Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
L'homme de ménage du premier étage s'appelle Thomas. Tous les matins, ou à peu près, on le voit passer sa tête dans le bureau. Un de ces matins, on a échangé quelques mots ; ce que je fous là, pour combien de temps ; il m'a demandé comment je m'appelais et j'ai appris que lui, c'était Thomas. Du coup, les matins suivants, il me disait "Bonjour Ox". Je lui répondais "bonjour" avec ma plus belle bonne humeur du matin et on papotait ; ce que j'avais fait le week-end et comment c'était chez moi dans mon quartiers d'excités. Il m'a raconté qu'il chantait dans un groupe. Des reprises de vieux trucs français. Et c'est vrai que quand il passait pour vider nos poubelles de tous nos restes de déjeuners croupis qu'on avait jetés là, souvent, il chantonnait. Il connaissait aussi le prénom de ma chef, et le matin il l'appelait par son prénom pour lui dire bonjour et lui demander des nouvelles de sa forme-à-bonne-humeur. Je l'aime bien, quoi, Thomas, l'homme de ménage.
L'autre jour, une collègue du premier étage en migration depuis quelques bureaux de là à gauche, a passé la tête dans notre bureau à nous. Elle a demandé à ma chef si elle s'associait à leur lettre.
Leur lettre, pour dire que le ménage il était pas bien fait à l'étage, que les sols ils laissaient à désirer, et que les chiottes, des fois... Moi j'ai pensé elle a pas vu les chiottes de mon placard du printemps, là-bas. J'ai pensé je vais lui prêter une brosse elle va aller récurrer, avec ses escarpins moches. Elle a dit : tout de même ça fait partie la qualité de notre cadre de travail, c'est important.
Et ma chef, là, elle a dit oui d'accord.
J'ai pensé c'est dégueulasse.