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Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.

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la FNAC et l'odeur du grillage un soir après la pluie.

La Fnac.

 

Parce que la culture n’est pas un produit comme les autres.

 
Samedi, nous découvrons les plannings de la semaine suivante. Nous découvrons quels jours nous travaillons, combien d’heures dans la semaine, quels jours nous sommes de repos, et à quelle heure nous mangeons. « De toutes façons je vous préviens si j’en trouve deux en même temps en train de se boire un café dans la salle de pause vous redescendez toutes les deux et immédiatement, et comme ça c’est réglé. »

  

Devant nous, la longue file des clients, leurs achats sous le bras, les yeux dans le vide, dans la cohue, nous lancent de temps à autres des regards fatigués. Les mamies se pressent, les mains s’agitent dans les porte-monnaie, pleines d’excuses, pardon de pas aller assez vite, pardon de ranger mon sac, pardon de pas courir, pardon d’être là. Les codes barres s’étalent. Vérifier les prix sur l’écran. Mettre dans des sacs. La carte bleue va trop vite. Cartes d’adhérents oubliées. Les 6 %. Journées de merde. Tant qu’à faire… Rentrer les numéros dans le bon ordre. Ca s’affaire devant, ça s’affaire derrière. Le bruit des antivols qui volent. Qui éclatent en chute libre dans les caissons de plastique. 1. les antivols, 2. les codes barres, 3. des sous, des sous… Hop, dans un grand sac. Gribouillis illisibles des vendeurs. Les vieux gilets sales qui nous transfigurent, uniformes caissières. Les centimes. Les american express. Les doubles cartes d’identité. La colère des clients. Les pieds qui traînent. L’envie de s’enfuir, loin, loin.

 

La pluie qui vient de tomber sur un chemin de terre, avec quelques herbes autour. J’ai encore rêvé que j’étais au Japon.

 

Delphine me dit de ne faire confiance à personne. Yen a qui piquent dans les caisses des autres. Elle est pas la seule à le dire. Il lui manquait dix euros. Il est arrivé la même chose à Hélène. Elle a eu un avertissement. Mais là haut ils savent que c’est pas de sa faute. Ils savent bien ce qui se passe. Ton mot de passe tu le changes toutes les semaines.

 

Je fais une erreur de caisse dans la caisse de Gaëlle.

 


Delphine lui dit d’écrire en gros formation sur l’enveloppe.

 
 
Des piles de livres avec des listes de zéros sur l’écran. Vous pouvez introduire la carte. Je vous laisse taper votre code.

 
 
Vent de frayeur. Encore cinq heures à tirer.

 

Gaëlle aimerait peut-être être instit. Ou infographiste. Sandrine est en première année d’histoire de l’art et doit faire un exposé sur Léonard de Vinci.

 

Je crie pour appeler les clients à l’autre bout de la file. Ils me regardent avec des yeux ronds et disent pardon. A côté de moi on les traite de gros mous. Les porte-monnaie ne ferment pas.

 

 
Je vois des codes barres en rêve.


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