Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.
Comme j'en avais assez, de crier dans ma tête
"je le quitte, ça me fout dans des états de détresse pas croyables, je souffre, je l'aime, je ne veux pas, mais je le quitte - et je ne sais même pas pourquoi",
comme j'en avais assez, comme je voulais crier par dessus
"il y a des raisons ! il y a forcément des raisons ! on ne fait pas ça sans raison !",
ce matin, j'ai pris mon clavier à pleines mains, mon cerveau dans un sac plastique pas loin, ma tristesse et les papillons qui papillonnent entre mes larmes dans une éprouvette à côté - et j'ai écrit ça :
Liste des raisons pour lesquelles on se sépare.
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J'en ai trouvé vingt-six.
Vingt-six tessons de bouteilles qui piquent dans mes sandales à moi.
Foutaises...
De l'amour. Et ce sentiment de ne pas avoir les moyens d’être « à la hauteur » (de notre histoire).
J’aime ce qu’il est, j’aime tout ce qu’il est.
Mais notre histoire, elle ne tient pas.
Il a accepté que je sois un bonhomme capuche, mais il préfèrerait que je sois autre chose, ou du moins, que je sois parfois autre chose. Je suis autre chose : mais avec lui, j’ai du mal. A laisser aller cette autre, à la faire exister pour de vrai. Et quand je suis cette autre, en société, devant lui, j’ai l’impression de le trahir, de l’oublier, d’être celle-là sans lui, en dehors de lui – car je la suis si peu à la maison, entre nous deux, dans l’intimité.
Je ne lui sers que l’autre – ou les autres : la dure, la chieuse, et le bonhomme capuche.
La petite séductrice en jupe rose avec son sourire myrtille (je la connais celle-là aussi, je sais la faire), elle n’est pas là.
Voilà…….
Rouler du cul dans son pantalon serré, avec le débardeur noir collé contre la peau, la peau des épaules au soleil, les pieds dans l'herbe - caricature - oui certainement. Etre cette caricature-là. Les petites coccinelles qui se balladent à côté de la bretelle du soutient-gorge, leurs petites pattes sur le morceau de la peau plus clair, là où c'est tout doux, là où c'est frais ; dans le repli de la peau, passer la main.
Etre cette petite conne-là qui roule du cul.
Toiser.
Affronter le regard des autres.
Pourquoi je pourrais plus le faire sans lui qu'avec ? Est-ce qu'il m'a jamais empêché de faire ça ?
Jamais.
Un truc est bloqué dans ma conscience qu'il faut que je décapsule.
J'y mets les doigts, je tire, ça fait mal, ça fait pleurer.
Je lui fais du mal.
Tenter d'être le plus adulte possible, le plus droit, le plus juste, le plus honnête - ne sont-ce que des mots ?
Tenter de se faire souffrir le moins possible.
Et tout allait de mieux en mieux...
Pas de pire en pire...
C'est vrai. Il a raison.
Et puis...
et puis je m'en vais, petite fourmi voyageuse qui a mal à son baluchon sur le dos ; qui laisse de petites larmes tout le long de la route en cailloux brillants.
N'importe quoi, je ne suis pas une fourmi, et on n'est pas dans Le Vent dans les Saules.... Redescends sur terre, grand truc de 28 balets. Andouille, courge, agrume, abrutie.
Guignol du dimanche qui fait du mal avec ses doutes.
Voilà.
C'est tout.