bibliothèque - tout juste deux trois mamies qui se débrouillaient très bien toutes seules et qui n'avaient pas du tout besoin de moi, ni pour les accueillir, ni pour les renseigner, pas non plus pour les inscrire (ben oui : accueil, renseignements, inscriptions, kidisent).
Une heure et demie à tirer, donc, moi et mon absence de poule d'eau.
J'ai fait deux trois trucs, un demi-machin - puis... je me suis dit : tiens, moi qui n'arrive jamais à trouver quatre minutes dans ma maison pour écrire les choses qui gravitent dans mon moins que crâne d'oeuf, moi qui ne trouve pas quatre minutes pour nourrir ma capuche et le bonhomme qui crèche dedans - moi qui, en plus, depuis quelques jours, ai un sacré truc à raconter.... et si je mettais à profit la pénurie de poule d'eau au boulot pour y remédier ? Là maintenant ?
Et voilà-ti pas que discrétos, en tout petit, j'ouvre une mini fenêtre pour taper tout ça au clair sur le clavier.
Pom pom pom, un paragraphe, deux, quatre, ça ressemble à un texte noir, sur fond blanc, en forme de récit d'angoisse (roulée en boule sous le lit).
Pas vraiment fini, mais bien entamé ; et voilà la fin de la plage-horaire-de-service-public (à dire tout attaché sans respirer) qui arrive à grandes enjambées, et la relève ; vite je plie le texte en petites boulettes et je l'expédie : hop ! depuis mon mail pro jusqu'à mon mail perso.
Zou. Envoyé. (Et j'en profite pour vider le dossier messages envoyés et la corbeille par la même occasion. Du clair, du vide et du bien-être.)
Enfin, jusqu'à mon mail perso... que je croyais.
Parce que voilà : jamais arrivées à destination, les petites boulettes. E-va-po-rées. Désintégrées. Soufflées.
Perdues à tout jamais.
( ? )
Je me suis demandée : essaierait-on de me dire quelque chose ? Les dieux qui m'enverraient un message depuis leur mail pro jusqu'à mon trou noir de mail perso ? Dois-je comprendre que les angoisses, on les range dans le Grand Rien, et qu'on s'asseoit dessus ?....
Pchit, mon blabla à palabres. Manquerait plus que mon article s'efface - comme ça, ppfffiou.....