Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
J’écoute avec fracas d’objections la façon dont lui prend cette délicate question entre deux nerfs. Le point de départ – de sa question – n’est pas dans un fait biologique. Il ne commence pas par réfléchir aux poils des couilles ni à l’agencement des sexes entre les jambes de l’hermaphrodite.
Constat : dans une société, il y a du pouvoir.
Dans une société (dans toute société, au sein de tout groupe d’hommes organisé), il y a des rapports de pouvoir.
Ces rapports se jouent entre des groupes de personnes relativement stabilisés. Ces groupes de personnes doivent être repérables. On va les étiqueter. On cherche un critère identifiable pour y superposer du pouvoir et des rapports de pouvoir.
La patère : « support fixé à un mur pour y accrocher des vêtements, ou pour soutenir des rideaux, une draperie, etc. » (Dictionnaire Larousse, 1998). L’important, ce n’est pas la patère, mais ce qu’on y accroche.
D’aucuns diront : « A l’origine il y avait le désir ». Ou – « l’instinct de conservation » et par extension de reproduction. « Et donc après… »
Lesquels des grands clowns philosophiques ont dit qu’au début il y avait le pouvoir de l’un sur l’autre – de certains sur d’autres – et d’autres sur certains, de la peur, de la souffrance, de la violence ?
Au début de quoi d’ailleurs au début de rien. Hobbes ? « L’homme est un loup pour l’homme. » Mais surtout pour la femme.
En me prenant la tête sur l’anatomie, j’ai longuement médité sur la patère. Quelle couleur, quelle forme, quelle inclinaison, fer ou osier, plâtre ou bois. Mais ce n’est pas parce qu’il y a une coquille qu’il y a un bernard-l’hermite dedans. Et l’important, c’est…
La petite bête bien sûr.
Différencier la cause, de l’occasion : l’aspérité sur laquelle vient s’accrocher un rapport de pouvoir.
Un pénis ne dit rien et ne veut rien dire. On lui fait dire (tout un tas de choses). La sexualité est une poupée ventriloque : on lui fait dire d’innombrables choses, qui parlent toutes d’autre chose qu’elle-même.
D’un coup d’un seul je me sens perdue. Je ne sais plus ce que je cherchais à faire, ce que cherchais à dire, à démontrer, à démonter ; je ne sais pas où je veux en venir, ce que je pense, avec quelle catégories je pense. J’ai l’impression d’avoir été complètement à côté de la plaque.
Jadd me dit : « Mais non tu t’es pas pris la tête pendant des heures pour rien... Tu t’es pris la tête sur ta culture. »