Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Comme je m’ennuyais (à l’ombre d’un grand arbre), j’ai regardé les rangées de dos qui s’alignaient le long des bancs de bois. Je glissais sur les omoplates et dans le creux des nuques, et je me suis dit qu’il y en aurait beaucoup à qui j’aimerais faire un câlin.
Je les énumérais comme des marguerites dans ma tête.
Tant de petits morceaux de peau que j’aimerais embrasser et que je ne toucherai jamais.
Je dois être quelque chose comme un gros nounours qui aime se frotter.
Terriblement envie de faire des bisous.
Que ça ne soit pas dramatique, qu’on n’en dise rien de spécial, qu’on ne se donne pas des airs inspirés importants – qu’on ait juste envie et que la tête disparaisse dans le cou. Qu’on n’en tire pas de conclusions hasardeuses, ni d’introduction hâtive ; que j’aie juste le droit d’embrasser où je veux, parce qu’on serait bien et que ça serait simple.