Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Alors voilà, le crétin s'appelle Christophe.
Se trimballe avec sa tronche fermée comme un ouvre-boîte, et a mis la musique trop fort dans sa tête : entend plus rien. Grand, sec, brun. Tellement grand que le son de ma voix lui parvient comme un écho - peut-être. Qui se reflèterait quelque part dans une flaque d'eau.
Habite juste à côté de chez moi : quelques encâblures. Des trottoirs. De la pluie.
Signe particulier : arbore un humour froid.
Glacial mais pas présompteux. Peut-être timide. Peut-être.
Noir, fermé, coincé, silencieux, compliqué, tout petit.
Ou dédaigneux.
Je ne sais pas.
Alors voilà, je le revois après-demain. Je mange avec lui, dans un restaurant, avec deux types dont l'un pourrait être mon ami. Dont l'autre me glace jusqu'à la moëlle des os. Velouté de petits pois à la neige. De quoi on va parler ? Moi entre ces trois paires de couilles. 3 X 2 = 6.
Je n'espère vraiment pas grand chose. A peine un courant d'air. Acide comme le vert des poireaux.
A deux doigts d'hausser les épaules et de faire demi-tour.