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Epicerie à bricoles. Collages en stock, phrases à tiroirs, anecdotes nocturnes et papillons.

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"La vie c'est dur...

...ça fait mal dès que ça commence, c'est pour ça qu'on pleure tous à la naissance." (Booba)

Petit sommeil grisâtre comme l'âne jusqu'à 2h40, heure à laquelle mon cerveau bondit de dessous ma couette et mon duvet amoncelé pour se cogner à la face du monde. Merde, on est la nuit. Merde, va falloir tenir jusqu'à... 7 heures, au moins, pour arriver de l'autre côté de la nuit.

Allumé la verte télé, qui a parlé, parlé, parlé. Moi, j'avais mal au ventre comme au plus pire d'une grotte croupie. Tordue dans tous les sens de la rotation de la terre. Sur l'écran, le Yémen, déroulé déroulé et magnifique ; mais ça n'a pas duré. Puis se lever, se recoucher, se relever, toujours rien, paumée au milieu de la nuit sans échelle.

Quelle tristesse hier soir, quand je me suis rangée sous mon toit, piteuse, la patte à traîner, seule.

J'avais passé la soirée avec Christophe, dans sa maison, à côté de la machine à laver qui tournait et mes chaussettes dedans et la lessive de monoprix qui protège la nature des gentils lotus aux roses lianes. Moi, assise à gauche du canapé (là où était assis D. la dernière fois), et lui, toujours, dans son canapé presque blanc ; à parler de v, w, abc et le z. De n'importe quoi, quoi ; du monde en général et de nos êtres de fourmis en particulier (savez-vous que les fourmis représentent 10% de la biomasse animale de la Terre ?)

De quoi zèbre avons-nous parlé ? De nos déménagements, de Lahire, de sa soeur qui fait du basket, des hôpitaux psychiatriques, de son autisme, de ses romans de James Ellory, des centres commerciaux de Huston, de la guerre de 100 ans, des gens qu'il a qui lui suffisent, des bandes, des repas à la cantine, des matchs de foot à la télé, des bourses de thèse, de la Guillotière, des IUP du livre, du sol qui tremble certaines fois, de la Caution qui rappe bizarre, des appartements vides ; d'un fatras de bricolage de moitié de mots recollés ;

et puis, et puis c'était tout, et le froid est revenu, et il n'était que trop temps, et j'étais dehors, et ma carcasse à traîner, la rue à descendre, le personne dehors que moi, mon toit sous la grise, et sa copine que les médicaments faisaient rigoler tout le temps.

dans ma grise, dedans mon manteau toujours zippé jusqu'au rabord de mon cou froid comme la tortue, j'ai distribué mes petites culottes à sécher le long des murs et les tee-shirts dessus les chaises, en une vaste exposition gratuite de mes morceaux de tissus couleurs bulles.

Il a fallu me coucher, me ranger sous la couette en rageant, pestant de ma solitude qui me pesait comme une casserole, écrabouillant la bouille de Narcisse -

bordel pourquoi, pourquoi, pourquoi rien et moi dessous le monde seule à un cheveu d'être triste ?

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