Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
L'autre jour, j'écrivais ces fadaises :
"Je vais bien. Je suis bien. Je me suis surprise à chantonner dans la rue. Comme ça. Une impression de maître(sse) du monde. (La puissance du Zheureuse ?)
Quand je me sens comme ça, ça me fait me sentir mortelle. (Attention je fume - à la sardine - vaseuseries à la france Fesses... Outch ;p)
Comme si d'un coup le monde était à ma mesure, sans immenses ombres noires qui font peur ; tout calme, simple.
Quand je psychote (bon, quand j'ai quelques grammes de pourcentages de psychotes-dures-cailloux-grinçant-plaies-à-têtes - souvent kwa) - c'est comme si mourir (un jour), c'était pas grave. Non pas que je veuille mourir hein non attention - seulement, bon, la vie, c'est les montagnes devant, et à force de grimper, on est content, un peu, calmé, apaisé, à l'idée qu'on va arriver en haut un jour - pas forcément pour regarder le paysage, mais au moins pour s'arrêter.
Et quand ça va, ça va bien, ça va vraiment, le monde me paraît en petits papiers de bonbons ; papiers japonais motifs fleuris ; légers, bulles d'air."
Et ça me fait bien rigoler à présent - présentement qu'en bonne narratrice omnisciente, je sais ce qui en a suivi.
Suivirent : des pataquès, des mouchoirs, de la bouillie confuse et larmoyante.
C'est jeudi je crois que tout a disjoncté, mais il m'a fallu quatre grands jours pour comprendre cela : que ça avait dû commencer jeudi.
Jeudi et l'allume-au-mèche : le déjeuner avec le frère et la mère. Ma triste comédie.
Puis tout est parti en pirogue.
Et samedi, dans le cinéma, je me suis mise à pleurer. Groguie. (Le joli mot.)
Aujourd'hui je me retrouve difforme et lourde, meurtrie au gras de l'intérieur comme je sais faire.
Je me sens tellement, tellement encombrante que j'ai envie de me mettre au lit, sous la couette, et qu'on n'en parle plus.