Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Je suis complètement over-stressée, c'est pathologique. Tendus, ramassés en paquets de nerfs, tous mes muscles, mes tendons, le moindre bout de chair, de membrane, les os aussi, saturés, de nerf, de bruit, un vrombissement magnétique insupportable qui monte et qui descend toute la journée. Je dors pas. Jusqu'à trois heures, à peu près, ça va ; puis c'est toutes les demies-heures : je me réveille, j'ouvre mon téléphone portable qui s'allume, je regarde l'heure. Je m'interdis de me lever avant 5h45. Heure de ma chute du lit ce matin. La boule de nerfs saute sur ses pieds. Energie mauvaise, destructrice.
Je fais des avances à un mec qui n'en a pas grand chose à secouer.
Je le rencontre périodiquement dans le métro.
Il me fait la bise. Puis la conversation.
Il m'énerve.
Je voudrais qu'il me drague.
Il ne me drague pas.
Il s'en secoue comme de sa dernière chaussette.
J'ai l'impression de gaspiller mes minutes de temps toute la journée. De ne faire rien. J'ai mal à la tête le soir. Je ne travaille pas. Pas assez. Pas efficace. Pas moral. J'ai l'impression que je n'avance pas, dans mon boulot, et dans ma vie. De ne rien créer. D'avoir vidé mon imagination. De gâcher des perspectives inestimables. De passer à côté.
D'être con.
Je m'en prends aux autres. A lui par exemple. Je le traite de gros mou, de bébé, de grand vide ; je voudrais lui gueuler qu'il fasse quelque chose, qu'il cherche à me plaire, qu'il me surprenne, qu'il me rende vivante, mais il s'en fout. Pas d'intérêt. Pas de papillons.
Il répond pas à mes mails. Ou pas beaucoup.
Je crois qu'il s'en fout. Je crois que je ne lui plais pas.