Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Ce matin je me suis rendue compte que j'avais perdu quatre kilos.
Ca aurait dû me mettre la pêche pour toute la journée.
Au lieu de ça, cafard pas croyable. Cette envie de pleurer en permanence qui me revient. Quand vais-je enfin réussir à remonter la pente ?
J'ai mal au ventre. Ma carte bancaire a été bloquée. Je ne supporte plus les gens dans le métro. Je me sens seule. Tellement seule. Cette tension contamment dans mon corps qui me bouffe. Tout m'indiffère. Ou plutôt tout me rend triste.
Je rentre en traînant les pieds, en métro car je n'ai même pas le courage de marcher, même plus l'envie de sentir les rayons du soleil qui perce, même pas la force de traverser le parc. J'ai le visage fermé, dur, agressif, je le sais. Je rentre dans mon appartement comme un refuge et une prison, vide, tellement vide, silencieux, comme sont les choses quand personne ne les voit, ne les entend, je pense que mon appartement a été comme cela toute la journée, tellement vide et tellement silencieux, et que maintenant je suis dedans, et que ce vide ne s'en va pas, il me colle, il me serre, le silence me fait mal aux oreilles. Je ne sais pas quoi faire de mon grand corps ; m'asseoir, pour quoi faire.
Je pleure un peu. Ca ne me soulage même pas.
Je suis toute seule. Et je ne sais pas quoi faire de moi. Je ne veux pas replonger, sombrer comme avant, comme de l'autre côté du déménagement, je ne veux pas repasser la ligne, je me pelotonne dans ce coin de mon existence où j'ai réussi à rester debout.
Je tiens à un morceau de bambou. Je me balance au moindre souffle de vent. Et je vois le sol qui tangue au-dessous.
Tout ça à cause de lui. Le monsieur, dont j'ai cru un moment que pourrait revenir la joie de vivre. Un grand canular sombre.
Je ne suis pas triste parce que je l'indiffère, je suis triste de réaliser qu'il n'était rien, qu'il était nul, qu'il n'y avait rien à voir, tout juste à circuler. Comme je m'essaie à tenir en m'accrochant à rien. A des blagues. A des gens vides, durs, sans questions, sans rien à donner que des clous.
J'ai envie de me recroqueviller comme un bigorneau.
Il faut que je reprenne mon bâton.
Pour quoi faire. Pour rien, juste pour tenir, pour la suite.